PNCD 2026-2030 : le Gabon veut désormais compter sur ses propres ressources
À Libreville, le gouvernement veut changer de braquet dans le financement du développement. À l’ouverture du premier Forum national de l’épargne pour le développement (FONED), Thierry Minko a appelé à mieux capter l’épargne nationale pour soutenir le PNCD 2026-2030, sans pour autant tourner le dos aux capitaux étrangers.

Le ministre de l’Économie, Thierry Minko, lors de son discours au FONED, le 2 septembre 2026. © GabonReview
Le Gabon cherche de nouveaux leviers pour financer sa transformation. À l’ouverture du Forum national de l’épargne pour le développement 2026 (FONED 2026), le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko, a posé les bases d’une stratégie visant à faire de l’épargne nationale un instrument de souveraineté financière. Une ambition directement liée au financement du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. «La question qui nous réunit aujourd’hui dépasse largement celle d’un produit financier, d’une institution ou d’un secteur. Elle touche à notre capacité collective à financer la transformation du Gabon», a-t-il déclaré.
Financer la transformation par ses propres ressources
Pour le ministre, le PNCD ne doit pas rester un simple catalogue de projets. Il porte l’ambition d’un pays qui investit dans ses infrastructures, son appareil productif, son capital humain et la création de richesse. Mais cette transformation a un coût. D’où l’urgence de diversifier les sources de financement. «La souveraineté économique évoquée en amont ne se décrète pas. Elle se construit. Elle se finance», a martelé Thierry Minko.
Le gouvernement n’entend toutefois pas opposer financement intérieur et capitaux internationaux. Les ressources extérieures, les institutions internationales, les partenariats public-privé et les marchés de capitaux restent nécessaires. Mais l’épargne nationale doit désormais prendre une place plus importante dans cette équation. «L’épargne nationale ne remplace pas les capitaux internationaux ; elle nous permet de mieux les attirer et d’en démultiplier l’impact», a précisé le ministre.
La confiance au cœur du dispositif
Le potentiel existe. Épargne des ménages, dépôts bancaires, ressources des assurances, fonds de pension, marchés financiers ou encore ressources de la diaspora constituent autant de poches financières susceptibles d’être mobilisées. Encore faut-il créer les conditions pour les orienter vers l’investissement productif. Et sur ce terrain, un mot revient avec insistance : confiance.
«L’enjeu n’est donc pas uniquement d’épargner davantage. Il est de créer les conditions permettant à cette épargne d’être mobilisée, sécurisée, transformée et orientée vers les investissements dont notre économie a besoin», a expliqué Thierry Minko. Transparence, sécurité des placements et efficacité des instruments financiers apparaissent ainsi comme des conditions indispensables à la réussite de cette nouvelle architecture.
La CDC appelée à jouer les premiers rôles
Dans ce dispositif, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) est appelée à occuper une position stratégique. Par sa vocation de «tiers de confiance et d’investisseur public de long terme», elle doit contribuer à transformer les ressources sécurisées en financements capables d’accompagner les projets structurants du pays. Mais le ministre refuse d’en faire l’unique acteur de cette dynamique. «La CDC ne peut, et ne doit, agir seule. La mobilisation de l’épargne nationale est une responsabilité collective», a-t-il insisté.
Le FONED devra donc dépasser le stade des échanges. Le gouvernement attend des propositions sur l’accessibilité des produits d’épargne, la mobilisation de l’épargne institutionnelle, l’articulation entre banques, assurances et marché financier, l’utilisation du numérique et surtout la participation de la diaspora au financement de l’économie. «Pour le gouvernement, le FONED devra donc avoir un après», a prévenu Thierry Minko.
Derrière cette volonté se dessine une ambition plus large : faire de chaque ressource financière mobilisée au Gabon un levier de développement et d’attractivité. «Mobiliser notre épargne. La protéger. La transformer. L’investir dans nos priorités», a résumé le membre du gouvernement. Une trajectoire qui doit, selon lui, conduire vers «une souveraineté financière ouverte, ambitieuse et crédible», capable de donner au Gabon davantage de moyens pour financer son développement tout en restant ouvert aux partenariats internationaux.
















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