En réglementant l’accès, l’exploitation, la recherche et la commercialisation de l’Iboga, de ses dérivés et des savoirs traditionnels associés, le décret n°0239/PR/MJSRCAVA, signé le 22 mai 2026, hisse le Gabon au rang des pays les plus avancés en matière de protection juridique des ressources biologiques et de la biodiversité. Salué comme un « acte de souveraineté » et une « vision d’avenir » par l’ONG Blessings Of The Forest (BOTF), ce texte ouvre la voie à une filière nationale légale et certifiée, respectueuse des communautés détentrices du Bois Sacré. Dans la tribune qui suit, Yann Guignon, président de BOTF-Gabon, salue l’impulsion donnée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema et appelle à la tenue d’Assises nationales de l’Iboga, condition d’une gouvernance équilibrée et d’une mise en œuvre effective des orientations fixées.

Le décret n°0239/PR/MJSRCAVA du 22 mai 2026 consacre la souveraineté du Gabon sur l’Iboga, ses dérivés et les savoirs traditionnels associés. © GabonReview (illustration)

 

Yann Guignon est un consultant franco-gabonais, spécialiste de la médiation interculturelle et du développement durable, particulièrement en Afrique subsaharienne et au Gabon. Il est le fondateur et président de l’ONG Blessings Of The Forest (BOTF), une organisation internationale dédiée à la conservation et à la promotion durable du patrimoine naturel et culturel des peuples autochtones du Gabon, notamment autour de la plante sacrée Iboga. © D.R.

L’adoption du décret n°0239/PR/MJSRCAVA du 22 mai 2026 règlementant l’accès, l’utilisation, l’exploitation, la recherche, la transformation et la commercialisation de l’Iboga, de ses dérivés et des savoirs traditionnels associés constitue une avancée historique pour la République Gabonaise.

À travers ce texte ambitieux, le Gabon franchit une étape majeure dans la protection et la valorisation de l’un des éléments les plus précieux de son patrimoine culturel, spirituel et naturel.

L’organisation Blessings Of The Forest (BOTF) tient à exprimer sa profonde reconnaissance à Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, pour avoir porté et validé cette orientation stratégique majeure.

En adoptant ce décret, le Chef de l’État envoie un signal fort : celui d’un Gabon déterminé à défendre ses ressources, ses savoirs traditionnels et ses intérêts stratégiques dans un contexte international où les enjeux scientifiques, économiques et industriels liés à l’Iboga prennent une ampleur considérable.

Le Gouvernement gabonais et les différents ministères ayant contribué à l’élaboration de ce texte doivent également être félicités pour leur engagement sur un dossier complexe, sensible et stratégique.

BOTF souhaite également saluer le travail remarquable réalisé par le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), sous l’impulsion de son Président, Guy Bertrand Mapangou.

Les nombreuses auditions et consultations conduites ces derniers mois ont permis de faire émerger une vision structurée, moderne et juridiquement solide, intégrant les enjeux liés à la souveraineté, au partage des avantages, à la protection des savoirs traditionnels et à la valorisation durable de la filière Iboga, notamment grâce aux contributions de la société civile traditionaliste et scientifique gabonaise dans toute sa diversité, incluant des représentants des communautés autochtones, ainsi que différentes traditions, rites et branches de la médecine traditionnelle liés à l’Iboga.

Les ONG Blessings Of The Forest (BOTF) et l’Association Culturelle Maghanga Ma Nzambé sont particulièrement fières d’avoir été consultées dans le cadre des auditions conduites par le CESEC sur cette question stratégique majeure pour l’avenir du Gabon.

Ce décret positionne désormais le Gabon parmi les pays les plus avancés au monde en matière de protection juridique des ressources biologiques, des savoirs traditionnels associés et des dérivés issus de la biodiversité.

Plusieurs dispositions innovantes méritent d’être soulignées :

* la reconnaissance des métabolites, dérivés, analogues et nouvelles entités chimiques liées à l’Iboga ;

* la prise en compte des enjeux internationaux liés aux brevets et au partage des avantages ;

* la reconnaissance du rôle des communautés autochtones et locales ;

* la création d’un mécanisme d’accréditation et d’encadrement des activités liées à l’Iboga ;

* l’ouverture d’une filière légale et certifiée permettant au Gabon de mieux structurer son développement économique.

Dans un contexte mondial marqué par l’accélération des recherches sur l’ibogaïne et ses dérivés dans les domaines des addictions, de la santé mentale et des neurosciences, ce décret constitue un acte de souveraineté, mais également une vision d’avenir.

Il ouvre la voie à une approche plus équilibrée, respectueuse des communautés, des traditions et des intérêts nationaux, tout en permettant au Gabon de participer pleinement aux dynamiques scientifiques et économiques internationales.

BOTF estime également qu’il serait désormais pertinent d’organiser des Assises Nationales de l’Iboga, réunissant l’ensemble des parties prenantes, des autorités compétentes, des représentants des communautés traditionnelles, des chercheurs, des acteurs économiques et de la société civile, afin de travailler collectivement à la mise en œuvre effective des orientations fixées par le décret.

Un travail considérable reste encore à accomplir pour assurer l’application concrète du texte, structurer durablement la filière et garantir une gouvernance équilibrée, efficace et bénéfique pour le Gabon et ses populations.

La société civile gabonaise, dans toute sa diversité, se tient aux côtés de l’État gabonais afin d’accompagner la bonne implémentation de la vision portée par le Chef de l’État en matière de protection, de valorisation et de souveraineté autour de l’Iboga.

BOTF forme également le vœu que cette nouvelle étape permette le développement de partenariats internationaux sérieux, respectueux et équilibrés. Les communautés de la médecine traditionnelle et des rites ancestraux liés au Bois Sacré du Gabon ne sont pas plus fermées au dialogue que les autorités nationales face à l’émergence internationale des applications thérapeutiques de l’Iboga, connues et pratiquées dans notre pays depuis des générations. Bien au contraire. Mais cette fois, l’histoire devra s’écrire avec les gardiens de ce patrimoine sacré, dans le respect des réalités culturelles et spirituelles qui entourent cette plante depuis la nuit des temps immémoriaux.

Comme le dit un proverbe africain : « Quand on veut aller vite, on marche seul. Quand on veut aller loin, on marche ensemble. »

BOTF forme le vœu que cette avancée historique permette désormais :

* de renforcer la conservation de l’Iboga ;

* d’encourager la création de plantations durables ;

* de protéger les détenteurs des savoirs traditionnels ;

* de favoriser une recherche scientifique éthique et équilibrée ;

* et de construire une filière nationale forte, crédible et bénéfique pour les populations gabonaises comme pour l’humanité toute entière.

L’Iboga est bien plus qu’une plante, et l’ibogaïne ne saurait être totalement dissociée des savoirs, des traditions et de l’écosystème dont elle est issue. Ce patrimoine national est une part profonde de l’identité culturelle et spirituelle du Gabon, mais également une opportunité stratégique majeure pour les générations futures.

Le Gabon vient d’envoyer un message clair au monde : son patrimoine ne sera plus ignoré.

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Yann Guignon

Président de Blessings Of The Forest – Gabon (BOTF)

Consultant en Médiation interculturelle et Développement Durable

 

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