Raïssa Onanga : de la solidarité gabonaise à la scène parisienne
Un meuble délaissé, des vêtements inutilisés, des fournitures qui manquent ailleurs : Raïssa Onanga veut donner une organisation à cette évidence. Avec le Grenier Communautaire «Faire du Bien», la Gabonaise figure parmi les dix lauréats des Journées de l’innovation du Bassin du Congo. Prochaine étape : Paris, où son projet de solidarité devra défendre sa promesse et son modèle économique.

Raïssa Onanga, porteuse du Grenier Communautaire «Faire du Bien», qualifiée à Brazzaville pour défendre à Paris une solidarité gabonaise qui veut changer d’échelle. © D.R.
À Brazzaville, le Grenier Communautaire s’est fait une place. Le 18 septembre 2026, au terme de la deuxième édition des Journées de l’innovation du Bassin du Congo (JIBC), le projet de Raïssa Onanga a rejoint les dix initiatives sélectionnées pour le concours Innovation Outre-Mer 11. Le rendez-vous est annoncé du 23 au 27 novembre à Station F, à Paris. La liste publiée par IOM Africa confirme cette qualification, aux côtés de projets du Congo, de la République démocratique du Congo et du Tchad.

Instantanés de l’équipée brazzavilloise. © D.R.
Quarante projets disputaient cette étape, selon Africa24. Plus de 1 000 candidatures avaient été déposées en amont. Pour Raïssa Onanga, la sélection ouvre une perspective : porter devant de nouveaux partenaires une action née au contact des personnes vulnérables.
Ce qui dort chez les uns peut servir aux autres
Selon un communiqué parvenu à GabonReview, près de dix années d’engagement précèdent cette reconnaissance. Le Grenier Communautaire entend maintenant donner une structure à cette expérience : collecter, trier, valoriser, redistribuer. Aliments, vêtements, meubles, fournitures scolaires et équipements composent la matière très concrète de cette économie solidaire.
Le principe tient en peu de mots. Sa mise en œuvre exige toute une organisation. Entre celui qui donne et celui qui reçoit, il faut assurer la collecte, acheminer les biens et faire correspondre les ressources aux besoins. C’est sur ce parcours que le projet veut agir.
Deux développements sont annoncés : une application mobile pour faciliter les dons et les collectes, et une boutique solidaire dont les recettes contribueront à financer l’action sociale. Encore à réaliser, ces outils portent l’ambition du Grenier : donner à la générosité une continuité, des moyens et une capacité d’organisation.
Derrière le projet, l’apprentissage de l’entreprise
Cette préparation s’est déroulée dans le cadre d’IOM Africa Gabon. Christine Soro, dirigeante de DIGIeWomen School et ambassadrice du réseau pour le pays, a accompagné les participantes, indique le communiqué. Étude de marché, modèle économique, prévisions financières, présentation aux investisseurs : l’expérience de terrain a dû trouver sa traduction entrepreneuriale.
La présence gabonaise à Brazzaville comprenait également Clarisse Bele Madoungou, avec Retraite Serena, destinée à accompagner les retraités notamment vers des activités agricoles et rémunératrices. Nancy Mboumbou y portait PsyÉcoute, une plateforme associant numérique et accueil physique pour faciliter l’accès confidentiel aux professionnels de la psychologie et de l’écoute.
Pour le Grenier Communautaire, Paris sera une nouvelle épreuve de conviction. Raïssa Onanga y cherchera les partenariats et les financements nécessaires au développement de son projet. Après la sélection, l’enjeu se jouera dans l’organisation des collectes, la régularité de l’aide et les ressources disponibles pour la poursuivre. C’est là que la reconnaissance de Brazzaville pourra prendre toute sa portée.
















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