Interpellé sur instruction judiciaire dans une affaire présumée de détournement de fonds publics, l’entrepreneur Arsène Boundzanga conteste les faits et appelle à une évaluation technique indépendante, tout en sollicitant la clémence des plus hautes autorités du pays.

L’entrepreneur Arsène Boundzanga à la DGR. © Facebook/OMI

 

L’affaire suscite une vive attention à Port-Gentil. Arsène Boundzanga, responsable de la société King Industry et adjudicataire des travaux de réhabilitation et d’extension du lycée Joseph Ambouroue Avaro, a récemment été interpellé par la direction générale des Recherches (DGR), sur instruction du procureur de la République. Soupçonné de détournement de fonds publics, il rejette fermement les accusations et demande l’indulgence des autorités, tout en réclamant une expertise indépendante.

Depuis les locaux de la DGR, l’entrepreneur affirme que les travaux sont exécutés à hauteur d’environ 70 %, pour un montant déjà engagé supérieur aux sommes perçues, évaluées à 1,78 milliard de FCFA sur un marché global réajusté à 3,4 milliards de FCFA. Une rallonge de 900 millions de FCFA aurait été validée pour couvrir les travaux restants, mais les paiements seraient en attente depuis plusieurs mois.

Selon lui, cette situation a fragilisé son entreprise, contrainte de préfinancer une grande partie du chantier. «Nous sommes aujourd’hui endettés, avec du matériel bloqué à la douane et des fournisseurs qui s’impatientent», explique-t-il, évoquant des contraintes logistiques importantes, notamment l’acheminement de matériaux depuis Libreville.

Un chantier lancé dans l’urgence

Le chantier qu’il est accusé d’avoir abandonné après avoir reçu de l’argent public. © Facebook/OMI

Arsène Boundzanga met en avant le contexte d’urgence dans lequel le projet a été lancé, fin 2023. Les études techniques et l’exécution auraient été menées simultanément, sous la supervision de plusieurs entités, dont un comité technique provincial, un bureau d’études et un représentant de la présidence issu du génie militaire.

Il reconnaît toutefois avoir sous-estimé l’ampleur du projet lors de la signature du marché, initialement évalué à 2 milliards de FCFA. Une insuffisance d’analyse technique en amont, évoquée par certaines sources, pourrait être à l’origine des difficultés actuelles.

Rejet des accusations et appel à expertise

Face aux accusations de détournement, l’entrepreneur maintient sa position : «Il suffit de faire une évaluation technique des travaux réalisés. On verra que nous avons exécuté au-delà des montants déjà perçus.» Il attribue les dysfonctionnements à l’organisation globale du projet et aux retards de paiement, excluant toute malversation.

Malgré ces tensions, le chantier se poursuit à un rythme ralenti. Une partie des infrastructures a été livrée depuis 2024, mais les finitions et extensions restent conditionnées à la mobilisation des financements.

Une affaire à portée politique et structurelle

Cette interpellation s’inscrit dans une dynamique de contrôle renforcé des dépenses publiques impulsée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Le chef de l’État a instruit le parquet de Port-Gentil de diligenter des enquêtes rigoureuses et d’interpeller tout opérateur économique suspecté de mauvaise gestion des fonds publics.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière des problématiques structurelles : gestion des marchés publics en urgence, coordination entre études et exécution, délais de paiement et suivi des chantiers.

Arsène Boundzanga devrait être présenté devant la juridiction compétente à Libreville à l’issue de l’enquête. En attendant, il appelle à une lecture «juste et technique» du dossier, espérant une issue favorable auprès des autorités.

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment