Lancée pour dépister 500 nourrissons âgés de 0 à 6 mois, la première campagne de dépistage auditif organisée à l’hôpital régional de Ntchengué s’est achevée le 3 septembre sur un bilan médical encourageant, mais une participation largement en dessous des attentes. En trois jours, seule une cinquantaine d’enfants ont été examinés.

Dépistage d’un bébé lors de la campagne, le 3 septembre 2026 à Port-Gentil. © GabonReview

 

La première campagne de dépistage précoce de la surdité infantile à Port-Gentil n’a pas rencontré l’affluence espérée. Sur les 500 nourrissons ciblés, à peine une cinquantaine ont finalement été examinés entre le 1er et le 3 septembre à l’hôpital régional de Ntchengué. Une mobilisation dix fois inférieure à l’objectif qui met en lumière les failles du dispositif d’information autour de cette opération de santé publique. Pour le Dr Danielle Fengui Kacmeni, médecin ORL et responsable de la campagne, cette faible participation ne traduit toutefois pas un désintérêt des familles. « Les mamans sont demandeuses, mais on note un petit point négatif : l’information n’est pas tellement passée », explique-t-elle.

Au-delà des familles, c’est surtout le rôle des professionnels de santé qui est pointé du doigt. Sages-femmes, pédiatres, gynécologues, médecins ORL et autres personnels en contact avec les femmes enceintes et les nouveau-nés constituent les premiers relais susceptibles d’orienter les parents vers le dépistage. «Le gros du boulot, c’est le personnel médical», insiste le Dr Kacmeni. Pour la spécialiste, le contrôle auditif doit progressivement devenir une composante du suivi du jeune enfant, particulièrement pour ceux présentant des facteurs de risque.

Sur le plan médical, les premiers résultats restent néanmoins rassurants. La majorité des nourrissons examinés présentent une audition normale. Près d’une dizaine devront toutefois effectuer des examens complémentaires afin de confirmer les premiers résultats. La campagne a également révélé une faible présence d’enfants considérés comme particulièrement exposés aux troubles auditifs, notamment les prématurés, les nouveau-nés de faible poids et ceux ayant séjourné en réanimation. «On retrouve plus la surdité chez les prématurés, chez les enfants nés avec un faible poids de naissance et chez ceux qui ont été en réanimation», rappelle la praticienne.

Fort de cette première expérience, les organisateurs envisagent déjà une nouvelle campagne l’année prochaine, avec une cible élargie aux enfants de 0 à 5 ans. «L’année prochaine probablement, on fera de 0 à 5 ans», annonce le Dr Danielle Kacmeni. Mais cette ambition devra s’accompagner d’une stratégie de communication plus offensive. Médias, structures sanitaires publiques et privées et professionnels de santé devraient être davantage impliqués pour rapprocher l’information des familles. Car à Port-Gentil, le premier obstacle au dépistage précoce ne semble pas être le refus des parents, mais bien l’insuffisance du relais de l’information.

 
GR
 

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