Pour davantage dynamiser la politique aérienne du Gabon, le gouvernement a fait la publication, le 19 juin 2026, de deux arrêtés d’envergure dans le Journal officiel. Au cœur de ces annonces, figure l’instauration d’une redevance API/PNR de 30 dollars (17231 FCFA) par passager sur les vols internationaux, à l’arrivée comme au départ, ainsi que la révision à la hausse de la redevance de sûreté aéroportuaire. Présentée comme un élément de modernisation, cette mesure alourdit mécaniquement le coût du transport aérien, dans un pays où celui-ci figure déjà parmi les plus élevés de la sous-région. «La sécurité a un coût, et ce coût sera désormais partagé avec les voyageurs», avait résumé une source proche du dossier.

«La sécurité a un coût, et ce coût sera désormais partagé avec les voyageurs» (photo d’illustration). © D.R.

 

Le gouvernement gabonais a engagé une réforme de la fiscalité aéroportuaire qui se traduira par une hausse du coût des voyages internationaux. Publiés au Journal officiel du 19 juin 2026, deux arrêtés signés, le 10 juin, ont institué une nouvelle redevance API/PNR de 30 dollars américains (près de 18 000 francs CFA) par passager sur les vols commerciaux internationaux, à l’arrivée comme au départ, tout en révisant à la hausse la redevance de sûreté aéroportuaire. Désormais intégrée au prix du billet et perçue directement par les compagnies aériennes lors de son émission, cette contribution participe de la stratégie de la modernisation du transport aérien au Gabon. 

Améliorer la lutte contre le terrorisme, le trafic de stupéfiants, la fraude documentaire

Au cœur de cette réforme figure, en effet, le financement du système Advance Passenger Information/Passenger Name Record (API/PNR), développé dans le cadre de la convention signée, le 21 mai dernier, entre l’État gabonais et la société américaine Securiport LLC. Ce dispositif permet la collecte et l’analyse anticipées des données des passagers avant leur arrivée ou leur départ, conformément aux recommandations de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). 

Selon le ministère des Transports, cette plateforme doit améliorer la lutte contre le terrorisme, le trafic de stupéfiants, la fraude documentaire et les autres formes de criminalité transfrontalière. «Cette redevance vise exclusivement à financer la modernisation du contrôle aux frontières grâce au déploiement du système API/PNR», avait précisé le ministre d’État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, dans un communiqué publié le 7 juillet. Il indiquait, de ce fait, qu’il s’agit d’un financement dédié aux investissements, à l’exploitation et à la maintenance de cette technologie.

Préserver la compétitivité du transport aérien tout en poursuivant les investissements

Cette décision, outre l’enjeu sécuritaire, soulève toutefois d’importantes interrogations économiques. La nouvelle redevance s’ajoute à l’augmentation de la redevance de sûreté, dont le tarif domestique passe de 3 000 à 7 000 francs CFA. Ce qui alourdit encore la facture des voyageurs. Pour un aller-retour international, le surcoût lié à la seule redevance API/PNR atteint environ 60 dollars, soit près de 36 000 FCFA, avant même l’application des autres taxes et frais aéroportuaires. Dans un contexte où le transport aérien en Afrique centrale figure déjà parmi les plus coûteux au monde, plusieurs acteurs du secteur redoutent une perte de compétitivité. Ce qui implique que les responsables de FlyGabon avaient notamment alerté les pouvoirs publics sur le risque qu’une accumulation de prélèvements compromette l’attractivité de la jeune compagnie nationale, mais aussi celle du Gabon auprès des investisseurs, des touristes et des voyageurs d’affaires.

Conscient de ces préoccupations, le gouvernement a affirmé vouloir trouver un équilibre entre impératifs de sécurité et compétitivité économique. Pour le ministère des Transports, la nouvelle contribution ne concerne que les vols internationaux. Ce département avait également annoncé la création d’un groupe de travail interministériel chargé d’identifier les taxes jugées sans valeur ajoutée afin d’alléger la pression fiscale sur le secteur. «L’objectif est de préserver la compétitivité du transport aérien tout en poursuivant les investissements nécessaires à la modernisation des infrastructures de sûreté», assurait le département ministériel. 

 
GR
 

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