Suspension de l’élection à la Fegafoot : la FIFA et la CAF au Gabon pour sortir de l’impasse
Arrivée samedi soir à Libreville, une mission conjointe de la FIFA et de la CAF séjourne au Gabon depuis le samedi 18 avril 2026. Jusqu’au mardi 21, celle-ci tentera de dénouer la crise institutionnelle qui secoue la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), après la suspension de son processus électoral par le gouvernement.

Des membres de la mission accueillis à l’aéroport de Libreville par le président sortant de la Fegafoot, le 18 avril 2026. © Fegafoot
À la suite de la suspension du processus électoral de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), une délégation de la FIFA et de la CAF est arrivée à Libreville le 18 avril 2026 pour une mission dite d’urgence prévue s’achever le 21 avril, avec un agenda axé sur des consultations à haut niveau visant à dénouer la crise et à restaurer un processus électoral conforme aux standards internationaux. Pour ce faire, des échanges avec les principaux acteurs ont été annoncés, dont certains devraient avoir lieu dès ce dimanche.
Au cours de leur séjour, les émissaires rencontreront notamment le président sortant de la Fegafoot, Pierre Alain Mounguengui, ainsi que les membres de la commission électorale. Une réunion est également prévue avec le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany Zategwa, à l’origine de la décision de suspension.
La délégation comprend notamment Célestin Yanindji, membre de la Commission des associations membres de la FIFA, ainsi que des experts en gouvernance et en affaires juridiques issus des deux institutions.
Une suspension nécessaire ?
Le 13 avril dernier, le gouvernement gabonais a officiellement annoncé la suspension du processus électoral à la Fegafoot, alors que le scrutin était prévu cinq jours plus tard à Mouila. À l’origine de cette décision, des contestations liées à la régularité du scrutin et à la validation de certaines candidatures, dans un climat de défiance entre acteurs du football national. Une mesure plutôt bien accueillie dans l’opinion publique.
Toutefois, cette suspension pose un problème majeur au regard des principes de la FIFA, qui proscrit toute ingérence politique dans les affaires des fédérations nationales. Une telle situation expose le Gabon à des sanctions, pouvant aller jusqu’à une suspension de ses activités internationales.
Un risque de sanction en toile de fond
La mission en cours vise précisément à éviter une escalade. En envoyant des représentants à Libreville, la FIFA et la CAF cherchent à établir un diagnostic partagé et à proposer une sortie de crise acceptable pour toutes les parties.
L’enjeu est double : garantir la transparence et la crédibilité du processus électoral, tout en préservant l’autonomie de la fédération vis-à-vis du pouvoir politique.
Vers une normalisation du processus électoral ?
Les conclusions de cette mission pourraient déboucher sur un réaménagement du calendrier électoral, voire sur des recommandations structurelles concernant la gouvernance de la Fegafoot.
Dans un contexte où plusieurs fédérations africaines ont déjà été sanctionnées pour des situations similaires, Libreville joue désormais contre la montre pour éviter une mise à l’écart de la scène footballistique internationale.













1 Commentaire
La CAF et la FIFA ont trop longtemps agi comme si le football africain leur appartenait. Leur attitude face aux crises majeures du continent témoigne d’un mépris évident pour les réalités africaines et la souveraineté des États.
Le différend entre le Sénégal et le Maroc lors de la CAN 2005 demeure un symbole de décisions opaques et jamais assumées. Plus grave encore, leur silence prolongé face aux scandales de pédophilie touchant le football gabonais reste une blessure ouverte.
Pendant des années, aucune action concrète n’a été entreprise pour protéger les jeunes joueurs. Pourtant, dès que le Gabon décide de suspendre le processus électoral au sein de sa fédération nationale, ces mêmes organisations se mobilisent soudainement. Cette réaction sélective soulève une question simple : où étaient-elles lorsque la jeunesse gabonaise avait besoin d’être protégée ?
Ce comportement donne l’impression que la priorité de la CAF et de la FIFA n’est pas la justice, ni la sécurité des joueurs, mais la préservation d’un système mis en cause.
Leur attitude ressemble à une tentative d’imposer une autorité supranationale que rien ne leur confère. Or, le choix des dirigeants d’une fédération sportive relève exclusivement du peuple concerné. La souveraineté n’est pas négociable.
Avant de prétendre dicter leur conduite aux nations africaines, la CAF et la FIFA devraient commencer par régler leurs propres manquements : les litiges non résolus, les décisions arbitrales contestées, et les injustices répétées subies par les équipes d’Afrique noire sur la scène internationale.
Si ces organisations persistent à ignorer les préoccupations légitimes des pays africains, il devient nécessaire d’envisager une voie nouvelle. Beaucoup estiment qu’il est temps que les nations africaines réfléchissent à la création d’une structure indépendante, capable de défendre réellement les intérêts du football du continent et de protéger ses joueurs.