Face aux tensions récurrentes sur le marché national des produits pétroliers, l’exécutif entend agir à la fois sur les capacités de stockage, le financement de la Sogara et la modernisation de l’outil de raffinage. Une nouvelle raffinerie, dont le financement est recherché depuis 2024, est envisagée comme une réponse structurelle à la dépendance du pays aux importations.

Les membres du gouvernement lors du Comité interministériel sectoriel consacré à la sécurisation de l’approvisionnement en produits pétroliers, le 5 novembre 2026. © Com. VPG

 

Sortir de la gestion des pénuries pour construire un dispositif d’approvisionnement plus résilient. C’est l’ambition affichée par le gouvernement à l’issue du Comité interministériel sectoriel consacré à la sécurisation de l’approvisionnement en produits pétroliers, présidé le jeudi 5 novembre 2026 par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault.

Les échanges ont permis de passer en revue les difficultés qui affectent la chaîne pétrolière nationale. Parmi les facteurs identifiés figurent notamment les contraintes financières liées au mécanisme de soutien des prix et les limites de l’outil national de raffinage. Construite en 1967, la Société gabonaise de raffinage (Sogara) ne couvre actuellement qu’environ 30 % des besoins nationaux.

Cette faible capacité de production expose le pays aux contraintes du marché international et aux aléas des importations. Elle constitue également un défi pour la continuité de l’approvisionnement des stations-service, régulièrement confrontées à des tensions sur les stocks.

Owendo et la SGPP en première ligne

À court terme, le gouvernement envisage plusieurs mesures pour limiter les risques de rupture. Il s’agit notamment de renforcer les capacités de stockage de la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGPP), de réhabiliter le dépôt pétrolier d’Owendo et de maintenir un financement dédié à la continuité des activités de la Sogara.

La question du financement du mécanisme de soutien des prix figure également au cœur des préoccupations. Les contraintes financières qui pèsent sur ce dispositif affectent en effet l’équilibre de la chaîne d’approvisionnement et le fonctionnement de ses différents opérateurs.

Une nouvelle raffinerie en perspective

Au-delà de ces mesures immédiates, l’exécutif mise sur une transformation plus profonde du dispositif industriel. « À terme, la construction d’une nouvelle raffinerie, adaptée aux caractéristiques du brut gabonais, apparaît comme une réponse structurelle à ces contraintes », a indiqué Hermann Immongault.

Selon le vice-président du gouvernement, la recherche de partenaires financiers pour concrétiser ce projet est engagée depuis 2024. L’objectif est de doter le pays d’un outil de raffinage plus performant, susceptible de réduire sa dépendance aux approvisionnements extérieurs.

Reste désormais à traduire ces orientations en investissements et en réalisations concrètes. Car, au-delà des annonces, la priorité demeure la disponibilité régulière de l’essence et du gasoil à la pompe, pour les ménages comme pour les entreprises. Un enjeu qui touche autant à la stabilité économique qu’à la souveraineté énergétique du Gabon.

 
GR
 

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