Port-Gentil : 500 nourrissons au cœur d’une campagne de dépistage auditif
L’hôpital régional de Ntchengué et la clinique Edelweiss ont lancé, le 1er septembre, une campagne gratuite de dépistage auditif destinée aux nourrissons de 0 à 6 mois. Au moins 500 enfants sont ciblés pour cette première phase, avec l’ambition de détecter précocement d’éventuelles déficiences auditives.

Dr Danielle Fengui Kacmeni, médecin ORL, lors du dépistage. © GabonReview
À Port-Gentil, l’heure est à la prévention. L’hôpital régional de Ntchengué, avec l’appui de la clinique Edelweiss, mène depuis le 1er septembre une campagne de dépistage auditif néonatal destinée aux nourrissons de 0 à 6 mois. Prévue jusqu’au 3 septembre, l’opération vise au moins 500 bébés. Une initiative qui entend faire du contrôle de l’audition un réflexe dès les premiers mois de la vie. «C’est une campagne de dépistage auditif néonatal chez les enfants de zéro à six mois. Concrètement, c’est un test auditif qui permet de savoir si l’enfant entend ou n’entend pas», explique le Dr Danielle Fengui Kacmeni, médecin ORL.
L’enjeu dépasse largement le simple contrôle médical. Une déficience auditive non détectée suffisamment tôt peut affecter l’acquisition du langage, la communication et le développement de l’enfant. D’où l’insistance de la spécialiste sur la précocité du dépistage : « Il est impératif de faire le dépistage de l’audition dès la naissance ». Réalisé avec des capteurs et des électrodes placés sur la tête du nourrisson, l’examen nécessite toutefois que celui-ci soit calme, idéalement endormi. Un résultat qui «ne passe pas» ne signifie donc pas automatiquement que l’enfant souffre de surdité. «Le bruit, l’enfant qui bouge ou une électrode qui se déplace peuvent donner un test négatif», précise le médecin.
En cas de résultat suspect, les équipes orientent l’enfant vers un centre spécialisé pour des examens complémentaires. «Ce que nous faisons là, c’est un dépistage. Ce n’est pas un examen qui permet de dire que l’enfant n’entend pas parce qu’il a tel ou tel problème», insiste le Dr Danielle Fengui Kacmeni. Le diagnostic définitif intervient après des investigations plus approfondies. Selon la gravité du trouble, la prise en charge peut notamment passer par des prothèses auditives, des équipements spécialisés ou, dans certains cas, une intervention chirurgicale. Un parcours encore largement centralisé à Libreville, que les partenaires souhaitent progressivement déconcentrer. «Si le besoin se fait sentir, les partenaires viendront en support à Port-Gentil», assure-t-elle.
Une opportunité de connaître précocement la situation auditive des enfants
L’objectif de 500 nourrissons n’est par ailleurs pas un plafond. Les organisateurs indiquent vouloir examiner autant d’enfants que possible, y compris au-delà des trois jours officiellement prévus. «On n’a pas dit qu’on se limitait à 500. On a bien dit qu’on visait 500 enfants», souligne la spécialiste. Dès la première journée, plusieurs nourrissons avaient déjà été examinés et certains orientés vers des examens complémentaires. Pour les parents, l’opération représente une opportunité de connaître précocement la situation auditive de leur enfant. «Le dépistage chez mon nourrisson s’est bien passé. C’est aussi important de faire examiner son enfant dès la naissance», témoigne Farah Lucrèce Babongui.
Au-delà de cette première campagne, l’ambition affichée est d’installer durablement le dépistage auditif dans les pratiques sanitaires à Port-Gentil. Les partenaires souhaitent également constituer une base de données permettant de mieux mesurer l’ampleur des besoins et d’assurer un meilleur suivi des enfants concernés. Car, derrière les 500 bébés ciblés se joue un enjeu de santé publique : détecter tôt, confirmer rapidement et prendre en charge sans attendre, pour donner aux enfants concernés les meilleures chances de développer leur langage, leur communication et leur autonomie.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.