Dans sa stratégie de diversification de l’économie, le gouvernement gabonais, par l’entremise de la ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME-PMI, Gninga Chaning Zenaba, a lancé, le 20 avril, le programme «Champions nationaux des produits forestiers autres que le bois d’œuvre (PFABO)». Portée par l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte (Agadev), cette initiative ambitionne de repositionner la forêt gabonaise comme un moteur de croissance durable, au-delà de l’exploitation traditionnelle du bois.

La directrice générale de l’Agadev, Scyrielle P. Sende Etali, et les participants au programme « champions nationaux » PFABO, le 20 avril 2026, à Libreville. © D.R.

 

Le programme «Champions nationaux des Produits forestiers autres que le Bois d’Œuvre (PFABO)», porté par l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte (Agadev), a été officiellement lancé, le 20 avril dernier, à Libreville. L’initiative, qui s’inscrit dans une vision de la recherche d’un modèle économique moins dépendant des ressources extractives classiques, et davantage orienté vers la valorisation durable du capital naturel, a été lancée par la ministre en charge de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME-PMI, Gninga Chaning Zenaba. 

«Il ne s’agit plus seulement d’exploiter les ressources naturelles, mais de les intégrer dans une véritable chaîne économique»

Au cœur de ce programme se trouvent les Produits forestiers autres que le bois d’œuvre. Des ressources longtemps reléguées à des usages informels ou locaux. On invoqué ainsi les huiles, les résines, les fruits sauvages, les plantes médicinales ou encore les matières premières, comme le raphia et le Moabi. L’objectif est désormais de transformer ces produits en de véritables mines d’or. «Il ne s’agit plus seulement d’exploiter les ressources naturelles, mais de les intégrer dans une véritable chaîne économique», a fait savoir l’un des bénéficiaires du programme. 

Les participants à cette initiative vont donc mener des collectes organisées, des transformations locales, puis la commercialisation et l’exportation pour aboutir à une réelle  économie de valeur ajoutée.

«Voulons-nous être acteurs ou spectateurs ?»

Quelques clichés du lancement de ce programme. © D.R.

Le programme Champions nationaux PFABO repose sur une approche sélective. Il vise à identifier des profils à fort potentiel, capables de devenir des références nationales, voire des vitrines du savoir-faire gabonais. Comme l’a rappelé la directrice générale de l’Agadev, Scyrielle P. Sende Etali, «identifier les talents, accompagner les transformateurs et collecteurs à fort potentiel, soutenir l’innovation locale et organiser durablement les filières PFABO» constitue le socle de cette initiative. Sur les dix candidatures recensées à ce stade, seules trois seront retenues pour un accompagnement approfondi.

Toutefois, le faible nombre de candidatures suscite des interrogations. Dans un pays où ces ressources sont abondantes et ancrées dans les pratiques rurales, cette participation limitée met en exergue plusieurs défis. On relève notamment le déficit d’informations, les difficultés d’accès au programme, mais aussi des obstacles liés à la formalisation et à l’industrialisation des activités. Entre économie informelle et contraintes administratives, le passage à un modèle structuré demeure complexe. «Aujourd’hui, seulement dix inscriptions. Dix! Posez-vous la question. Voulons-nous être acteurs ou spectateurs ?», a interpellé Scyrielle P. Sende Etali, dans un appel à l’engagement des entrepreneurs.

Le programme apparaît comme un véritable test pour l’écosystème économique gabonais. Test de structuration pour les institutions, test de maturité pour les acteurs locaux, et test de capacité à transformer un potentiel naturel en richesse durable. «Le choix est donc simple : subir ou construire», a insisté la directrice générale, appelant à une mobilisation collective.

 
GR
 

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