Devant les bailleurs réunis aux 61èmes Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, à Brazzaville, le président Oligui Nguema a plaidé pour la reconnaissance et le financement, par la communauté mondiale, de la contribution exceptionnelle du Bassin du Congo à l’équilibre climatique planétaire. Pour Adrien NKoghe-Mba*, ce plaidoyer constitue un acte de leadership rare et courageux, dont il appartient désormais à la diplomatie publique de prolonger l’écho jusqu’aux opinions publiques occidentales. Une mission décisive : ce sont elles qui, en définitive, orienteront l’épargne mondiale vers la préservation du patrimoine naturel d’Afrique centrale.

La vision portée, à Brazzaville, par le président Oligui Nguema autour du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo : mobiliser 5,32 milliards de dollars pour 63 projets structurants. Ce n’est pas un fonds d’aide. C’est un instrument de transformation économique. © GabonReview/Com présidentielle

 

Brazzaville (République du Congo), 26 mai 2026. En prenant la parole devant les grands bailleurs de fonds réunis lors des 61èmes Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a posé un acte de leadership rare et courageux. Son message est clair, sa vision cohérente et ambitieuse : faire reconnaître et financer par la communauté mondiale la contribution exceptionnelle du Bassin du Congo à l’équilibre climatique planétaire. Ce faisant, il ouvre une voie prometteuse que la diplomatie publique a désormais la responsabilité d’amplifier.

Car la diplomatie publique – cette stratégie par laquelle un gouvernement s’adresse directement aux opinions publiques étrangères plutôt qu’aux seuls gouvernements – constitue l’instrument naturel pour faire rayonner cette vision au-delà des salles de sommet, jusqu’aux citoyens, consommateurs et épargnants occidentaux en particulier qui ont le pouvoir de la transformer en réalité économique concrète.

Un plaidoyer qui interpelle les consciences

À Brazzaville, le Président Oligui Nguema a posé une question qui engage la planète entière : pourquoi l’Afrique devrait-elle porter seule le coût de la conservation d’un bien dont l’humanité entière bénéficie ? Le Bassin du Congo, premier puits de carbone terrestre de la planète et “cœur vert” de l’Afrique, régule le climat global, absorbe des millions de tonnes de CO₂ et abrite une biodiversité irremplaçable. Cette réalité mérite d’être connue et reconnue bien au-delà des cercles diplomatiques.

C’est précisément là que la diplomatie publique entre en jeu. En portant ce message devant les bailleurs internationaux, le Président gabonais crée les conditions d’une prise de conscience qui doit maintenant atteindre les opinions publiques occidentales – ces millions de citoyens qui, une fois informés et convaincus, exercent naturellement une pression bienveillante sur leurs gouvernements et institutions financières pour qu’ils s’engagent à la hauteur des enjeux.

Le Fonds Bleu : une opportunité à faire connaître au Nord

L’un des apports les plus novateurs du discours présidentiel à Brazzaville est la vision qu’il porte autour du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo. Lancé en 2016 lors de la COP22 de Marrakech et signé par douze pays d’Afrique centrale dont le Gabon, ce mécanisme financier international vise à permettre aux États de la région de valoriser leurs ressources naturelles – forêts, fleuves, lacs – sans les sacrifier à une croissance à court terme. Son ambition actuelle : mobiliser 5,32 milliards de dollars pour 63 projets structurants. Ce n’est pas un fonds d’aide. C’est un instrument de transformation économique.

En le présentant non comme un mécanisme de compensation environnementale mais comme un véritable instrument de partenariat fondé sur la création de valeur partagée, le Président Oligui Nguema parle le langage que les opinions et les marchés occidentaux attendent.

Les épargnants européens et nord-américains, les fonds d’investissement responsables, les marchés obligataires verts sont en effet à la recherche de projets crédibles, mesurables et porteurs de sens. Le Fonds Bleu, adossé aux quatre projets prioritaires du Gabon – gestion des conflits Homme-Faune, restauration des mangroves, valorisation des produits forestiers, gestion durable des terres et de l’eau – répond exactement à ces attentes. La diplomatie publique a ici une opportunité précieuse : faire connaître cet instrument auprès des opinions qui disposent de l’épargne capable de le nourrir.

Le Gabon, un modèle qui mérite d’être connu et célébré

Ce qui rend le plaidoyer du Président Oligui Nguema particulièrement convaincant, c’est qu’il s’appuie sur une réalité tangible et exemplaire. Avec plus de 88% de couverture forestière, 13 parcs nationaux et un Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030 qui ambitionne de bâtir une économie verte, diversifiée et créatrice d’emplois, le Gabon incarne avec force ce qu’il défend.

Ce modèle de développement responsable – qui choisit de valoriser son patrimoine naturel plutôt que de le sacrifier à la croissance à court terme – mérite d’être célébré et diffusé largement auprès des opinions internationales. C’est une histoire inspirante, celle d’un pays qui fait le choix courageux de la durabilité, et qui mérite en retour la reconnaissance et le soutien de la communauté mondiale.

Amplifier la voix du Président : le rôle central de la diplomatie publique

Le Président Oligui Nguema a ouvert la voie à Brazzaville. Il appartient maintenant à l’ensemble des acteurs – médias, société civile, ONG, diaspora et chroniqueurs – de s’en emparer pour amplifier ce message auprès des opinions publiques occidentales qui en sont les destinataires naturels.

Cette chaîne de transmission est le cœur même de la diplomatie publique. Elle passe par les médias internationaux invités à raconter autrement l’Afrique centrale, par les ONG environnementales qui peuvent porter le cas du Bassin du Congo dans les opinions européennes et nord-américaines, et par tous ceux qui, depuis le continent africain, produisent les récits et les arguments capables de toucher des audiences lointaines mais décisives.

Car en définitive, ce sont ces opinions publiques – et non les seuls gouvernements – qui orienteront l’épargne mondiale vers la préservation du patrimoine naturel exceptionnel du Bassin du Congo. Le Président Oligui Nguema a eu la vision et le courage de le dire à Brazzaville. La diplomatie publique a désormais la belle mission de le faire entendre au monde entier.

*Président de l’Institut Léon Mba

 

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