Santé : le privé bientôt davantage associé aux décisions du ministère
La ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo Epse Bivigou, veut renforcer la collaboration entre les secteurs public et privé de la santé. Lors d’une rencontre, jeudi 3 septembre 2026 à son cabinet avec les responsables des établissements privés à visée sanitaire réunis au sein de l’AREMPG, elle a annoncé l’instauration de rencontres trimestrielles et une meilleure association du privé aux grandes décisions du ministère. En ligne de mire : harmoniser les pratiques, améliorer la qualité des soins et intégrer davantage les données du secteur privé au système national d’information sanitaire.

Un moment de la rencontre au cabinet de la ministre. © D.R.
Le secteur privé de la santé devrait désormais être davantage impliqué dans la conduite de la politique sanitaire nationale. C’est l’une des principales annonces issues de la rencontre de jeudi entre la ministre de la Santé et les responsables des établissements privés à visée sanitaire, membres de l’Association des responsables d’établissements médicaux privés du Gabon (AREMPG).
Pour Elsa Nkana Joséphine Ayo Epse Bivigou, le secteur privé ne saurait être considéré comme une composante périphérique du dispositif sanitaire. «Le système privé fait partie à part entière du système sanitaire du Gabon», a-t-elle rappelé, plaidant pour une coordination accrue avec les structures publiques.
Vers un dialogue plus régulier
Cette volonté devrait notamment se traduire par l’organisation de rencontres trimestrielles entre la tutelle et les représentants des structures privées. L’AREMPG sera également associée aux grandes réunions du ministère portant sur des décisions susceptibles d’avoir un impact sur le secteur.
Une évolution présentée comme un moyen de renforcer la concertation entre les différents acteurs et de mieux prendre en compte les réalités auxquelles sont confrontés les établissements privés.
«L’objectif est d’avoir une meilleure harmonisation des procédures et de la qualité des soins», a expliqué, en substance, la ministre, alors que les questions liées à l’accueil et à la prise en charge des patients concernent aussi bien les structures publiques que privées.
Les données sanitaires au cœur des échanges

Quelques responsable conviés. © D.R.
Autre sujet soulevé : la transmission des données produites par les établissements privés. Selon la tutelle, certaines statistiques ne sont pas systématiquement communiquées au ministère, limitant ainsi la capacité des pouvoirs publics à disposer d’une vision exhaustive de l’activité sanitaire nationale.
Le ministère souhaite donc identifier les difficultés qui entravent cette remontée d’informations et favoriser l’intégration des données issues du privé au système national d’information sanitaire.
Pour la tutelle, disposer de statistiques complètes et fiables constitue un préalable à une meilleure planification des politiques publiques et à l’adaptation de l’offre de soins aux besoins des populations.
Assurances, équipements et émoluments en débat
Les responsables des établissements privés ont, de leur côté, saisi l’occasion pour exposer plusieurs difficultés auxquelles ils sont confrontés. Les échanges ont notamment porté sur les assurances, les émoluments ainsi que sur le renouvellement des équipements médicaux devenus obsolètes.
Des préoccupations qui, pour le président de l’AREMPG, Dr Ogowet Théophile, fondateur et directeur de la clinique MIA, témoignent de l’importance de maintenir un cadre de dialogue avec la tutelle.
Pour les responsables du secteur privé, cette rencontre marque surtout une reconnaissance de leur rôle dans le système sanitaire national et ouvre une perspective pour certaines revendications portées de longue date.
Au-delà des doléances, le principal acquis réside ainsi dans la perspective d’un cadre permanent de concertation. Une démarche qui devrait permettre au public et au privé de travailler davantage de manière coordonnée, avec pour objectif commun l’amélioration de l’offre et de la qualité des soins au Gabon.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.