Sécurité, défense, sérénité : au terme de cent jours à la tête d’un ministère régalien, Brigitte Onkanowa a fixé le cap. Invitée le 22 mai sur Gabon Télévision dans «Les 100 jours du Gouvernement», la ministre de la Défense nationale a ramené les cinq priorités fixées par le chef de l’État à «deux grandes missions : la mission sécurité et la mission défense». Avec, en ligne de mire, une promesse : «la sérénité pour les citoyens».

La ministre d’Etat, en charge de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, s’exprimant sur Gabon Télévision. © GabonReview (Capture d’écran)

 

Sur Gabon Télévision, la programmation spéciale «Les 100 jours du Gouvernement» offre à chaque membre de l’exécutif l’occasion de défendre son action au regard de la feuille de route présidentielle. C’est dans ce cadre que la ministre d’État chargée de la Défense nationale a dressé son bilan. Sur le volet de la défense et de la protection du territoire, sa stratégie repose sur trois axes : renforcement des effectifs, redéploiement opérationnel et amélioration des capacités de surveillance. Constatant que «les effectifs étaient en dessous de la normale», Brigitte Onkanowa fait état d’un recrutement national ayant permis d’intégrer «3 355 recrues».

50 brigades frontalières créées, plus de 10 000 personnels formés ou en formation

Dans le même temps, la sécurisation des «frontières qui sont très poreuses» a conduit à la mise en place de «50 brigades frontalières», tandis que la surveillance maritime couvre désormais «870 km» de façade. Dans un pays constitué «à près de 99% de forêts», on a ainsi appris que l’usage de «deux grandes unités de drones de surveillance» vient compléter ce dispositif.

La modernisation et la professionnalisation des forces constituent l’autre pilier majeur de l’action ministérielle. Côté formation, «plus de 10 000 personnels ont été formés ou sont en formation», au Gabon comme à l’étranger : «en France, aux États-Unis, en Chine, en Turquie». Brigitte Onkanowa insiste également sur la nécessité de «moderniser notre outil d’information» par la digitalisation et la cybersécurité, rappelant que «la défense opérationnelle nécessite aussi bien les personnels, les équipements, mais aussi la compétence». Au-delà des hommes et des moyens, la ministre de la Défense avance une ambition d’industrialisation, à commencer par la production locale des tenues militaires : «C’est mon rêve et ma mission…, commencer à lancer notre industrie de la défense.»

650 délits et 90 crimes, avec une baisse de la criminalité

L’appui aux autorités civiles et la contribution au développement national se traduisent également l’engagement du ministère. Ainsi, la Gendarmerie nationale, au cœur du dispositif de sécurité intérieure, a mené «14 000 patrouilles», permettant de relever «650 délits» et «90 crimes», avec une «baisse de la criminalité». «Les unités assurent la protection des personnes et des biens», a-t-elle affirmé, «aussi bien en ville qu’en campagne».

Parallèlement, «23 missions» de sensibilisation ont été conduites en province, de même que des initiatives économiques émergent, telles que la mise en place des plantations au sein des forces pour nourrir militaires eux-mêmes et populations environnantes, voire exporter vers d’autres pays voisins.

La coopération militaire et la diplomatie de défense auront également occupé une place stratégique dans cette feuille de route. Le Gabon s’inscrit dans des cadres régionaux comme «l’architecture de Yaoundé», avec des moyens navals assurant «le relais entre Yaoundé et les autres pays». La ministre d’Etat a également insisté sur l’importance des exercices conjoints et de l’interopérabilité. «Seul, on peut aller loin, mais ensemble on va plus loin», a fait remarquer madame Onkanowa. Cette ouverture vise à «porter la voix du Gabon» tout en consolidant ses capacités face aux menaces contemporaines, notamment dans le domaine numérique, où «la sécurité numérique aujourd’hui est très importante pour nous».

 

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