Un projet de wagon médicalisé filant entre Franceville et Libreville pour les évacuations sanitaires, et plus de 200 millions d’euros frais débloqués : le Transgabonais est en train de changer d’époque. Réunis ce vendredi à Libreville, l’Agence française de développement, l’Union européenne et la Setrag ont dressé le bilan d’un programme de réhabilitation lancé en 2016 et déjà exécuté à 80 %. Dans le sillage de la visite d’Emmanuel Macron au Gabon en novembre 2025, un prêt de 173 millions d’euros assorti d’une subvention européenne de 30 millions doit désormais boucler les chantiers en retard, moderniser le réseau et financer une nouvelle rame voyageurs.

Setrag est ses partenaires ont évalué l’avancement du programme de remise à niveau du Transgabonais, le 22 mai 2026 à Owendo. © GabonReview

 

L’Agence française de développement (AFD), en partenariat avec l’Union européenne et la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), a organisé ce vendredi 22 mai, un atelier consacré à l’analyse du financement du programme de réhabilitation du chemin de fer gabonais. Lancé en 2016, ce vaste chantier vise à doter le Gabon d’une infrastructure ferroviaire plus sûre, fiable et performante, afin de favoriser le désenclavement des provinces et soutenir le développement économique national. Le projet porte notamment sur la sécurisation de la voie ferrée, la réhabilitation d’ouvrages endommagés ainsi que le renforcement global des infrastructures du Transgabonais.

Un moment des échanges. © GabonReview

Pour le directeur général de la Setrag, Christian Magni, cette rencontre avait pour objectif de dresser un état des lieux précis des réalisations engagées depuis le lancement du programme. «Il s’agissait aujourd’hui de faire un point d’étape de ce financement, à la fois sur les réalisations physiques des actions, notamment les différents projets qui avaient été initiés, le point financier et aussi regarder ensemble les contraintes qui ont empêché certains projets d’aboutir», a-t-il expliqué.

Selon lui, près de 80 % des projets engagés ont déjà été réceptionnés. Les discussions ont ainsi principalement porté sur les 20 % restants, confrontés à des retards d’exécution nécessitant une analyse approfondie afin d’envisager les prochaines étapes du programme. L’AFD accompagne l’État gabonais à travers un premier financement accordé en 2016, toujours en cours d’exécution, d’un montant de 93 millions d’euros destiné aux travaux les plus urgents de réhabilitation du Transgabonais.

Face à l’ampleur des besoins, de nouveaux financements ont été mobilisés à la suite de la visite du président français Emmanuel Macron au Gabon en novembre 2025. «Les besoins étant encore très importants, l’AFD, avec l’Union Européenne, ont octroyé deux autres financements signés l’an dernier par les autorités», a indiqué Adam Ayache, responsable d’équipe projet AFD.

Un prêt supplémentaire de 173 millions d’euros et une subvention de 30 millions d’euros

Ces nouveaux appuis comprennent un prêt supplémentaire de 173 millions d’euros ainsi qu’une subvention de 30 millions d’euros de l’Union européenne, déléguée à l’AFD. Ce financement doit permettre de poursuivre les travaux de modernisation du réseau ferroviaire mais aussi d’acquérir une nouvelle rame voyageurs destinée à améliorer la qualité de service de la Setrag. La future rame intégrera notamment un wagon médicalisé destiné aux évacuations sanitaires entre Franceville et Libreville en cas d’urgence.

Au-delà des infrastructures, le projet entend également renforcer les impacts sociaux et économiques le long du corridor ferroviaire. «Le projet met l’accent sur l’infrastructure, mais aussi essaie de valoriser et d’augmenter les impacts sociaux», a souligné Adam Ayache.

Du côté de l’Union européenne, cette opération est présentée comme emblématique de la stratégie européenne «Global Gateway», destinée à soutenir des investissements structurants dans les infrastructures à travers des partenariats avec les États et les institutions financières.

À travers cet atelier, le ministère gabonais des Transports a également voulu s’assurer de la conformité des travaux réalisés avec les engagements pris dans le cadre des financements accordés par les partenaires techniques et financiers.

 
GR
 

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