Sylvia et Noureddin Bongo évoquent «une caricature d’instrumentalisation politique de la justice» après leur condamnation
Trois jours après leur condamnation par la Cour criminelle spécialisée, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin ont publié un communiqué ce jeudi 13 novembre 2025 dans lequel ils dénoncent les conditions du procès et annoncent leur intention de porter l’affaire devant les juridictions africaines des droits de l’Homme. L’épouse et le fils aîné d’Ali Bongo, qui ont boycotté le procès, dénoncent notamment des atteintes au droit de la défense.

Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin contestent leur condamnation au Gabon. © D.R.
Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin ont été condamnés lundi à 20 ans de réclusion criminelle, ainsi qu’à de fortes amendes au terme de leur procès auquel ils n’ont pas pris part. N’empêche, l’épouse et le fils aîné du président déchu Ali Bongo ont tenu, ce jeudi, à «exprimer [leur] préoccupation quant aux conditions et au contexte dans lesquels cette décision a été rendue», même s’ils disent ne pas vraiment être surpris de ce verdict.
Dans un communiqué, le fils et sa mère dénoncent de graves irrégularités de procédure, notamment l’impossibilité de communiquer avec leur avocat durant près de deux ans. «Un procès équitable commence par le droit de communiquer librement avec son avocat. Pendant près de deux ans, nous n’avons jamais pu recevoir notre avocat à la prison centrale de Libreville ni dans le sous-sol de la présidence de la République où nous avons été retenus en captivité», affirment-ils, contestant également la légitimité des poursuites engagées contre eux.
Sylvia Bongo rappelle qu’elle n’a jamais exercé de fonctions étatiques. Elle ne pouvait donc pas être poursuivie dans les termes de la prévention, déduit-elle. Quant à Noureddin Bongo Valentin, il précise qu’il a été Coordinateur des affaires présidentielles pendant 18 mois et ne gérait aucun budget.
Des sanctions jugées incohérentes
En outre, les deux coaccusés fustigent les condamnations pécuniaires prononcées à leur encontre, qu’ils jugent déconnectées de la réalité. Celles-ci, dénoncent-ils, «ne reflètent aucune réalité». Et de s’interroger : «Que dire des sociétés et des biens inscrits dans ce jugement qui ne nous appartiennent pas ?»
Ils qualifient le procès de «caricature d’instrumentalisation politique de la justice», dénonçant l’absence de pièces, de cohérence et de fil directeur.
Appel aux juridictions africaines après un pourvoi ignoré
Autre point de contestation énoncé dans leur communiqué : le traitement du pourvoi en cassation. Lors de sa dernière conférence de presse, le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Dr Eddy Minang, avait assuré que les avocats de l’ex-première dame et de son fils n’ont posé aucun acte juridique avant l’ouverture du procès. Les principaux concernés s’offusquent. «Quand le ministère public nie l’existence d’un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Chambre d’accusation spécialisée, c’est nous dénier notre droit à se faire entendre par cette autre juridiction, pourtant prévu par la loi», écrivent-ils avant d’exiger que le dossier soit transmis à la Cour de cassation «sans délai».
Face à ce qu’ils considèrent comme une injustice, Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin annoncent leur intention de saisir la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples, puis la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples. Ils rejettent «catégoriquement toute implication dans les faits qui sont mis à [leur] charge» et appellent à la transparence : «Nous demandons au ministère public de mettre à la disposition des Gabonais l’entier dossier de 2 188 pages afin que le peuple gabonais puisse en juger de lui-même.»
















1 Commentaire
Oui,vous avez RAISON POUR SOUMETTRE CETTE SITUATION AUX TRIBUNAUX INTERNATIONAUX, IL FAUT AUSSI LE DOSSIER POUR LA CPI,ET CIJ.