TATIE

Contrairement aux insinuations de la Première ministre, les données à caractère personnel ne sont pas menacées par les internautes. Ils sont mis en péril par le déficit d’Etat de droit.

Ossouka Raponda veut-elle transformer le CNPDCP en une police de la pensée, chargée de traquer les internautes ? Croit-elle pouvoir faire plier les Gafam (Google-Apple-Facebook-Amazon-Microsoft) ? Partout dans le monde, la régulation des réseaux sociaux reste un casse-tête. [Illustration] © pikist.com

 

Tout le monde en a conscience : les réseaux sociaux diffusent beaucoup de «fake news». En conséquence, peu d’internautes prennent pour argent comptant les informations à leur disposition. Généralement, ils se donnent le temps de les recouper. S’ils cèdent parfois au sensationnel, ils laissent toujours une place au doute. Contrairement aux insinuations de Rose Christiane Ossouka Raponda, personne ne se livre délibérément à des «violations des droits et libertés.» Nul ne s’adonne volontairement à une «exploitation illicite ou inappropriée des données à caractère personnel.» Si des «dérives» peuvent être déplorées, elles procèdent d’une volonté de participer à la vie publique. En raison de l’opacité ambiante, chacun se sent le devoir de débusquer des lièvres, les révéler ou les mettre en perspective.

Valeur constitutionnelle du droit à l’information

Principe à valeur constitutionnelle, le droit à l’information est un pilier de la démocratie et de la République. L’exécutif, les journalistes et les citoyens sont libres d’en user. Conformément à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, chacun a le droit de «recevoir et répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées». Le droit à l’information peut-il être bridé sous prétexte de respect de la dignité humaine ? En mars 2018, Lucie Mboussou Milébou-Aubusson y avait répondu par l’affirmative. Disant s’inquiéter du «désir de détruire son prochain», elle invitait le gouvernement à lutter contre cette «forme de criminalité moderne.» C’est si dire si la Première ministre a chaussé les bottes de la présidente du Sénat. A-t-elle évalué la pertinence de son idée, avant de s’exprimer ? Voire…

Définies comme «toute information relative à une personne physique identifiée ou identifiable directement ou indirectement, par référence à un numéro d’identification ou à un ou plusieurs éléments, propres à son identité physique, physiologique, génétique, psychique, culturelle, sociale ou économique», les données à caractère personnel sont gérées par une autorité dédiée.  En ayant recours à la Commission nationale pour la protection des données à caractère personnel (CNPDCP), Rose Christiane Ossouka Raponda a inscrit sa réflexion dans le cadre légal en vigueur. Or, la loi n° 001/2011 ne s’intéresse ni aux réseaux sociaux ni à leurs utilisateurs. Outil de mise en œuvre de la biométrie, elle vise à lutter contre la fraude électorale. Si elle consacre la nécessité de ne «porter atteinte, ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée», elle recommande «l’application des dispositions du Code civil, des lois relatives à la presse écrite ou audiovisuelle et du Code pénal.» En parlant de «régulation adaptée», la Première ministre pointait-elle les limites de ce dispositif ?

Délitement des liens sociaux

On aurait envie de suivre Rose Christiane Ossouka Raponda dans sa volonté de réguler les réseaux sociaux. Mais chacun a pu voir quel usage la Haute autorité de la communication (Hac) a fait de son pouvoir de régulation. Chacun a déjà entendu parler du duel entre les pays de l’Union européenne et les géants du Web. La Première ministre veut-elle transformer le CNPDCP en une police de la pensée, chargée de traquer les internautes ? Croit-elle pouvoir faire plier les Gafam (GoogleAppleFacebookAmazonMicrosoft) ? Assimile-t-elle les internautes à des journalistes ? Partout dans le monde, la régulation des réseaux sociaux reste un casse-tête. D’abord, en raison de la nécessité d’établir des synergies avec les hébergeurs. Ensuite, du fait de l’obligation d’agir dans un cadre global. Enfin, à cause des risques d’atteinte à la liberté d’expression. N’empêche, on relèvera cette différence notable : dans les authentiques démocraties, les données sont manipulées par les hébergeurs et pas par les utilisateurs.

Dans le contexte gabonais, les données à caractère personnel sont dévoyées par les internautes. De ce point de vue, leur protection passe par un seul et unique préalable : le rétablissement de la confiance. Après tout, les images et informations sont envoyés aux amis et connaissances des concernés. Mieux, personne n’est obligé d’étaler sa vie et sa conception du monde sur Facebook. Nul n’est contraint de s’affilier à un forum Whatsapp ou de s’y montrer actif. Quand on est amené à le faire, c’est toujours en direction des nôtres et en toute connaissance de cause. Si les «droits et libertés de nos concitoyens» sont menacés, ce n’est pas du fait des internautes. C’est plutôt la conséquence du déficit d’Etat de droit. Autrement dit, en additionnant non-respect de la hiérarchie de normes, autoritarisme, confusion des pouvoirs, criminalisation de l’Etat et irresponsabilité, les pouvoir publics ont favorisé le délitement des liens sociaux. D’où les dérapages constatés. Au-delà des fausses informations, la vraie question est celle de la consolidation du vivre-ensemble.

 
GR
 

9 Commentaires

  1. Serge Makaya dit :

    Cette idée ne vient même pas d’elle. Elle n’est que le perroquet. Pitié pour elle, A Ntare Nzame!! C’est tout ce qu’ils savent faire: museler le peuple gabonais pour qu’il ne disent pas toutes ces bêtises qu’ils commettent au quotidien. Bande de VOYOUS que vous êtes…

  2. SERGE MAKAYA dit :

    IL FAUT METTRE FIN A CE RÉGIME DICTATORIAL SOUTENU PAR LE QUAI D’ORSAY ET LE ROITELET DU MAROC. SINON VOUS AUREZ ENCORE LES BONGO POUR 1000 ANS… SI CE N’EST POUR TOUJOURS…

    CETTE CHANCE POUR EN FINIR AVEC CE RÉGIME DIABOLIQUE SE PRÉSENTE A NOUS MAINTENANT, DEPUIS LA MORT DE BOA EN 2018 A RIYAD. ALI BONGO EST VRAIMENT MORT. C’EST LE QUAI D’ORSAY QUI ENTRETIENT LE MENSONGE DE L’ILLUSION DE VIE DE BOA. IL EST VRAIMENT MORT…

    C’EST MAINTENANT QU’IL FAUT AGIR… C’EST VRAIMENT MAINTENANT QU’IL FAUT AGIR AU PLUS VITE. DEMAIN, IL SERA TROP TARD. CAR LE QUAI D’ORSAY EST EN TRAIN DE PRÉPARER CET AVENIR EN VOULANT ENCORE NOUS IMPOSER UN BONGO. NOUS DISONS NON ET NON.

    LES PDGISTES, SI VOUS AIMEZ VRAIMENT VOTRE PAYS, N’ACCEPTEZ PAS CETTE NOUVELLE MASCARADE. LE QUAI D’ORSAY SOUTIEN SYLVIA BONGO-VALENTIN POUR PRÉPARER LA NOUVELLE MASCARADE ÉLECTORALE. A NTARE NZAME !!!

    N’ACCEPTONS PAS CELA SVP… JAMAIS !!!

    ALI BONGO EST BIEN MORT A RIYAD EN 2018. LE QUAI D’ORSAY NOUS MENT DEPUIS CETTE DATE. BOA EST BIEN MORT. CROYEZ-MOI. A NTARE NZAME !!!

    POUR UNE FOIS QUE VOUS AVEZ UN ANCIEN DES RENSEIGNEMENTS QUI VOUS INFORME DE LA RÉALITÉ, CROYEZ-MOI, MES FRÈRES ET SŒURS DU GABON. NE VOUS FAITES PLUS ACHETER PAR CE RÉGIME POURRI SOUTENU PAR LE QUAI D’ORSAY. EN AUCUN CAS, LA FRANCE VEUT LE BIEN DES GABONAIS. C’EST UNE ILLUSION QUE DE PENSER A CELA. LE CANCER DU GABON S’APPELLE BONGO-VALENTIN, MAIS AUSSI QUAI D’ORSAY ET ROITELET DU MAROC. A NTARE NZAME !!!

    • Grégoire Ndong dit :

      Serge Makaya, ne t’attends à rien du peuple gabonais. C’est un peuple masochiste, un peuple résigné. Je crois que les Bongo ont encore de très longues années à la tête du Gabon. Malheureusement… Ainsi va… la FRANCAFRIQUE.

      Ce que vous écrivez est aussi vrai. Nous sommes comme des jouets entre les mains des français. On nous manipule depuis des siècles, et on se laisse faire.

      N’oublions pas que nous étions au même pied d’égalité sur ke plan économique avec beaucoup d’autres pays d’Asie. Les pays d’Asie ont pu décoller, mais pas les pays d’Afrique. Pourquoi d’après vous ? Je tente une réponse: parce que les pays d’Asie se sont émancipé de l’ex colonisateur. Ce qui n’est toujours pas le cas des pays d’Afrique.

      Les pays d’Afrique se font toujours avoir par les français qui choisissent celui qui sera à la tête des anciennes colonies. Et celui qui est choisi à tout intérêt à être justement aux ordres du Quai d’Orsay sinon, gare à lui.

      Pour vraiment nous en sortir economiquement comme les pays d’Asie, une seule et unique solution: nous emanciper, nous aussi, de cet ex colonisateur. EX ? PAS VRAIMENT. IL L’EST TOUJOURS SOUS UNE AUTRE FORME. CQFD.

  3. Tall dit :

    Je comprends votre analyse mais elle n’a aucune pertinence. Je ne sais pas si vous prenez la peine d’être de vrais journalistes qui ne font pas que dire ce qu’ils pensent (souvent pas du pertinent) ou vous prenez la peine de mener des investigations, traitez avec des chiffres, des analyses de synthèse avant de pouvoir prendre des conclusion et donner vos avis. Aujourd’hui les réseaux sociaux sont des lieux d’anarchie, des causes de suicide, des lieux infestées de fake news etc. Tout cela a pour conséquence de la désinformation. Sans que vous ne vous en rendiez compte, les populations s’abrutissent et sont négativement influencées par ce genre de problèmes lourds de conséquence. Avez-vous posé la question à la Première Ministre afin que votre opinion soit éclaircie ? Ce qui fait que l’Afrique n’avance pas c’est le manque de rigueur et de cohérence dans les opinions. Juste une question, ne serez-vous pas plus rassurés pour vos enfants (exposés aux réseaux sociaux) de savoir qu’ils sont protégés par un organe qui régule les insuffisances de ces fameux GAFA ? Après mon analyse issue de mes enquêtes à la Pimature, la volonté est de réduire les effets néfastes des réseaux dans la vie en société et ils en ont la responsabilité. Tout comme, si vous êtes des parents responsable, vous qui veillez sur vos enfants, leur manière de s’exprimer sans dire de grossièreté etc. La liberté de la presse ne vous donne pas le droit d’insulter mais de dire votre opinion tout en veillant à l’ordre public. Sinon permettez à vos enfants de vous insulter quand vous n’agissez pas correctement à leur égard. S’il vous plaît Le Gabon gagnerait à être un peuple qui travaille et non qui bavarde (mauvais héritage français où on critique tout et n’importe quoi). Je vous encourage à être juste, analyser correctement, mener des études et non à prendre parti. Vous devez être impartial il y va de l’instruction de chacun.

    • Francois Ndjimbi dit :

      Nous à Gabonreview, on prendrait bien, pour publication, une réflexion de votre part sur le sujet. Sauf qu’en utilisant ici un pseudonyme, vous confortez cet anonymat déplorable, source de bien de dérives consécutives au sentiment d’être masqué et non repérable. Il faut pratiquer ce qu’on prêche. Nous attendons en tout cas vos propositions. Merci de continuer à nous suivre.

  4. MOUNDOUNGA dit :

    Bjr. Je retiens ceci : « Nul n’est contraint de s’affilier à un forum Whatsapp ou de s’y montrer actif « . Amen.

  5. Pirate 241 dit :

    @ Tall. Vous n’avez visiblement rien compris à l’article. Il ne dit nulle part que « les réseaux sociaux (ne) sont (pas) des lieux d’anarchie, des causes de suicide, des lieux infestées de fake news etc. » Il dit que la loi n° 001/2011 ne s’intéresse ni aux réseaux sociaux ni à leurs utilisateurs, qu’il y a un amalgame, que le CNPDCP ne peut pas devenir une police de la pensée, chargée de traquer les internautes… C’est pâs sa mission ; que partout dans le monde, la régulation des réseaux sociaux reste un casse-tête et que si les nations les plus puissantes ne parviennent pas à faire plier les Gafam (Google–Apple–Facebook–Amazon–Microsoft), c’est pas le Gabon qui y pariendra. L’article est un appel au réalisme et à l’instauration d’une démocratie véritable qui freinera un tant soit peu les dérapages et dommages déplorés. Votre logorrhée suivante, « si vous prenez la peine d’être de vrais journalistes qui ne font pas que dire ce qu’ils pensent (souvent pas du pertinent) ou vous prenez la peine de mener des investigations, traitez avec des chiffres, des analyses de synthèse avant de pouvoir prendre des conclusion et donner vos avis », est injurieux envers les journalistes de Gabon Review et prouve que vous travaillez pour le pouvoir auquel vous vendez vos lieux communs. Triste.

    • Tall dit :

      Pirate 241 je vous comprends. Mais ce n’est pas parceque les autres n’ont pas réussi que nous aussi nous n’y arriveront pas. Ce que vous dîtes montre que votre (vous et ces néo journalistes) stratégie s’appuie sur de mauvais fondements. Malheureusement pour vous je ne suis pas du pouvoir en place mais je suis un juif qui estime qu’il faut toujours soutenir les autres dans leur démarche et qu’il faut toujours être optimiste. Je pourrai si vous le souhaiter vous faire la démonstration de ce que je dis. Mais une fois de plus je respecte vos opinions. Parcontre la plupart de vos articles prouve à suffisance que vous soutenez des personnes de l’opposition ce qui rend vos articles caduques.

      • Moussavou Jacques dit :

        @Tati. Allez faire votre bruit ailleurs… Votre première ministre connaît quelqu’un qui obligé un autre à mettre ses données à caractère personnel sur les réseaux sociaux. Visiblement elle ne sait pas de quoi elle parle. Elle connaît quelqu’un qui met les donnés d’autrui en ligne ? Chacun doit faire attention à ce qu’ il écrit, aux photos qu’ il met et aux informations qu’ il livre sur lui-même. Votre première ministre est dans une logique de censure des contenus mais elle parle de données personnelles par ignorance. Vous allez essayer ? Chiche. On verra comment vous allez obliger Facebook ou Google à retirer des contenus. Vous êtes des apprentis sorciers

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