Avec 91 % de son territoire recouvert de forêts, le Gabon s’illustre dans le rapport Global Forest Resources Assessment 2025 (FRA 2025) de la FAO de la plus belle des manières. Entre performances environnementales de premier plan et nécessités de développement économique, Libreville confirme son statut de leader de la gestion durable, tout en restant vigilant face aux menaces émergentes.

Avec 24 millions d’hectares de forêts sur une superficie totale de 26,8 millions d’hectares, le Gabon n’est devancé que par le Suriname, la Guyane française, la Micronésie et le Laos. © D.R.

 

Le verdict de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est tombé fin octobre 2025. Dans son rapport décennal FRA 2025, le Gabon se hisse à la 5e place mondiale en termes de couverture forestière proportionnelle. Avec 24 millions d’hectares de forêts sur une superficie totale de 26,8 millions d’hectares, le pays n’est devancé que par le Suriname, la Guyane française, la Micronésie et le Laos.

Le rapport souligne la singularité du modèle gabonais. Alors que la déforestation mondiale, bien qu’en ralentissement, culmine encore à 10,9 millions d’hectares par an, le Gabon affiche un taux de déforestation net quasi marginal de 0,1 % par an. Sur la période 2015-2025, les pertes annuelles sont estimées à 10 000 hectares, un chiffre très faible au regard des standards internationaux.

Cette résilience repose sur deux piliers : la protection et la gestion. Aujourd’hui, 20 % des forêts gabonaises sont situées dans des aires protégées et plus de 55 % sont soumises à des plans de gestion durable. Un engagement qui permet au pays d’abriter 95 % de la population mondiale d’éléphants de forêt d’Afrique centrale et de conserver 8 millions d’hectares de forêts primaires, soit un tiers de son couvert végétal.

L’innovation technologique au service du « Gabon Vert »

Pour maintenir ce cap, Libreville mise sur la technologie. L’utilisation de l’intelligence artificielle via le système Forest Foresight permet une surveillance proactive pour anticiper les coupes illégales. Cette stratégie s’inscrit dans les mécanismes REDD+, visant à monétiser les services écosystémiques rendus par ces puits de carbone vitaux pour l’équilibre climatique global.

Toutefois, le tableau n’est pas exempt de zones d’ombre. Le rapport FRA 2025 pointe des défis persistants : l’expansion des activités minières illégales, le développement des infrastructures routières et le besoin de restauration forestière. Bien que la déforestation brute soit faible, la « perte nette » de 10 000 hectares annuels rappelle que l’équilibre entre exploitation industrielle du bois et conservation reste fragile.

À l’heure où le Gabon cherche à diversifier son économie tout en captant les financements internationaux liés au crédit carbone, une question demeure : le pays pourra-t-il transformer ce titre de « 5e puissance verte » en un levier de croissance inclusive sans sacrifier l’intégrité de son patrimoine naturel ?

 
GR
 

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