USTM : un vieux campus universitaire face au défi de l’hébergement
Dans les chambres, les matelas sont posés à même le sol, faute de lits disponibles. Les effets personnels s’entassent dans des espaces exigus, révélant une promiscuité devenue la norme pour de nombreux étudiants. Construit en 1986, le campus de l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM) est confronté à une crise d’hébergement sans précédent.

Le campus de l’USTM est confronté à une crise d’hébergement sans précédent. © D.R.
Vieux de 39 ans, le campus de l’USTM ne parvient plus à accueillir les étudiants dont le nombre a explosé ces dernières années, et encore plus depuis que les autorités ont décidé de réduire drastiquement l’envoi d’étudiants à l’étranger. Conçue en 1986 pour accueillir 326 étudiants, l’infrastructure en héberge aujourd’hui plus de 800, selon les chiffres avancés par les responsables. Cette explosion des effectifs donne désormais lieu à des scènes à peine croyables : «Plusieurs étudiants, parfois à six par chambre, dorment sur des matelas à même le sol», rapporte une journaliste du quotidien L’union qui s’est rendue sur place.
Si le Pr Bill Raphaël Bikanga reconnaît la gêne que la situation peut occasionner, il assure pourtant à nos confrères qu’il fait avec les moyens du bord. «Nous apportons une aide d’urgence à des étudiants venus de loin. Nous savons que les conditions ne sont pas idéales, mais il fallait éviter que des jeunes errent sans toit», se défend le recteur, invoquant une solution qui ne devrait pas être définitive.

Des matelas d’étudiants posés à même le sol carrelé. © L’union
En attendant la réaction des plus hautes autorités, qui auraient déjà été saisies, le patron du Centre national des œuvres universitaires (CNOU) de l’USTM confirme que l’université a mis en place des palliatifs à cette situation de saturation : les pavillons M1 et M2, initialement réservés aux étudiants en couples, ont été mis à la disposition des nouveaux arrivants. «Ces appartements comportent deux chambres, un salon et une cuisine […] Nous y avons logé en moyenne cinq étudiants par pièce», informe Anges Patrick Nzao, précisant que des matelas ont été fournis aux occupants. Faute de budget, des lits ne leur ont pas été mis à disposition.
Alors qu’aucun nouveau bâtiment n’a été construit au sein de l’USTM depuis près de 40 ans, l’université a pourtant vu son offre de formation évoluer. Aujourd’hui, elle compte six écoles. «Nous avons besoin de laboratoires, de pavillons et d’amphithéâtres. Si rien n’est fait, l’USTM risque l’asphyxie», craint le recteur.













1 Commentaire
C’est une honte. On parle de Gabon industriel sans une vision scientifique et technologique digne de ce nom. Juste la politique pour la politique. Ce sont les ingénieurs, les scientifiques qui innovent et accompagnent les entreprises dans la transformation industrielle. Dans le Gabon d’Oligui et des Bongo, on croit que ce sont les politiciens qui détournent tout ce qui devrait servir au développement.