Dire que, de notoriété publique, Ndaot Rembogo est un promoteur immobilier prospère. Dire qu’il est le président du CND, bras de l’État pour l’implémentation de la démocratie par la concertation permanente. Dire que ses ex-employés à Port-Gentil sont royalement snobés. Après un an de lutte vaine, les anciens agents de la défunte chaîne Top Bendjé continuent de réclamer le paiement de leurs droits. Face à une situation sociale intenable, ils envisagent désormais de porter l’affaire en justice.

Les déflatés de Top Bendjé exigent le paiement de leurs droits. © Gabonreview

 

Les anciens agents de la radio-télévision Top Bendjé sont montés au créneau, le 22 septembre, pour réclamer de la part du promoteur de cette chaîne privée, le paiement intégral de leurs droits sociaux. Ils exigent de Me Séraphin Ndaot Rembogo, le propriétaire, le paiement d’un an d’arriérés de salaire, le versement des cotisations sociales (CNSS, CNAMGS) et les congés dus à leur licenciement abusif. Un ensemble de revendications qui participerait à mettre fin à leur paupérisation.

Les porte-paroles des anciens de Top Bendjé. © Gabonreview

«Jusqu’à présent, le fondateur ne nous a pas payés. Il n’a jamais voulu répondre pour en discuter. Ça nous fait un an d’impayés aujourd’hui. Nous demandons à Me Séraphin Ndaot Rembogo, cet homme de la loi, de nous payer ce qui nous est dû », explique l’ex-directeur des programmes radio, Rodrigue Bouassa Bouassa.

Créée en 2007 pour la valorisation des activités de la famille Ndaot dans la province de l’Ogooué-Maritime, ce média privé a fait long feu et faillite avant de fermer ses portes, le 25 juillet 2022. « C’est en octobre de la même année qu’ils nous ont remis des reçus de fermeture, avec un bonus de 150.000 FCFA sans explications. Ils ne nous ont même pas délivré de certificats de travail, ce qui nous empêche de trouver un nouvel emploi », dénonce le porte-parole des anciens agents de Top Bendjé.

16 ans, 12 ans et 8 ans, c’est le nombre d’années qu’ont passé certains employés au service de l’information, de la sensibilisation et de l’éducation dans cette entreprise privée. Considérés comme des licenciés abusifs, ils avaient transmis leur dossier à l’inspection du travail grâce à l’appui de la Conférence syndicale du Gabon (Cosyga). En vain ! Car jusqu’à ce jour, aucune solution n’a été trouvée.

« Sa fille Isabelle Ekang, qui gérait la chaîne, n’a jamais voulu dialoguer avec le syndicat et l’inspection du travail. Elle a dit qu’elle n’est pas en charge de ce dossier, car elle ne se considère pas comme la patronne », précise Rodrigue Bouassa Bouassa. « Si rien n’est fait, l’affaire ira bientôt au tribunal !», ajoute-t-il.

Face à cette situation de précarité, les ex-agents de Top Bendjé n’arrivent plus à payer les loyers, à inscrire leurs enfants à l’école, à se nourrir et se soigner convenablement. La précarité s’aggrave de jour en jour et ils ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. « Nos loyers ne sont pas payés, nos enfants ne vont pas à l’école parce que nos droits ne sont pas payés. Nous avons essayé en vain depuis un an, mais sans résultat ! Nous sommes sans certificat, sans droits, sans emploi. Me Séraphin Ndaot Rembogo, nous avons travaillé pour vous pendant longtemps, comment pouvez-vous nous laisser ainsi dans la précarité ? », s’indigne l’ancienne rédactrice en chef de Top Bendjé, Suzie Imandza Migueli, précisant qu’il ne s’agit pas d’un acte de charité.

 
GR
 

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