UDB : Anicet Engo évincé par le Président à six semaines du congrès
Trois jours après avoir animé et supervisé un grand rassemblement des jeunes militants de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), Anicet Engo perd la présidence de leur organisation. Selon des sources internes au parti, Brice Clotaire Oligui Nguema a décidé, ce mardi 20 octobre 2026, de le démettre de ses fonctions. Steeve Davin Mouguiama assurera la relève jusqu’au prochain congrès. Une décision dont les motivations officielles restent inconnues.

Anicet Engo, évincé de la présidence de la Ligue des jeunes de l’UDB, cède la place à son vice-président, Steeve Davin Mouguiama (en chemise du parti, au centre), appelé à assurer la relève jusqu’au prochain congrès. © Union.sonapresse
Changement brutal à la tête de la Ligue des jeunes de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB). Anicet Engo n’en est plus le président. Selon des informations recueillies auprès de sources du parti présidentiel, Brice Clotaire Oligui Nguema, président fondateur de cette formation politique, a décidé de mettre fin à ses fonctions ce mardi 20 octobre.
La décision aurait été signifiée par courrier à la hiérarchie de l’UDB. Steeve Davin Mouguiama, jusqu’ici vice-président de la Ligue, est appelé à prendre les commandes de l’organisation jusqu’au congrès du parti, annoncé pour le 5 décembre prochain.
À ce stade, les motifs de cette éviction n’ont pas été officiellement communiqués. Mais son calendrier ne manque pas d’interroger.
Trois jours après une interpellation du président
Samedi 17 octobre, au siège de l’UDB à Akanda, Anicet Engo présidait un rassemblement réunissant les représentants de la Ligue des jeunes venus des neuf provinces du Gabon. Une rencontre marquée par l’expression de frustrations au sein de la jeunesse du parti.
Devant les militants, le désormais ancien président du Bureau national avait notamment évoqué le décalage entre les jeunes cadres ayant bénéficié de nominations et ceux de la base, qui s’estiment laissés de côté. «Nous ne devons pas nier ces sentiments de frustrations qui traversent notre Ligue. Mais nous ne pouvons pas laisser les déceptions d’hier décider de notre avenir», avait-il notamment déclaré.
La rencontre avait également donné lieu à une déclaration solennelle adressée à Brice Clotaire Oligui Nguema. Tout en saluant plusieurs initiatives gouvernementales en faveur de la jeunesse, les participants réclamaient une meilleure association des jeunes à la conduite des affaires publiques et davantage de réponses au chômage.
Le message était résumé par une formule : « Il ne suffit pas de construire le Gabon pour la jeunesse, il faut donner à la jeunesse les moyens de participer à sa construction. »
Une éviction qui soulève des questions
Faut-il voir dans cette prise de parole l’origine de la décision présidentielle ? La proximité des dates peut nourrir cette interrogation. Elle ne suffit toutefois pas à établir un lien de causalité entre les déclarations du 17 octobre et l’éviction annoncée trois jours plus tard.
D’autant qu’Anicet Engo n’avait pas appelé à une rupture avec la direction du parti. Son intervention associait reconnaissance des actions engagées, expression des mécontentements et appel à l’unité.
Une autre piste pourrait également éclairer cette éviction : celle d’un problème de discipline interne. Le samedi 17 octobre, jour du rassemblement organisé par Anicet Engo à Akanda, la Ligue des femmes de l’UDB tenait elle aussi ses activités « Marchés Roses », à Akanda et Owendo. Ces manifestations avaient été annoncées dès le début du mois dans les canaux du parti par Laurence Ndong, tandis que le rassemblement des jeunes n’aurait été annoncé que deux jours avant sa tenue. Certains, au sein du parti, y verraient un manquement à la discipline et à la coordination internes. Une hypothèse qui reste toutefois à confirmer.
Cette décision intervient, en tout cas, à moins de deux mois du premier congrès ordinaire de l’UDB, rendez-vous important pour la structuration du parti présidentiel. Steeve Davin Mouguiama hérite ainsi d’une Ligue traversée par des attentes que son prédécesseur venait précisément de porter sur la place publique.
Reste désormais à savoir si le départ d’Anicet Engo relève d’une réorganisation interne ou s’il traduit un désaccord plus profond sur la manière dont les jeunes du parti peuvent exprimer leurs revendications.
Une chose est certaine : trois jours après avoir fait entendre les frustrations de ses militants, Anicet Engo perd la direction de leur organisation. Les raisons de cette décision restent, elles, à éclaircir.
















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