Paix en Afrique centrale : le Gabon mise sur les chefs traditionnels pour prévenir les conflits
Réunie à Libreville du 27 avril au 3 mai 2026, une session de l’École de Dialogue consacrée à la transformation non violente des conflits a rassemblé des chefs traditionnels et acteurs institutionnels venus de quatre pays africains. À l’issue des travaux, la Reine-Mère Fezeu Espérance a remis officiellement le rapport de formation au vice-président gabonais Alexandre Barro Chambrier, marquant l’intérêt croissant du Gabon pour l’implication des autorités coutumières dans la consolidation de la paix.

La Reine-Mère Fezeu Espérance et sa délégation lors de la remis du rapport de l’École de Dialogue au vice-président de la République gabonaise, Alexandre Barro Chambrier, le 9 mai 2026 à Libreville. © 237online
Le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, a reçu le 9 mai 2026 à Libreville la Reine-Mère Fezeu Espérance, venue lui remettre le rapport final de l’École de Dialogue (ED), une initiative régionale axée sur la prévention des conflits et la promotion de la cohésion sociale en Afrique centrale.
Cette remise officielle intervient après une semaine de formation organisée dans la capitale gabonaise du 27 avril au 3 mai 2026 autour du thème : « De la transformation personnelle à la transformation collective, je suis un acteur de paix ». La rencontre a réuni des chefs traditionnels, des représentants de la société civile et des responsables administratifs issus du Gabon, du Cameroun, du Tchad et du Niger.
Une formation axée sur la gestion non violente des conflits
Développée initialement en Bolivie puis expérimentée au Cameroun dans le cadre du programme Service Civil pour la Paix de la GIZ, l’École de Dialogue repose sur une approche mêlant apprentissage expérientiel et formation cognitive dans la gestion non violente des conflits.
Durant les sept jours de travaux, les participants ont été formés à plusieurs outils liés à la médiation sociale et au dialogue interculturel. Les échanges ont notamment porté sur la gestion des émotions, la déconstruction des préjugés, les différentes formes d’exercice du pouvoir ainsi que les mécanismes de résolution pacifique des tensions communautaires.
L’initiative a été portée par l’association camerounaise Esperanza-CADE, avec l’appui technique du programme SCP/GIZ Cameroun. Plusieurs chefferies gabonaises ont également participé à l’organisation locale de cette session.
Le Gabon veut intégrer les autorités traditionnelles dans sa stratégie de paix
Au-delà du caractère symbolique de la remise du rapport, cette démarche traduit une orientation politique plus large des autorités gabonaises : intégrer davantage les autorités traditionnelles dans les mécanismes de prévention des conflits et de consolidation de la cohésion nationale.
Dans un contexte marqué par la multiplication des tensions communautaires dans plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, le Gabon semble ainsi vouloir s’appuyer sur les savoirs endogènes et les structures coutumières pour compléter les dispositifs institutionnels classiques de gestion des crises.
La délégation conduite par la Reine-Mère Fezeu Espérance comprenait également deux chefs traditionnels gabonais, un facilitateur de la formation ainsi que des membres de l’équipe Esperanza-CADE, illustrant la dimension transfrontalière de cette initiative.
Une deuxième session de l’École de Dialogue est attendue dans les prochains mois.













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