Reprise des cours : C’est la grande confusion !
Alors que l’appel à la suspension de la grève des enseignants du collectif SOS Éducation n’a pas prospéré la veille, deux syndicats du secteur, le SENA et le SYNETECPRO, invitent à leur tour ce jeudi leurs membres et sympathisants à reprendre le chemin des salles de classe. D’autres, à l’instar du collectif des enseignants du complexe Jean Hilaire Aubame Eyeghe s’y opposent fermement.

Des enseignants du complexe Jean Hilaire Aubame Eyeghe appelant à poursuivre le mouvement de grève, le 15 janvier 2026. © Capture d’écran /Facebook
C’est la confusion au sein du secteur Éducation depuis 24 heures. Au terme des travaux de la commission interministérielle tripartite et l’annonce de la régularisation de milliers de situations décriées par les enseignants, le collectif SOS Éducation, qui a pris part auxdits travaux présidés par le vice-président du gouvernement, a appelé mercredi 14 janvier à la suspension du mouvement de grève lancé au retour des vacances de fin d’année.
Pour appuyer cet appel qui n’a pas prospéré, le Syndicat de l’éducation nationale (SENA) et le Syndicat national de l’enseignement technique et professionnel (SYNETECPRO), dans un communiqué conjoint, se sont eux aussi montrés favorables à la suspension de la grève. Au regard des annonces faites par les autorités, les deux organisations «accordent le bénéfice du doute au gouvernement», appelant leurs membres militants et sympathisants à reprendre le chemin de l’école.

Les représentants du , le 15 janvier 2026. © Capture d’écran/Facebook
Un appel à la reprise contesté
Son de cloche divergent du côté du complexe Jean Hilaire Aubame Eyeghe, à Libreville, où les enseignants ont décidé au terme de leur assemblée générale ce même jeudi de poursuivre le mouvement. Ils jugent insuffisantes les annonces gouvernementales et appellent à «l’arbitrage» du président de la République.
«Certes, le gouvernement a fait un pas, mais ce pas nous semble celui d’une tortue, extrêmement lente et surtout insatisfaisante», a déclaré Davy Moutongo, porte-parole des enseignants.
Leur appel a été entendu, au regard des salles de classe qui sont restées vides sur toute l’étendue du territoire national ce jeudi. La situation devrait rester inchangée jusqu’à ce week-end.
Au SENA et au SYNETECPRO, on assure toutefois rester vigilant et observer les avancées du processus entamé jusqu’au 28 février prochain, date retenue pour une première évaluation des acquis.
















1 Commentaire
Si les enfants des dirigeants sont dans les écoles privés comment ses dirigeants peuvent-ils avoir la volonté d’améliorer le système éducatif public ?
C’est le cœur du paradoxe de la gouvernance : le conflit d’intérêts invisible. Lorsqu’une élite vit en vase clos, elle perd le lien direct avec la réalité des services qu’elle est censée administrer.
Voici pourquoi cette situation freine l’amélioration du système public :
1. La fin de l’urgence politique
Pour un dirigeant, le système public devient une statistique plutôt qu’une priorité vitale. Si son enfant n’est pas confronté aux classes surchargées, au manque de manuels ou aux grèves, l’amélioration du système public perd son caractère « d’urgence absolue ». L’incitation à la réforme n’est plus dictée par le besoin familial, mais par une gestion comptable souvent déconnectée.
2. La fracture de l’empathie
L’école privée devient un « parapluie » qui protège l’élite des conséquences de ses propres décisions budgétaires. Cela crée une déconnexion sociale :
Les « usagers » (le peuple) subissent la dégradation.
Les « décideurs » (l’élite) observent de loin, sans en souffrir.
3. La fuite des moyens et de l’influence
Le choix du privé par les dirigeants envoie un signal de défiance envers l’État. Cela encourage la classe moyenne à faire de même, ce qui vide l’école publique de ses soutiens les plus influents — ceux qui ont précisément la voix et les réseaux nécessaires pour exiger des comptes à l’administration.
4. Le levier de l’intérêt personnel
L’histoire montre que les services publics s’améliorent radicalement lorsque ceux qui les gèrent sont obligés de les utiliser. Dans certains débats de société, l’idée d’une clause d’obligation de fréquentation du public pour les familles des élus est évoquée pour aligner l’intérêt personnel du dirigeant sur l’intérêt général.
En résumé : Tant que les dirigeants ne partagent pas le destin quotidien du citoyen (école, santé, transport), la volonté politique risque de rester superficielle, car elle n’est pas portée par une nécessité vécue.
Une loi contraignant les hauts fonctionnaires à scolariser leurs enfants dans le public serait le seul moyen de garantir une gouvernance impartiale.