Procès de la Young team : Pour une éthique de responsabilité
Les méfaits de Sylvia Bongo Ondimba, Noureddin Bongo Valentin et leurs acolytes ont été facilités par les dysfonctionnements de l’État. Tout occupés à conserver leurs positions ou tirer bénéfice de la situation, les dirigeants d’institutions ont tout légitimé.

Si les règles étaient réellement au-dessus de la volonté des plus puissants, si les citoyens étaient égaux devant la loi, si les pouvoirs étaient indépendants les uns des autres et si la justice était rendue de manière impartiale, rien de tout cela ne serait advenu. © GabonReview
Implicitement, elles ont été mises en cause. Tacitement, leur responsabilité a été évoquée. Même si elles n’ont pas été nommément citées, de nombreuses personnalités ont dû se sentir interpellées par certaines déclarations. Au-delà des apparences, la Cour criminelle spéciale n’a pas seulement mis en lumière les outrances de quelques criminels en col blanc. Elle a aussi pointé les manquements, fautes et faiblesses des dépositaires de l’autorité publique. Tant de choses auraient pu être évitées s’ils avaient joué leur rôle. Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin n’auraient jamais pris les commandes du pays si la décision n° 219/GCC du 14 novembre 2018 avait été d’une autre teneur. Leurs acolytes ne se seraient jamais amusés avec les deniers publics si les procédures avaient été respectées ou, si les banques s’étaient montrées moins avides.
Manquements et fautes
«Vous avez donné les clefs de la République à un enfant», s’est écrié Me Zassi Mikala durant le procès de la Young team, ajoutant : «Ça a été le désordre et le chaos». Comment prévenir les risques de récidive ? En commençant par élucider le fait générateur. Autrement dit, il faut interroger l’ensemble du système pour comprendre les fondements politiques de ces dérives. Pourquoi la Cour constitutionnelle avait-elle jugé la Constitution lacunaire, s’autorisant à y ajouter un alinéa, au lieu se limiter à délivrer une habilitation, conformément à l’objet de la requête du Premier ministre ? Pourquoi les personnalités présentes à Riyad au moment de l’accident vasculaire cérébral d’Ali Bongo n’ont-elles jamais rendu compte au peuple gabonais, préférant laisser la présidence de la République s’emmêler les pinceaux ? Pourquoi aucun dirigeant de premier plan ne s’était rendu en Arabie saoudite pour se faire une réelle idée de la situation ? Pourquoi la Cour de cassation s’était-elle immiscée dans le travail de la Cour d’appel, coupant court à la demande d’expertise médicale ?
Ces questions, les avocats de la partie civile les ont posées en creux. Entre allusion et prétérition, il se sont adressé non pas à Sylvia Bongo Ondimba, mais aux dépositaires de l’autorité publique au moment des faits. En octobre 2021, durant le procès de Brice Laccruche-Alihanga, Me Kevin Anges Nzigou avait adopté une stratégie similaire. «Si nous étions dans un état de droit, mon client ne devrait pas être jugé», avait-il lancé, comme pour mettre en lumière les manquements et fautes de certains ou pour rappeler la responsabilité des institutions. En portant le débat sur ce terrain, les avocats expriment une conviction largement partagée : si les règles étaient réellement au-dessus de la volonté de plus puissants, si les citoyens étaient égaux devant la loi, si les pouvoirs étaient indépendants les uns des autres et si la justice était rendue de manière impartiale, rien de tout cela ne serait advenu.
S’expliquer et rendre des comptes
Au-delà de l’émotion et sans exonérer ni accabler quiconque, cette évidence doit être rappelée, en tout temps et tout lieu. D’abord, parce que l’État de droit est gage de stabilité pour les institutions et de sécurité pour tous, y compris les dépositaires de l’autorité publique. Ensuite parce qu’il protège les droits fondamentaux des citoyens, notamment les plus faibles. Enfin parce qu’il est source de développement économique, de croissance et même de cohésion sociale. Pour tout dire, l’État de droit permet de lutter contre la corruption, la criminalité sous toutes ses formes et, les tensions ou divisions factices. Pour y parvenir, il faut avoir le courage de pointer les lâchetés des dépositaires de l’autorité publique, trop souvent au service d’intérêts particuliers. Au-delà, il faut leur demander de s’expliquer et rendre des comptes, quitte à ne pas donner de suite pénale à leurs errements d’hier. Où l’on revient au débat sur la pertinence et la nécessité d’un mécanisme de justice transitionnelle…
Les méfaits de la Young team ont été facilités par les dysfonctionnements de l’État. Tout occupés à conserver leurs positions ou tirer bénéfice de la situation, les dirigeants d’institutions ont tout légitimé. Or, il était de leur devoir de protéger la chose publique, le bien commun et l’intérêt général. En ces temps de doute, ils auraient dû faire montre d’une éthique de responsabilité, comme leur rappelaient alors les chantres de l’État de droit. Comme le leur ont récemment rappelé les avocats de la partie civile. À eux de le comprendre et de s’en expliquer librement, franchement et en toute responsabilité.
















7 Commentaires
Commission Vérité et Réconciliation
Non, non et non. Justice publique et mémoire.
Pour blanchir la responsabilité de Billie Alain le seul premier ministron de l’usurpateur-predateur bongo Alain à avoir des forfaits inimaginables et innommables commis par celle qui ne se prénomme plus sylvia et son rejeton adoptif….?
La justice doit d’abord passer ensuite une commission pour réparer par les produits tirés de la prédation des dégâts et préjudices causés à l’Etat et aux compatriotes lésés, pourrait alors suivre et être déroulée
@Mone Famé. C’est avec ce cerveau que vous travaillez, élevez vos enfants et traversez la route ? Le kounabelisme vous apporte quoi ? Vous cherchez à protéger la « maman » du nouvel homme infaillible, une certaine 3M… Réclamez simplement qu’il en fasse la présidente honoraire du Gabon… Vous faites pitie
Vous n’avez pas besoin d’emprunter ce chemin honteux qui consiste à tenir des propos irresponsables sur la filiation d’autrui pour montrer au président que vous êtes son féal, surtout que vous ne serez pas capable d’assumer ces propos devant un juge. Sylvia et Nourredin Bongo, par leur passif, offrent assez leur flanc pour pouvoir les attaquer utilement et intelligemment.
En ce qui concerne le président, il jouit certes d’une légitimité démocratique (le premier président dans ce statut ?), mais il n’est pas infaillible. Et au lieu de faire le courtisan qui craint la vertu du prince, car il craint que ses propres ambitions ne soient compromises, vous devriez plutôt lui indiquer les tares de sa gouvernance dans l’intérêt de tous et pour éviter de le déconnecter des réalités. Vous n’allez peut-être pas gagner en carrière, mais vous gagnerez en dignité et liberté. Ce n’est pas si mal en tant qu’homme honnête et honnête homme.
cordialement
La Commission vérité et réconciliation n’aura pas lieu. De mon point de vue, c’est tout simplement une opération de « blanchissement » de criminels.lles. Dans un État de droit à séparation de pouvoir, la justice juge. Elle n’est pas une cellule psychologique d’écoute ou un « canapé psychiatrique » pour dégénérés.rées. Le rôle de la justice est de séparer le bon grain de l’ivraie.
Mone Fame, je soutiens le combat que vous portez. Comme
vous, je suis contre la commission vérité et réconciliation. Combien de gabonais.es sont-ils.elles favorables à la formation de cette commission vérité-réconciliation à part ceux.celles qui en font une obsession pathétique pour en provoquer la naissance prématurée?
Mome Fame, « Wô ne fame! Nzame â tà wâ! (Tu es un homme, Dieu te protège!). Tu es placé sous la protection des articles 13 et 27 de la nouvelle Constitution. La liberté de pensée et la défense de la patrie sont honorables. Ne les sacrifiez jamais au motif qu’un individu X, pas très propre de la conscience, vous traite de courtisan. Ce type dd discours est une tentative de culpabilisation honteuse qui ne fait plus recette.
La Justice est en marche. Toutes les perdrix voleuses seront en cage et mangées par ailleurs. Les panthères, protectrices et conservatrices du village, y veilleront.
« Un homme avertit en vaut deux ».
« … je tire mon espadon,
Élégant comme Céladon,
Agile comme Scaramouche,
Je vous préviens, Cher Myrmidon,
Qu’à la fin de l’envoi,
Je touche! ».
Eh bien si c’est vous , primus inter pares de tous les courtisans, le conseiller juridique de ce cher Mone Fame, il a intérêt à être inquiet. À tous les deux : ne pensez pas que la liberté d’expression soit un droit absolu et sans borne. Notre société n’est pas une société libertaire. Et si la loi de la nature qui est celle de la raison (pour reprendre l’expression de John Locke) ne vous rappelle pas assez certaines frontières, la loi pénale au Gabon (comme en France) est là pour y remédier .
Pour revenir à cette commission vérité justice et réconciliation, celle-ci a été appelée par des personnalités politiques, y compris dans les rangs du pouvoir actuel, dès l’aube de la transition. Cependant, l’esprit de cour ayant repris ses droits, il semble en effet que la Vérité doive être passée par perte et profit afin que les courtisans de l’engeance de Désiré puisse faire triompher leur vérité. Du reste, je ne vois pas en quoi la tenue d’une telle commission empêche la mise en branle de l’action publique.
Enfin, si la séparation des pouvoirs est un sujet d’inquiétude pour vous, alors les éléments relatés dans cet article, le récent procès et ses révélations (y compris celles des condamnés par contumace) ne devraient pas apaiser vos craintes. Cependant, comme le fait comprendre Montesquieu, que peut craindre vraiment le courtisan à part la vertu du prince ?
Pour le reste, rangez- moi ce bout de bois moucheté, Don Quichote, et prenez un calmant.
Ps : Vous voulez savoir combien de gabonais sont soucieux de la tenue de cette fameuse commission ? Eh bien il n’y a qu’à leur poser la question en transparence et en accepter le résultat en gens honnêtes et honnêtes citoyens.