Transports : fin de la gratuité, la CNT prend le relais de Sogatra et Transurb avec 149 véhicules
149 véhicules, deux compagnies fusionnées, et la fin de la gratuité des transports : la mobilité au Gabon change de visage. Réuni en Conseil des ministres délocalisé le 18 septembre à Port-Gentil, le gouvernement a pris acte du lancement opérationnel de la Compagnie nationale de transport (CNT) et adopté le projet de loi qui l’institue. Issue de la fusion-absorption simplifiée de la Sogatra et de Transurb, cette réforme, portée par le ministère d’État aux Transports dirigé par Ulrich Manfoumbi, consacre la naissance d’un opérateur public unique.

La CNT a vocation à assurer, sur l’ensemble du territoire, le transport urbain et interurbain de personnes et de marchandises… © D.R.
Dans le cadre du Conseil des ministres du 18 septembre, à Port-Gentil, sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’Exécutif a pris acte de la communication du ministre d’État, chargé des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, relative au lancement opérationnel de la Compagnie nationale de transport (CNT). Cette nouvelle entité est issue de la fusion-absorption simplifiée de la Société gabonaise de transport (Sogatra) et de Transurb, avec l’ambition de réunir leurs moyens humains, matériels et financiers au sein d’un opérateur public unique.
«Optimiser la gestion des ressources», «améliorer la qualité des transports urbains et interurbains»
Selon le communiqué final, la réforme vise à «optimiser la gestion des ressources », « améliorer la qualité des transports urbains et interurbains», étendre la couverture nationale et garantir la viabilité financière du service public grâce à «une gouvernance unifiée et transparente». La CNT est par ailleurs créée et organisée dans le respect des règles de l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (Ohada), applicables aux sociétés commerciales.
Le gouvernement indique que le dispositif démarrera avec un parc de 149 véhicules, comprenant 100 autobus Eicher, 25 autobus SML, 6 Coaster, 12 camions-citernes, 5 camions semi-remorques et 1 camion Canter. Le lancement se fera en deux temps. La première phase sera consacrée au transport interurbain, avec des liaisons au départ de Libreville vers notamment Lambaréné, Mouila, Lébamba, Tchibanga, Makokou, Oyem et Bitam.
Cette transformation s’accompagnera du maintien intégral des emplois
La seconde phase concernera le transport urbain dans le Grand Libreville, avec neuf lignes, 20 points de vente de titres de transport et 300 points d’arrêt à aménager. Cette transformation s’accompagnera du maintien intégral des emplois et de la reprise des contrats de travail, tandis que la gratuité actuellement appliquée dans les transports publics prendra fin. Une nouvelle grille tarifaire sera progressivement déployée, avec des formules «Pass social», «Élève», «Étudiant», «Urbain» et «Famille», ainsi que des tickets à usage unique ou journaliers. Les tarifs interurbains seront, eux, modulés selon les distances.
En parallèle du lancement opérationnel, le Conseil des ministres a examiné et adopté le projet de loi portant création, attributions et organisation de la CNT. Pris en application de l’article 94 de la Constitution et de l’article 37 de la loi n°020/2005 du 3 janvier 2006, ce texte donne à la nouvelle compagnie le statut de société d’État placée sous la tutelle technique du ministère chargé des Transports. Elle aura donc vocation à assurer, sur l’ensemble du territoire, le transport urbain et interurbain de personnes et de marchandises, mais également la gestion des gares routières et pôles d’échanges multimodaux, la location de matériels de transport et la formation professionnelle aux métiers du secteur.
Faire de la CNT un opérateur public unifié, moderne et financièrement viable
La CNT bénéficiera en outre d’un «droit privilégié et prioritaire» sur l’exploitation des lignes déclarées d’intérêt général. Sa gouvernance reposera sur trois organes à savoir un Conseil d’administration, une Direction générale et une Agence comptable. À cette architecture s’ajoute une stratégie de digitalisation fondée sur la dématérialisation des paiements et le suivi en temps réel des véhicules grâce à «Gabon Mobilités», avec pour perspective affichée de faire de la CNT un opérateur public unifié, moderne et financièrement viable.
















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