La Compagnie nationale de transport (CNT) s’apprête à entrer en activité au Gabon. Issue de la fusion-absorption de Trans’Urb et de Sogatra, la nouvelle entité publique lancera dans un premier temps sept lignes interurbaines et huit lignes urbaines, avec une offre pensée pour faciliter la mobilité des populations. Le point d’étape présenté mardi 11 août 2026 au vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, fait état d’un dispositif quasiment prêt, avec notamment des tarifs sociaux, des passes dédiés aux élèves et aux retraités ainsi qu’une connexion Wi-Fi à bord des bus.

Quelques-uns des bus de la CNT avant leur déploiement. © D.R.

 

Présidée par le vice-président du gouvernement, la séance de travail consacrée à la CNT a permis de faire le point sur les derniers préparatifs avant le démarrage effectif des activités de la nouvelle compagnie.

Le ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande, chargé de la Logistique, Ulrich Monfumbi, a présenté l’état d’avancement du projet, en détaillant notamment le réseau initial, les modalités d’accès au service et les moyens roulants disponibles.

« Nous allons commencer avec sept lignes en interurbain et huit lignes en urbain », a indiqué le membre du gouvernement. Selon lui, les préparatifs sont désormais suffisamment avancés pour envisager le lancement prochain de la CNT.

« Nous sommes quasiment prêts à lancer cette nouvelle Compagnie nationale de transport », a-t-il assuré.

Des passes à tarifs accessibles

Au-delà du nombre de lignes, le gouvernement entend faire de l’accessibilité tarifaire l’un des principaux leviers de la nouvelle offre de transport.

À Libreville, 14 sites ont été retenus pour permettre aux usagers de s’enrôler et d’acquérir leur pass. Celui-ci sera vendu à 1 000 francs CFA, avant d’être rechargeable selon la catégorie choisie par l’usager.

Le dispositif prévoit notamment un « Pass Elève » proposé à 5 000 francs CFA, tandis que le « Pass Social », destiné aux Gabonais économiquement faibles et aux retraités, coûtera 3 000 francs CFA.

« Une fois que vous disposez de votre Pass, vous serez libre de pouvoir le recharger à hauteur de la catégorie », a expliqué Ulrich Monfumbi.

Une formule qui vise notamment à rendre le transport collectif plus abordable pour les catégories les plus dépendantes de ce mode de déplacement.

Des bus plus capacitaires et connectés

La CNT disposera, à ce stade, d’une flotte diversifiée. Elle compte 100 bus de 66 places assises et 12 places debout, auxquels s’ajoutent 25 bus de 28 places assises.

À cette flotte dédiée au transport de voyageurs viennent également s’ajouter 12 camions-citernes et cinq camions semi-remorques, destinés aux autres besoins logistiques de la compagnie.

Autre particularité mise en avant par le ministre d’État : la connectivité à bord. « Tous les bus seront équipés d’un Wi-Fi pouvant permettre aux passagers non seulement d’être placés dans des conditions optimales de confort, mais de disposer d’une connexion internet, quel que soit le trajet », a-t-il assuré.

La CNT entend ainsi associer capacité de transport, accessibilité financière et commodités, dans un secteur où les attentes des usagers demeurent particulièrement fortes.

Une couverture urbaine et interurbaine

Née de la fusion-absorption de Trans’Urb et Sogatra, la CNT a vocation à rationaliser l’offre publique de transport et à répondre aux besoins de mobilité sur plusieurs segments.

Son périmètre couvre ainsi les transports urbains, interurbains et périurbains, avec un démarrage articulé autour de 15 lignes.

Cette couverture doit permettre à la nouvelle compagnie de s’inscrire dans une logique de réseau, plutôt que de limiter son action au seul transport dans l’agglomération de Libreville.

Une réponse aux attentes des Gabonais

Au cours de la séance de travail, Hermann Immongault a replacé la création de la CNT dans la vision portée par le président de la République en matière de transport.

« La CNT découle d’une volonté du chef de l’État, une ambition de répondre un peu plus efficacement aux attentes des Gabonais en ce qui concerne le transport, d’où la décision de la création de cette CNT », a rappelé le vice-président du gouvernement.

À l’issue de cette réunion, les autorités ont ainsi appelé à accélérer les derniers préparatifs. Avec une flotte déjà constituée, un premier réseau de lignes défini, des modalités d’accès arrêtées et des tarifs différenciés selon les catégories d’usagers, la CNT apparaît désormais à quelques étapes de son entrée en service.

L’enjeu sera désormais de transformer ce dispositif opérationnel en une offre de transport régulière, accessible et suffisamment étendue pour répondre aux besoins de mobilité des populations dans les zones urbaines, périurbaines et interurbaines.

 

 
GR
 

3 Commentaires

  1. Gayo dit :

    J’espère que ce ne sera pas, une fois de plus, l’une des structures étatiques contrôlées par quelques familles ou réseaux proches du pouvoir altogoveen comme cela a été le cas ces dernières années, et qui finira par faire faillite dans ce pays des éternels recommencements.

    Pourquoi nos sociétés nationales de transport doivent-elles systématiquement suivre le même cycle : création à grands frais, acquisition d’un parc de bus, absence de renouvellement et d’entretien suffisants, dégradation progressive, faillite, puis création d’une nouvelle société que l’État, déjà appauvri, doit encore financer à coups de milliards ?

    Pendant ce temps, les besoins non satisfaits sont immenses dans d’autres secteurs, et une part croissante de la population gabonaise s’appauvrit. Même parmi les fonctionnaires de catégorie A, qui devraient normalement représenter une part importante de la classe moyenne, beaucoup éprouvent désormais de grandes difficultés à maintenir un niveau de vie décent.

    Le Gabon ne peut pas continuer éternellement à payer pour recommencer ce qu’il a déjà payé hier. La vraie question devrait être celle de la gouvernance, de l’entretien des investissements publics, de la transparence, de la responsabilité des gestionnaires et, surtout, de la continuité des institutions.

    La véritable question est désormais celle de la transparence des recettes. Quels mécanismes concrets garantissent aujourd’hui que l’argent payé par les usagers sera intégralement versé sur les comptes de la CNT ?

    Cette société a été créée et équipée avec l’argent public. Il faut donc empêcher qu’une partie des recettes soit captée à la source par certains agents, mais aussi empêcher que ce qui entre effectivement dans les comptes soit ensuite détourné de sa vocation par une mauvaise gestion au sommet.

    La billetterie électronique peut réduire considérablement les manipulations d’espèces par les chauffeurs et les receveurs. Mais cela ne règle que la première partie du problème. Qui contrôle ensuite l’argent une fois qu’il est dans les comptes ? Qui vérifie les dépenses ? Qui vérifie que les sommes destinées à la maintenance sont effectivement consacrées à celle-ci ?

    Il devrait être possible de connaître périodiquement le nombre de passagers transportés, les recettes encaissées, les dépenses d’exploitation, les dépenses de maintenance, le nombre de véhicules opérationnels et immobilisés, ainsi que les sommes provisionnées pour le renouvellement du parc.

    Sinon, nous risquons de reproduire exactement le même cycle : l’État achète des centaines de bus avec l’argent du contribuable, le parc se dégrade progressivement, les recettes disparaissent dans une gestion opaque, la société devient incapable d’entretenir ou de remplacer ses véhicules, puis quelques années plus tard on annonce une nouvelle restructuration et le contribuable paie une deuxième fois pour reconstruire ce qu’il avait déjà financé

    • Gayo dit :

      La restauration des institutions ne peut pas consister uniquement à remplacer les logos, les dirigeants et les autobus. Elle doit restaurer les règles et les valeurs.

      La CNT ne doit pas devenir une nouvelle structure dans laquelle les mêmes personnes qui encaissent l’argent sont aussi celles qui déclarent combien elles ont encaissé et qui expliquent ensuite où cet argent est passé.

      Toutes les recettes devraient être traçables électroniquement, versées directement dans un compte contrôlé par le Trésor et rapprochées automatiquement du nombre de titres vendus et de voyages effectués. Aucun responsable de la CNT ne devrait pouvoir effacer, modifier ou dissimuler une transaction.

      Et lorsqu’un trou apparaît, il ne doit plus être considéré comme une fatalité africaine que le contribuable viendra combler quelques années plus tard. On identifie la responsabilité, on sanctionne lorsqu’une faute est établie et, lorsque la loi le permet, le responsable répond personnellement et pécuniairement de sa gestion.

      Car restaurer les institutions, c’est d’abord restaurer une valeur élémentaire : l’argent public n’appartient ni au chauffeur, ni au directeur, ni au ministre, ni au président. Il appartient à la collectivité.

      • Gayo dit :

        Je recommande au gouvernement de créer une autorité autonome chargée du contrôle des recettes et des prestations des structures publiques. Il ne faut plus que les mêmes agents soient à la fois chargés de vendre, d’encaisser et de contrôler. Dans les transports, les péages, les hôpitaux et d’autres services publics, une structure indépendante devrait assurer la traçabilité des paiements, contrôler régulièrement les recettes, les billets, les prestations et les stocks, et signaler immédiatement tout écart.

        Dans les hôpitaux, par exemple, certains peuvent penser bien faire en donnant discrètement des médicaments publics à leurs proches. Mais lorsqu’une minorité se sert ainsi, c’est la majorité qui finit par payer le prix des ruptures de stock et du manque de moyens. Ce qui appartient à l’État n’appartient pas à celui qui en a la garde momentanément.

        La restauration des institutions doit donc aussi être une restauration des valeurs, de la responsabilité et de la reddition de comptes. Une institution sérieuse ne doit pas seulement compter sur l’honnêteté des individus : elle doit être organisée de façon à rendre les abus difficiles à commettre, détectables et sanctionnables.

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