Confrontées à une baisse continue de leur production et à un outil industriel vieillissant, les Sucreries du Gabon ont reçu, près de Franceville, la visite du ministre de l’Industrie et de la Transformation locale. Me Lubin Ntoutoume entend porter la situation de l’entreprise devant le gouvernement et explorer les pistes susceptibles d’assurer sa survie.

Le ministre de l’Industrie prenant des notes, lors de l’échange avec le personnel. © GabonReview/Capture d’écran

 

Le gouvernement veut se faire une idée précise de la situation des Sucreries du Gabon. Près de Franceville, le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Ntoutoume, s’est rendu sur le site de l’entreprise pour constater de visu les difficultés auxquelles elle est confrontée, des plantations de canne à sucre jusqu’à l’appareil industriel.

Cette descente sur le terrain intervient alors que la société, issue de la reprise de l’ancienne Sucaf par un opérateur turc en 2024, connaît une baisse constante de sa production. Face à cette situation, le membre du gouvernement a rencontré la direction ainsi que les représentants du personnel afin de recueillir leurs différentes appréciations et d’évaluer les besoins de l’entreprise. « La direction générale n’a pas dit le contraire de ce que le personnel a également pris le soin de nous déclarer ici, mais cela nous a permis d’ajouter des éléments avec des détails dans le même dossier », a expliqué Me Lubin Ntoutoume au terme des échanges.

Pour le ministre, l’objectif est désormais de disposer d’une vision globale du dossier avant son examen au niveau gouvernemental. « C’est un outil de travail qu’on ne peut pas abandonner. C’est le message que je vais porter », a-t-il affirmé, annonçant l’examen de « toutes les pistes » susceptibles de permettre à l’entreprise de poursuivre ses activités.

Un appareil industriel à bout de souffle

Sur le site, les difficultés ne concernent pas uniquement la production agricole. L’état de l’outil industriel constitue également l’un des principaux points de préoccupation. Le directeur général des Sucreries du Gabon, Ousmane Mabignath Sall, reconnaît ainsi l’obsolescence des équipements.

« C’est un outil de production qui est très obsolète, mais que nous parvenons tout de même à tirer vers son maximum », a-t-il déclaré. Pour le responsable, le renouvellement de cet appareil nécessite toutefois un accompagnement local de l’ensemble des partenaires sociaux afin de mobiliser les financements nécessaires.

L’enjeu dépasse ainsi la seule situation de l’entreprise. La filière sucrière fait vivre de nombreux travailleurs et familles dans le Haut-Ogooué, faisant de la pérennisation des Sucreries du Gabon un dossier également social et économique.

Le personnel veut croire à une issue

Les représentants du personnel ont, pour leur part, accueilli favorablement la démarche du gouvernement. La rencontre avec le ministre a notamment permis de confronter les informations de la direction à celles des salariés et de faire remonter directement leurs préoccupations.

« Je suis plus que rassuré, parce que ce furent des échanges francs. Il a fallu recueillir les informations des uns et des autres, et logiquement, cela devait porter, afin que l’outil puisse continuer à exister », a réagi un délégué syndical.

La visite de Me Lubin Ntoutoume s’inscrit dans un suivi accru du dossier. Elle intervient après le passage récent du gouverneur du Haut-Ogooué, dépêché par le chef de l’État. Alors que les difficultés de production, l’état des équipements et les besoins d’investissement se conjuguent, le dossier des Sucreries du Gabon semble désormais appelé à être traité au niveau gouvernemental, avec pour principal enjeu la préservation de cet outil industriel.

 
GR
 

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