À deux jours de l’ouverture de la 5e édition du Festival international du livre gabonais et des arts (FILIGA), les organisateurs ont tenu ce mardi 26 mai à Libreville, une conférence de presse marquée autant par l’annonce des grandes articulations de l’événement que par une inquiétude grandissante sur l’absence d’accompagnement des pouvoirs publics. Prévu du 28 au 30 mai 2026 à Libreville, ce festival entend célébrer les liens entre l’Afrique et ses diasporas.

Les organisateurs du FILIGA face à la presse, le 26 mai 2026 à Libreville. © GabonReview

 

Le compte à rebours est lancé pour la 5e édition du Festival international du livre gabonais et des arts (FILIGA). À l’occasion d’une conférence d’annonce organisée à Libreville ce mardi 26 mai, les responsables de l’événement ont dévoilé les grandes lignes de cette édition 2026 qui se tiendra du 28 au 30 mai simultanément au Musée national des arts, rites et traditions du Gabon et à l’Institut français du Gabon (IFG).

Placée sous le thème «L’Afrique et ses diasporas : regards croisés sur le monde», cette édition ambitionne de créer des passerelles entre les expériences africaines et diasporiques à travers la littérature, les arts et la réflexion intellectuelle. «Depuis sa création, le FILIGA s’est donné une mission claire : faire du Gabon un carrefour vivant du livre, de la pensée et des arts, et offrir aux créateurs africains et diasporiques un espace de visibilité, de dialogue et de transmission. Cette 5e édition en est la preuve vivante», a déclaré le président du festival, Rosny Le Sage Souaga.

D’après lui, le thème retenu cette année se veut une invitation à repenser les rapports entre le continent africain et ses diasporas. «Il s’agit de penser ensemble les liens qui unissent l’Afrique continentale à ses diasporas, de comprendre comment ces regards croisés façonnent notre lecture du monde, et de construire une parole africaine forte, plurielle et assumée». Cette édition avec la Centrafrique comme invité d’honneur réunira plusieurs écrivains, artistes, éditeurs et chercheurs venus d’Afrique, d’Europe et des Amériques. Certains invités internationaux sont d’ailleurs déjà présents sur le territoire gabonais, signe, selon les organisateurs, de «l’attractivité croissante» du festival.

En marge des activités littéraires et artistiques, le FILIGA accueillera également la finale du concours Miss Littérature, prévue le 30 mai à 18 heures à la salle d’exposition du ministère du Rayonnement culturel. Pour Adriela Lou, membre du comité d’organisation, cette initiative vise à valoriser «l’intelligence, la diction et l’expression culturelle» de la jeunesse gabonaise. La lauréate représentera par ailleurs le Gabon à l’international.

Mutisme du ministère du Rayonnement culturel et des institutions publiques

Une vue des membres de la presse présents à la conférence. © GabonReview

Derrière l’effervescence culturelle, le ton s’est rapidement fait plus grave. Face à la presse, Rosny Le Sage Souaga a dénoncé l’absence de soutien financier de l’État gabonais. «Je dois être transparent avec vous : le FILIGA ne reçoit toujours pas de subvention de l’État gabonais à ce jour», a-t-il regretté, évoquant des courriers restés sans suite, des difficultés administratives et le silence de plusieurs institutions.

Une situation qui complique considérablement l’organisation de cette 5e édition, dont les coûts restent élevés. À J-2 de l’événement, les organisateurs n’excluent plus une profonde restructuration du festival. Après cinq années d’existence, le FILIGA pourrait connaître sa dernière édition sous son format actuel et devenir une biennale afin de permettre une meilleure préparation financière.

Pour les promoteurs du festival, la question dépasse largement le seul cadre du FILIGA. Ils estiment que le manque d’accompagnement des initiatives culturelles compromet le développement des Industries culturelles et créatives (ICC) au Gabon. «Les ICC ne sont pas un supplément d’âme. Elles sont un secteur économique, un levier d’emploi pour la jeunesse, un outil de diplomatie culturelle et un vecteur de fierté nationale», ont rappelé les organisateurs, plaidant pour une politique culturelle plus structurée.

Thécia Nyomba

 

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