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La présidence de la République gabonaise vient de décider d’augmenter le budget d’achat de médicaments, destinés à doter les structures sanitaires publiques, en nombre suffisant afin de couvrir les besoins et assurer la prise en charge des malades. Une réaction salutaire de la part des autorités mais qui nécessiterait un contrôle sur la gestion qui est faite de ces produits et sur les itinéraires qu’ils empruntent, de l’achat à leur redistribution, dans les structures sanitaires publiques du pays qui ne manquent pas une occasion pour déclarer les pénuries dont ils sont la cause.

Un effort supplémentaire pour l’office pharmaceutique national - © D.R.

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba vient de doubler le budget de l’Office pharmaceutique national pour l’achat de médicaments, en le fixant cette année à 2,7 milliards de francs CFA par rapport aux 1,3 milliard en 2011, dans le but de pallier les dysfonctionnements à l’origine de la pénurie des médicaments toujours décriée dans les services publics de santé du pays.

Cette mesure, dont l’objectif est de favoriser le renforcement des dotations en médicaments de l’Office, vise d’une part à répondre efficacement aux besoins des 650 structures sanitaires publiques, et d’autre part à pérenniser la politique de distribution gratuite du médicament sur l’ensemble du territoire.

Si un contrôle et un suivi sont menés sur le «comment sont gérés et, où finissent ces médicaments distribués dans les différentes structures sanitaires du pays», ils participeront peut-être à éradiquer le trafic de faux médicaments au Gabon en particulier, aux regards du nombre important de la population qui, par ignorance et pauvreté endémique, se sent obligée de se rabattre chez des revendeurs à la sauvette pour s’offrir une santé à moindre coût, mais aussi à moindre efficacité, voire dangereuse.

Entre le 11 et 20 juillet 2012, ce sont 82 millions de médicaments «illicites» qui ont été saisi dans des ports africains à l’issue d’une opération coup de poing baptisée «Vice grips 2», menée simultanément dans 16 grands ports maritimes des côtes est et ouest de l’Afrique par l’Organisation mondiale des douanes en partenariat avec l’Institut de recherche anti contrefaçon de médicaments (IRACM).

Une fois dans nos murs, ces produis pharmaceutiques contrefaits trouvent preneurs auprès des plus pauvres qui n’ont pas les moyens d’acheter leurs médicaments dans le circuit contrôlé des officines, mais aussi parce que ceux qui sont chargés de mener à bien la politique de distribution des médicaments financés par l’État dans ces structures sanitaires les détournent et en font un commerce personnel, privant ainsi les nécessiteux d’une chance de se soigner normalement et de bénéficier de la gratuité des produits.

Selon le communiqué de la présidence gabonaise, «le décret de novembre 2011 portant réorganisation de l’Office pharmaceutique national renforce désormais son rôle de centrale d’achat des médicaments, tout en lui accordant la personnalité juridique ainsi que l’autonomie de gestion administrative et financière. Elle garantira la disponibilité des médicaments et des dispositifs médicaux essentiels dans les structures sanitaires, veillera au respect des normes de qualité, contrôlera étroitement le suivi de la qualité des médicaments et assurera la formation continue du personnel gestionnaire des médicaments».

«[Le Plan santé et protection sociale] consiste à restructurer les services hospitaliers publics, améliorer la qualité des soins, renforcer l’accès aux soins spécialisés, garantir la bonne distribution des médicaments et assurer la prise en charge des malades. L’Office, instrument stratégique dans la réalisation de ce plan, devrait ainsi voir son budget d’achat de médicaments pour l’année 2013 porté à 3 milliards de francs CFA», conclut le communiqué.

 
GR
 

3 Commentaires

  1. Yves dit :

    10 milliards pour le championnat de foot, 2 milliards pour les médicaments. Le pays a ses priorités dans le bon ordre!

  2. demain un jour nouveau dit :

    Je me pose une question: cette annonce n’incombe t elle pas au ministere de la sante? La Presidence est omni presente dans la gestion de la cite, joue t elle reellement son role? Les annonces du porte parole de la presidence faite de maniere hebdomadaire ne sont elles pas du ressort du porte parole du gouvernement?

  3. scha dit :

    une légère hausse du budget accordé à l’office pharmaceutique.Si on peut déjà apprécier ce changement,reste à se demander si cela est suffisant! d’autre part, l’article est très explicite! il faut en effet introduire de véritables systèmes de contrôle car il y a une véritable mafia dans ce secteur!

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