Souveraineté alimentaire : «AGROPAG n’est pas une entreprise comme les autres», assure Aubert Ndjila
Deux mois après sa nomination, Aubert Aimé Ndjila revendique une rupture dans la gestion de la Société agropastorale du Gabon (Agropag), qu’il érige en levier stratégique de souveraineté alimentaire. À travers une approche industrielle et intégrée, le directeur général entend aligner l’entreprise sur les ambitions nationales visant à réduire la dépendance du Gabon aux importations d’ici 2027.

(en partant de la droite) Le DG d’Agropag, le ministre de l’Agriculture et le PCA de la société, lors de leur installation, en mars 2026. © Gabonactu.com
Deux mois après sa nomination à la direction générale de la Société agropastorale du Gabon (Agropag), Aubert Aimé Ndjila affiche une ambition claire : faire de cette structure un véritable groupe agro-industriel intégré, capable de soutenir l’objectif stratégique de souveraineté alimentaire fixé par les autorités gabonaises à l’horizon 2027.
Dans un message publié sur Facebook, le 26 avril 2026, le dirigeant insiste sur la nature particulière de l’entreprise, qu’il qualifie «d’instrument stratégique de souveraineté alimentaire». À ses yeux, l’Agropag ne peut être gérée comme une administration classique. Elle doit, au contraire, adopter les standards d’un groupe industriel performant, structuré et orienté vers les résultats.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique nationale portée par les plus hautes autorités, visant à réduire drastiquement la dépendance du pays aux importations de produits alimentaires de base, notamment la volaille. Le Gabon ambitionne en effet de bâtir un modèle reposant sur l’industrialisation du secteur agricole, le développement de partenariats public-privé et le renforcement des filières locales, telles que le manioc.
Vers une réforme organisationnelle structurante
Dans cette perspective, l’Agropag — issue de la transformation de la SAEG en 2026 — constitue le bras opérationnel de l’État. Placée sous la gouvernance conjointe d’Aubert Aimé Ndjila et de Raymond Ndong Sima (président du Conseil d’administration), l’entreprise est appelée à moderniser et exploiter des pôles agricoles stratégiques, notamment à Ntoum et Ndendé, bénéficiant d’un soutien financier estimé à 2 milliards de FCFA.
Pour atteindre ces objectifs, le directeur général annonce une réforme organisationnelle structurante, reposant sur trois piliers : la mise en place de Domaines d’activités stratégiques (DAS) pour renforcer la responsabilisation des équipes, l’intégration complète de la chaîne de valeur — de la production à la commercialisation — et l’instauration d’une discipline financière rigoureuse, axée sur la transparence et la rentabilité.
«Ma vision managériale est simple : transformer l’ancienne Agropag en un groupe agro-industriel intégré, capable de nourrir durablement le Gabon. Un groupe agro-industriel performant et rigoureusement géré, capable de produire, transformer, acheminer et commercialiser durablement des denrées agricoles à l’échelle nationale», écrit le directeur général.
Pas de place à l’improvisation !
«Agropag ne peut réussir ni dans l’improvisation ni dans la confusion des rôles», prévient Aubert Ndjila, soulignant la nécessité d’une gouvernance claire et d’une gestion professionnelle pour transformer durablement le secteur agricole gabonais.
À travers cette feuille de route, le patron d’Agropag entend positionner la société comme un levier central de la politique agricole nationale, à un moment où le Gabon accélère sa transition vers l’autosuffisance alimentaire.












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