Six mois d’attente, zéro récépissé : Yama dénonce une machination pour l’écarter du jeu politique et réclame la tête du ministre de l’Intérieur
Près de six mois après la notification officielle de la modification des organes dirigeants du Parti national pour le travail et le progrès (PNTP), le président du PNTP, Jean Rémy Yama, accuse le ministère de l’Intérieur de bloquer délibérément la délivrance du récépissé légal. Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi 13 juin à Libreville, il a dénoncé une violation de la loi et exigé la démission du ministre de l’Intérieur Adrien Nguema Mba ainsi que de la secrétaire générale du département.

Le président du PNTP, Jean Remy Yama, le 13 juin 2026 à Libreville. © GabonReview
Face à la presse, samedi 13 juin 2026, le président du Parti national pour le travail et le progrès (PNTP), Jean Rémy Yama, a dressé un réquisitoire sévère contre l’administration chargée des partis politiques. Selon lui, le procès-verbal du congrès extraordinaire ayant désigné les nouveaux dirigeants du PNTP a été régulièrement déposé le 18 décembre 2025 auprès du ministère de l’Intérieur, conformément aux dispositions de la loi sur les partis politiques.
Or, six mois après cette notification, le récépissé de modification des organes dirigeants n’a toujours pas été délivré, alors que la législation prévoit un délai maximal de quinze jours. Pour le président du PNTP, cette situation constitue une violation manifeste de la loi et un dysfonctionnement administratif injustifiable. «De ce fait, la loi est piétinée», a-t-il martelé.
Une stratégie d’exclusion politique ?
Revenant sur les multiples démarches entreprises auprès des services compétents, l’ancien syndicaliste affirme avoir été confronté à des reports successifs, des explications contradictoires et des procédures qu’il juge «inventées hors de tout cadre légal».
Au-delà de la simple lenteur administrative, Jean Rémy Yama estime être personnellement visé. Il considère que cette rétention du récépissé s’inscrit dans une série d’obstacles politiques qui auraient déjà conduit, selon lui, à son éviction de l’élection présidentielle d’avril 2025 puis des élections législatives de septembre de la même année. «Au fond de tous ces atermoiements, il y a une volonté politique délibérée de m’écarter du jeu politique gabonais», a-t-il déclaré devant les militants et les journalistes présents. Selon lui, le ministère de l’Intérieur refuserait délibérément d’exécuter la loi pour l’écarter de la présidence du PNTP.
Le PNTP exige des démissions et appelle au respect de l’État de droit
Par ailleurs, estimant que l’administration agit en contradiction avec les engagements de rupture affichés par les nouvelles autorités, le président du PNTP a directement mis en cause le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, et la secrétaire générale du ministère, Judith Koumba Pemba.
Le parti a exigé leur démission immédiate, estimant qu’ils portent la responsabilité d’une administration qu’il juge arbitraire et contraire aux principes de l’État de droit. Jean Rémy Yama a également interpellé le président de la République, rappelant ses appels à une administration plus rigoureuse et plus efficace.
Le leader politique assure enfin que le PNTP poursuivra son combat «par des moyens pacifiques mais déterminés» afin d’obtenir le récépissé attendu et le respect strict de la loi, a-t-il conclu.
Thécia Nyomba















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.