Le secteur pétrolier est confronté à une crise sociale sans précédent depuis les changements intervenus au sommet de l’Etat le 30 août 2023. Des revendications parfois légitimes sont exprimées de manière excessive et violente, mettant en danger la sécurité, la stabilité et la compétitivité du secteur. Face à cette situation, les plus hautes autorités appellent au dialogue et à l’apaisement, tout en dénonçant les infox et les comportements destructeurs de certains individus. Il est urgent de protéger et de valoriser le secteur pétrolier, un atout pour le pays et pour les populations.

Il est urgent de protéger et de valoriser le secteur pétrolier, un atout pour le pays et pour les populations. © Istock

 

Le secteur pétrolier est l’un des piliers de l’économie du pays. Il contribue largement au budget de l’Etat et permet d’améliorer les conditions de vie des populations grâce aux fonds contractuels et à la responsabilité sociale des entreprises. Il est donc essentiel de préserver sa stabilité et sa compétitivité.

Or, depuis les changements intervenus au sommet de l’Etat le 30 août 2023, on assiste à un vent de révolte dans le secteur pétrolier. Des soulèvements des populations vivant dans les environs de sites pétroliers ont entraîné la séquestration des employés et l’interruption temporaire de la production. Des vagues de préavis de grève ont fait craindre une grève générale illimitée. La demande d’expulsion d’un directeur général expatrié d’une société pétrolière par le plus grand syndicat du secteur aurait pu susciter des tensions diplomatiques.

S’il est vrai que certaines revendications sont parfois légitimes, la manière de les présenter et la démarche empruntée suscitent des inquiétudes. Les agissements excessifs sous le manteau d’un patriotisme mal assumé ne profitent à personne. Ils mettent en péril la sécurité des travailleurs, la pérennité des investissements et la réputation du pays.

Heureusement, les plus hautes autorités ont compris la nécessité d’apaiser le climat dans le secteur pétrolier. En décembre 2023, le ministre du Pétrole a signé un protocole avec la société Maurel & Prom et les populations du canton Lacs du Sud pour des investissements à hauteur de 3,5 milliards. Il a rappelé que «nous devons encourager l’opérateur à poursuivre ses opérations car sans exploitation les richesses du sous-sol ne servent à rien. Tout doit se faire dans la discipline. On négocie mais on n’arrête pas les opérations. On doit tout faire pour préserver les opérations».

Le président de la Transition a également reçu le 23 février dernier l’Organisation nationale des employés du Pétrole (Onep) qui faisait planer la menace d’une grève générale illimitée dans le secteur. Il a réaffirmé la nécessité de dialoguer dans une atmosphère apaisée avant de décider de la mise en place d’une commission dirigée par le Comité de Transition pour passer en revue chaque dossier collectif en cours. Ces initiatives sont louables et doivent être soutenues par tous les acteurs du secteur pétrolier.

Cependant, certains individus, sous prétexte de patriotisme mal dirigé, alimentent les flammes de la discorde. Ils propagent des informations erronées et exagérées pour semer la confusion et le chaos. Il est crucial de mettre un terme à ces comportements destructeurs. Après Perenco, les projecteurs sont braqués sur Maurel & Prom avec la diffusion de fausses nouvelles. On y découvre que les directeurs généraux et adjoints de l’entreprise sont des expatriés, que sur le site d’Onal un matelas servirait à deux employés pour le coucher, que l’entreprise serait en grève depuis deux semaines. Il va sans dire que ces informations sont fausses et cela peut se vérifier. Le directeur général adjoint de Maurel & Prom, Issempedjeno Ngaka, est bien Gabonais. Les conditions de vie sur le site d’Onal sont loin de ce qui est présenté, cette base vie étant l’une des meilleures du secteur pétrolier. Enfin, aucun syndicat n’a appelé à une entrée en grève chez Maurel & Prom. À qui profitent donc ces infox ?

Il est temps de revenir à la raison et d’œuvrer ensemble pour un secteur pétrolier prospère et harmonieux au service de tous les Gabonais. Le secteur pétrolier est un atout pour le pays. Il faut le protéger et le valoriser dans le respect des lois et des réglementations en vigueur. Il faut aussi favoriser le dialogue social et le partenariat entre l’Etat, les opérateurs et les populations. C’est le gage d’un développement harmonieux et durable. C’est le sens de notre responsabilité collective.

 
GR
 

2 Commentaires

  1. Shaq Hilaire dit :

    Pas comme analyse. Vous n’avez fait qu’un aperçu de ce qui doit être et non de ce qui est actuellement et ce depuis des décennies dans ce secteur. Je vous suggère de faire une analyse profonde de ce secteur et ; pour le faire il va falloir que vous meniez une investigation approfondie dans ce secteur afin de comprendre les maux qui minent ce secteur et par la suite faire des propositions qui pourront aller dans le sens de votre article.

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