PNCD 2026-2030 : le gouvernement veut passer à la vitesse supérieure avec la Banque mondiale
À Libreville, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a appelé jeudi la Banque mondiale à mieux aligner ses financements sur les priorités du Gabon et à accélérer l’exécution des projets à fort impact social. Eau, électricité, urbanisation, numérique et secteurs sociaux figurent parmi les principaux chantiers visés.

Photo de famille à l’issue de la rencontre, le 3 septembre 2026. © Com. VPG
Le gouvernement gabonais veut accélérer la mise en œuvre des projets financés avec l’appui de la Banque mondiale et s’assurer que les ressources mobilisées se traduisent rapidement par des résultats concrets pour les populations. C’est le principal message porté par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, lors de sa rencontre, jeudi 3 septembre à Libreville, avec le nouveau représentant résident du Groupe de la Banque mondiale, Sylvain Kakou.
Les échanges ont essentiellement porté sur l’état d’avancement des projets et sur leur articulation avec les priorités nationales, notamment dans le cadre du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Pour Libreville, l’enjeu est désormais de passer des engagements à l’exécution effective des projets.
« Aller vite » constitue ainsi l’une des principales attentes du gouvernement. Hermann Immongault a appelé à mieux articuler la coopération avec la Banque mondiale afin que les portefeuilles de projets répondent davantage aux préoccupations sociales des Gabonais.
Des projets à fort impact
Eau, électricité, développement urbain, secteurs sociaux et digitalisation sont identifiés comme des domaines prioritaires. Le numérique est notamment présenté comme un levier susceptible de soutenir l’activité économique et l’emploi des jeunes.
Derrière cette volonté d’accélération, le gouvernement pose également une exigence d’efficacité de la dépense publique. Les financements mobilisés, y compris par l’endettement, doivent, selon Hermann Immongault, produire un impact directement mesurable sur le quotidien des populations.
« La logique qui est la nôtre, c’est de faire en sorte que chaque franc CFA, qui est pris au titre de la dette, pris au titre de notre engagement, qui est dépensé sur le terrain, réponde à une préoccupation d’ordre social », a-t-il déclaré.
Le vice-président du gouvernement appelle ainsi les partenaires techniques et financiers à accompagner le Gabon dans « la bonne dépense » et « le bon investissement », avec l’objectif d’obtenir un impact « réel et indiscutable » sur les conditions de vie des Gabonais.
Corriger les dysfonctionnements

Un moment de la rencontre. © Com. VPG
Cette accélération devra toutefois s’accompagner d’une meilleure coordination de l’action publique. Le gouvernement reconnaît des difficultés liées au fonctionnement en silos, aux chevauchements entre projets et au suivi insuffisant de certaines opérations.
L’objectif affiché est donc de renforcer la coordination, l’harmonisation et le suivi des projets, afin d’éviter que les financements disponibles ne soient ralentis par des problèmes de pilotage ou d’exécution.
Une exigence qui rejoint les préoccupations du nouveau représentant résident de la Banque mondiale. Sylvain Kakou a indiqué vouloir « aligner » les équipes de l’institution avec celles du gouvernement pour accélérer la mise en œuvre des projets et répondre aux besoins exprimés par les populations.
Un dispositif élargi
La nouvelle mission de Sylvain Kakou intervient par ailleurs dans un format élargi au sein du Groupe de la Banque mondiale. Le représentant résident couvre désormais les activités de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), de la Société financière internationale (SFI) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (Miga).
Cette configuration offre au Gabon plusieurs leviers pour accompagner à la fois les investissements publics et le développement du secteur privé. Elle pourrait notamment faciliter la mobilisation de financements, de garanties et d’investissements en faveur des projets inscrits dans les priorités nationales.
Pour Libreville, l’objectif reste toutefois le même : faire de ces instruments des accélérateurs de projets et non de simples engagements financiers.
Maintenir le rythme sous la Ve République
Le gouvernement inscrit cette exigence de célérité dans un contexte de fortes attentes sociales. Hermann Immongault estime que le rythme de réalisation observé durant la transition doit être maintenu, voire renforcé sous la Ve République.
« Les Gabonais attendent que le rythme de réalisation des projets constaté pendant la transition soit le même, sinon encore plus intense sous cette cinquième République », a-t-il insisté.
Cette volonté de faire vite doit néanmoins composer avec les exigences de programmation du PNCD 2026-2030. Une équation que le vice-président du gouvernement résume par la nécessité de conjuguer « la dictature de l’urgence » et la méthode.
La coopération avec la Banque mondiale est ainsi appelée à franchir un nouveau cap : moins de lenteurs dans l’exécution, une meilleure coordination des acteurs et surtout davantage de réalisations visibles sur le terrain.
















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