Paludisme : le Gabon intensifie la riposte et annonce une campagne nationale de distribution de moustiquaires
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée ce samedi 25 avril 2026, la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a dressé un tableau préoccupant de la situation au Gabon. Malgré des avancées notables, les autorités annoncent une intensification de la riposte, avec en ligne de mire une vaste campagne nationale de distribution de moustiquaires d’ici la fin de l’année.

Face à une résurgence inquiétante, Libreville annonce une offensive nationale contre le aludisme. © D.R.
Le Gabon entend accélérer sa riposte contre le paludisme, alors que la maladie connaît une résurgence préoccupante. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée ce samedi 25 avril 2026, la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a annoncé l’organisation, d’ici la fin de l’année, d’une campagne nationale de distribution massive de moustiquaires imprégnées d’insecticide, avec l’appui des partenaires internationaux.
Dans son allocution, la veille, la ministre a rappelé que le paludisme demeure «une préoccupation majeure de santé publique» au Gabon, en dépit des efforts engagés ces dernières années. Elle a notamment souligné que la maladie représente près de 38 % des hospitalisations chez les enfants de moins de cinq ans, une tranche particulièrement vulnérable.
À l’échelle mondiale, la situation reste tout aussi préoccupante. Selon les données évoquées, plus de 280 millions de cas ont été recensés en 2024, pour plus de 600 000 décès, majoritairement en Afrique. Une réalité qui, selon la ministre, impose un renforcement des stratégies de lutte face à des facteurs aggravants tels que le changement climatique, la prolifération des moustiques et la résistance croissante aux traitements.
Une riposte renforcée et structurée

La ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou. © D.R.
Face à ces défis, les autorités gabonaises affichent une détermination claire. «La lutte contre le paludisme est un combat que nous pouvons gagner, à condition de maintenir nos efforts et de renforcer notre engagement collectif», a déclaré la ministre.
Si elle a salué la volonté politique du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, elle a toutefois insisté sur la nécessité de poursuivre les investissements pour atteindre l’objectif d’élimination du paludisme à l’horizon 2030.
Les résultats enregistrés ces dernières années témoignent d’avancées notables. Entre 2025 et 2026, 14 800 moustiquaires ont été distribuées à travers le pays, tandis que plus de 100 000 tests de diagnostic rapide ont été mis à disposition dans les structures sanitaires. Par ailleurs, depuis janvier 2024, un arrêté ministériel impose le diagnostic biologique avant tout traitement en pharmacie, afin de lutter contre l’automédication et les résistances médicamenteuses.
Une mobilisation nationale attendue
La campagne nationale de distribution de moustiquaires annoncée constitue désormais l’un des piliers de cette stratégie renforcée. Elle sera conduite avec l’appui du Fonds mondial et sous le haut patronage de la Première Dame, dans une logique de mobilisation multisectorielle .
Au-delà de cette initiative, la 19ᵉ édition de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme donnera lieu à des activités de sensibilisation, de dépistage et de traitement sur l’ensemble du territoire, avec un accent particulier sur les populations à risque, notamment les enfants et les femmes enceintes .
Placée sous le thème «Motivés pour éliminer le paludisme : maintenant nous pouvons, maintenant nous devons», cette journée se veut un appel à une mobilisation collective. «Ensemble, redoublons d’efforts (…) ensemble, faisons du paludisme un fléau du passé», a conclu la ministre .
Dans un contexte marqué par la persistance de la maladie, les autorités gabonaises misent désormais sur une intensification des actions de prévention et de prise en charge pour inverser durablement la tendance.












1 Commentaire
[…] Pour la ministre de la Santé, la mobilisation doit dépasser le seul cadre médical et impliquer les collectivités, les ONG et le secteur privé. La lutte contre le paludisme est présentée comme un marqueur de la capacité de l’État à protéger ses populations les plus vulnérables. Les prochains mois permettront de mesurer la traduction opérationnelle de ces annonces sur le terrain. Selon Gabon Review. […]