Une année à refaire pour l’élève, une année à financer de nouveau pour l’État. La Banque mondiale estime que le redoublement a coûté 33,18 milliards de francs CFA au Gabon en 2021, soit près de 11 % des dépenses publiques d’éducation. Une facture qui interroge la capacité du système à accompagner les élèves en difficulté.

Le redoublement a coûté plus de 33 milliards de francs CFA à l’État en 2021, selon la Banque mondiale, qui recommande un soutien scolaire ciblé pour aider les élèves à progresser. © GabonReview (modifié par IA)

 

Le redoublement absorbe une part importante des moyens de l’école gabonaise. Dans sa Revue des finances publiques du Gabon 2026, la Banque mondiale dénombre 86 238 redoublants en 2021 dans le primaire, le secondaire et l’enseignement et la formation techniques et professionnels. Le coût de leur année supplémentaire dépasse 33 milliards de francs CFA, dont 18,75 milliards pour le secondaire général.

Ces données concernent 2021, et non la rentrée actuelle. Elles représentent une estimation des dépenses consacrées à la scolarisation des redoublants.

Près d’un élève sur trois au collège

Le taux de redoublement atteignait alors 28 % dans les écoles primaires publiques et 32 % au premier cycle du secondaire. À ce dernier niveau, près d’un élève sur trois recommençait donc sa classe. Le rapport relève également que 21 % des enfants abandonnaient avant la fin du primaire. Parmi ceux qui achevaient ce cycle, seuls 60 % terminaient le premier cycle du secondaire. Le système peine ainsi à faire progresser les élèves et à les maintenir à l’école.

Selon la Banque mondiale, réduire le redoublement permettrait de réorienter des ressources vers la qualité de l’enseignement, l’accès à l’école et les infrastructures. Encore faut-il traiter les difficultés d’apprentissage.

Faire avancer, mais avec un soutien

L’institution recommande d’associer la progression scolaire à un « soutien de rattrapage ciblé pour remédier aux difficultés d’apprentissage ». Les élèves concernés devraient recevoir une aide adaptée à leurs besoins. Elle préconise aussi de développer le préscolaire dans les zones rurales, de mieux répartir les enseignants et de renforcer leur formation continue. Des manuels disponibles et des outils pédagogiques adaptés doivent accompagner cet effort.

Les économies éventuelles pourraient financer ces améliorations. Elles ne constituent toutefois pas une enveloppe immédiatement récupérable : le soutien scolaire exige lui-même des moyens. L’objectif est de permettre aux élèves de réussir leur année. Sans cet accompagnement, limiter les redoublements risquerait simplement de déplacer leurs difficultés vers la classe suivante.

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment