Oligui Nguema face au Parlement en Congrès : bilan, réformes et promesse d’un nouveau départ
Devant le Parlement, en Congrès, ce lundi 15 juin à Libreville, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a livré son premier discours sur l’état de la Nation, sous la Ve République. Face aux parlementaires, sous la présidence de Michel Régis Onanga M. Ndiaye, le chef de l’État a présenté cet exercice comme un acte de responsabilité démocratique et de reddition des comptes. «Je me tiens devant vous ce jour pour me plier à l’obligation républicaine du discours sur l’état de la Nation», a-t-il déclaré. Cette adresse solennelle lui a permis de dresser le bilan de l’action publique et de fixer les grandes orientations pour l’avenir, dans un contexte où les attentes demeurent fortes en matière de gouvernance, de transparence et d’efficacité de l’action publique.

Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, face au Parlement, le 15 juin 2026, à Libreville. © Gabon 1ère (Capture d’écran)
Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a livré, ce lundi 15 juin, devant le Parlement, Députés et Sénateurs, réuni en Congrès un discours dense sur l’état de la Nation. Un événement ayant marqué une étape institutionnelle indéniable de la Ve République. Se conformant à l’obligation républicaine du discours sur l’état de la Nation, le chef de l’État a inscrit son intervention dans une logique de responsabilité et de reddition des comptes, affirmant s’y soumettre «sans réserve avec humilité et responsabilité». Dans un contexte salué en ouverture par le président du Congrès, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, comme révélateur de «la vitalité du dialogue républicain», cette adresse a posé les bases d’un nouveau cycle politique fondé sur la coopération institutionnelle et la recherche de l’intérêt général.
«Faites aussi votre travail»
Affirmant vouloir conduire le pays sur la voie de la refondation après les bouleversements intervenus depuis le 30 août 2023, le chef de l’Etat, qui est par ailleurs président du gouvernement, est revenu sur les difficultés héritées, évoquant des institutions fragilisées, une économie désorganisée et des services publics en difficulté, et réaffirmant sa volonté de restaurer la confiance entre l’État et les citoyens. «Depuis le 30 août 2023, le Gabon traverse une période de refondation», a-t-il rappelé, précisant qu’il ne s’agit pas «d’effacer notre histoire». «Ma boussole a toujours été celle de restaurer la crédibilité de notre pays afin de rendre aux Gabonais leur dignité», a-t-il ajouté, rejetant par la même occasion, toute politique d’annonce et insistant sur une approche pragmatique. «Mon mandat ne sera pas celui des fausses promesses… mais celui de l’action et du bâti», a-t-il fait noter.
Brice Clotaire Oligui Nguema a également mis l’accent sur les réformes institutionnelles engagées depuis la Transition, notamment l’adoption de la nouvelle Constitution, la réforme du cadre électoral et le renforcement du rôle du Parlement. Insistant sur la nécessité d’une coopération équilibrée entre les pouvoirs publics, il a rappelé que «la séparation des pouvoirs ne doit jamais signifier absence de collaboration ou de dialogue entre les institutions». Interpellant directement les parlementaires, il a lancé : «arrêtez de duper le peuple», avant de rappeler leur responsabilité dans le respect des engagements pris. De ce fait, saluant les avancées démocratiques enregistrées, il a exhorté les élus à exercer pleinement leurs nouvelles prérogatives de contrôle de l’action gouvernementale et à respecter l’esprit des engagements issus du Dialogue national inclusif. «Maintenant, faites aussi votre travail», a-t-il lancé aux parlementaires.
Maîtrise de l’endettement, régularisation de milliers de situations administratives, soutien à l’emploi des jeunes, développement de l’entrepreneuriat et lutte contre la vie chère
Une large partie de l’intervention du chef de l’Etat a été consacrée aux défis économiques et sociaux. Il a défendu une stratégie fondée sur la transformation locale des richesses nationales, la diversification de l’économie et la modernisation de l’administration publique. «J’assume une position souveraine de transformation de nos richesses sur notre territoire», a-t-il dit, estimant que les ressources naturelles ne peuvent profiter pleinement aux populations qu’à travers leur valorisation locale. Il a également évoqué la maîtrise de l’endettement, la régularisation de milliers de situations administratives dans la Fonction publique, le soutien à l’emploi des jeunes, le développement de l’entrepreneuriat et la lutte contre la vie chère, notamment à travers le renforcement de la production nationale et l’amélioration des infrastructures.
Le président a par ailleurs consacré un important développement à la crise de l’eau et de l’électricité, qu’il considère comme l’un des principaux défis du pays. Dénonçant les actes de sabotage, les branchements frauduleux et les difficultés financières de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEg), il a plaidé pour une réforme profonde du secteur. «La SEEG doit être réformée si nous voulons régler de manière durable le problème», a-t-il déclaré, annonçant son intention de poursuivre la séparation des activités liées à l’eau et à l’électricité afin d’améliorer leur efficacité. Il a également reconnu l’échec du Programme intégré d’alimentation en eau potable et d’assainissement de Libreville (PIAEPAL) destiné à renforcer l’approvisionnement en eau potable du Grand Libreville, tout en assurant que de nouveaux investissements seraient engagés pour répondre aux attentes des populations.
«Le pays est en chantier. C’est un chantier à ciel ouvert dans toutes nos neuf provinces»
Brice Clotaire Oligui Nguema a, de même, présenté un vaste programme de transformation reposant sur les infrastructures, le logement social, la décentralisation et le rayonnement international du Gabon. Routes, réseaux d’eau et d’électricité, hôpitaux, bâtiments publics et logements figurent parmi les priorités annoncées. «Le pays est en chantier. C’est un chantier à ciel ouvert dans toutes nos neuf provinces», a-t-il fait savoir. Réaffirmant son ambition de bâtir un État plus performant et plus proche des citoyens, il a conclu son discours sur un appel à l’effort collectif et à la responsabilité partagée. «Je sais le niveau d’exigence qui est celui du peuple gabonais après tant d’années de souffrance», a-t-il reconnu, avant de promettre que chacun de ses projets serait guidé par «l’efficacité économique, la justice sociale et surtout la confiance retrouvée entre les institutions et les citoyens gabonais».















1 Commentaire
L’échec du projet Piepal appelé à être financé par les partenaires au sous-développement au bénéfice du Grand Libreville ne peut guère surprendre en ce que rien de bon n’a été fait objectivement et de façon pérenne par ce type de financement déployé pour la prédation de nos économies
Comme le faisait partager l’aîné Oyima fraîchement promu à l’économie qui retrouvait sur sa table de travail 17 projets soutenus par ces lobbyistes de la prédation, en dehors de renforcer la dette du Gabon, il n’y avait aucune contrepartie à en attendre et de conclure que le Gabon devrait revoir un modèle de financement de son développement à l’égard de ce pipe-line prédateur qui finira par l’évincer de son poste.
À l’occasion d’un échange avec le vice président du groupe Suez introduit auprès du ministre de l’eau et de l’énergie par un de ses condisciples devenu conseiller du vice président, j’ai exprimé en présence de feu directeur général délégué nommé à la SEEG post-réquisitionnée de ce que Suez semblerait appliquer le même modèle que Veolia, aller chercher les financements à la banque mondiale garantis par le Gabon pour venir en gérer le produit sans véritablement développer la filière .
Et on en est là, rien à attendre des pseudos partenaires au développement qui déploient en épouvantail de pseudos agences de notation bel et bien filous aux fins de faire prospérer un statu-quo en leur faveur, lequel dessert bel et bien et depuis toujours l’idée même de développement du pays
Il faut travailler avec les asiatiques bel exemple de développement non inféodé aux paradigmes prédateurs et hypocrites occidentaux