Le 12 août à Libreville, quatre personnes ont été interpellées en possession d’un bébé chimpanzé qu’elles tentaient de vendre illégalement; l’animal, âgé d’environ neuf mois, a été transféré au parc de la Lékédi.

Le bébé chimpanzé arraché aux mains de trafiquants. © D.R.

 

Le 12 août, dans un quartier de Libreville, l’administration des Eaux et Forêts et la Police judiciaire, appuyées par l’ONG Conservation Justice (CJ), ont arrêté quatre personnes en possession d’un bébé chimpanzé qu’elles tentaient de vendre illégalement. Parmi les mis en cause figurent deux femmes, âgées de 31 et 51 ans. L’animal, âgé d’environ neuf mois, appartient à une espèce intégralement protégée au Gabon.

Selon les premières constatations, il ne s’agirait pas du premier acte de trafic impliquant l’un des indélicats avec ce chimpanzé : l’animal aurait déjà été cédé dans le passé contre la somme de 350 000 francs CFA. Conformément à l’article 92 du Code forestier, la détention d’espèces intégralement protégées est interdite.

Les personnes interpellées ont été auditionnées le jour même, et le principal suspect est placé en garde à vue. Les auteurs s’exposent à des poursuites prévues par la législation gabonaise. En application des articles 92 et 199 du Code forestier et du décret n°163, ils encourent notamment, selon l’article 275, un emprisonnement de trois à six mois et une amende comprise entre 10 000 et 10 000 000 francs CFA, ou l’une de ces deux peines.

La question des des risques sanitaires

Outre l’illégalité de la détention et du commerce, la manipulation d’animaux sauvages comporte des risques sanitaires. Des zoonoses graves  comme Ebola peuvent être transmises de l’animal à l’homme, rappelle le contexte actuel en République démocratique du Congo (RDC). Ces dangers rendent la garde illégale de primates particulièrement préoccupante pour la santé publique.

Grâce à l’appui de l’association Gabon Untouched, le bébé chimpanzé a été transféré au parc de la Lékédi, géré par la Fondation Lékédi Biodiversité et membre du Pan African Sanctuary Alliance (PASA). Le directeur du parc, Eric Willaume, souligne le danger sanitaire et les risques pour les particuliers. « Les chimpanzés sont des espèces intégralement protégées et peuvent transmettre des maladies contagieuses et dangereuses pour les êtres humains, notamment l’hépatite, la tuberculose, Ebola, la variole du singe (Mpox) et bien d’autres », dit-il . « Garder des primates en captivité finit toujours mal pour le particulier (blessures, infection, agressivité et force des primates) », insiste-t-il. 

Au Gabon, des sanctuaires comme la Lékédi jouent un rôle essentiel pour l’accueil et la prise en charge des animaux sauvages victimes du trafic. Toute personne détenant un animal intégralement protégé est invitée à le remettre volontairement à l’administration des Eaux et Forêts afin d’éviter des poursuites judiciaires.

 
GR
 

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