Vie chère, dette, déficit : la BAD dessine les priorités économiques du Gabon dans son Rapport Pays 2026
Mis en circulation, il y a quelques jours, le Rapport Pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD) dresse un tableau contrasté de l’économie gabonaise. Si la croissance pourrait atteindre 2,7% en 2026, puis 3,1% en 2027, portée par la construction, l’agriculture, l’agroalimentaire, l’industrie et les services, les perspectives demeurent fragiles. L’institution anticipe notamment une inflation de 3,1% en 2026, un excédent courant de 1,1% du PIB avant un déficit de 2,4% en 2027. Dans ce contexte, le Gabon doit accélérer sa diversification pour réduire ses vulnérabilités.

Le Gabon reste exposé à une résurgence de l’inflation, à un creusement du déficit budgétaire pouvant accroître le risque de surendettement et à une contraction continue de la balance courante (Illustration IA). GabonReview
Publié le 21 septembre, le Rapport Pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD) dresse des perspectives macroéconomiques, encore fragiles, pour le Gabon. Le pays reste exposé à une résurgence de l’inflation, à un creusement du déficit budgétaire pouvant accroître le risque de surendettement et à une contraction continue de la balance courante. Face à ces tensions, la BAD préconise de renforcer la lutte contre la vie chère, notamment par une meilleure application des mesures de la Centrale d’achat du Gabon (CEAG et un renforcement des capacités de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) et des Comités provinciaux des prix.
Le rapport alerte sur le risque de résurgence inflationniste, de creusement du déficit budgétaire et de surendettement. Face à la vie chère, il recommande un contrôle effectif des mesures de la CEAG, le renforcement de la DGCCRF et des Comités provinciaux des prix, ainsi que l’exécution urgente du POUFA (ou Plan d’urgence avicole), alors que la dépendance aux importations animales atteint 88,7%. «Accélérer la consolidation budgétaire» suppose aussi de réduire les niches fiscales, les flux illicites, la masse salariale et le train de vie de l’État.
La diversification apparaît comme un impératif pour réduire la dépendance aux importations alimentaires
Le rapport recommande également d’accélérer la consolidation budgétaire, à travers un nouveau programme de réformes économiques et financières avec le Fonds monétaire international (FMI). Il évoque en outre la maîtrise des transferts, ainsi que la réduction du train de vie de l’État qui font figure de priorités. La BAD insiste aussi sur une gestion «efficace et proactive» de la dette et de la trésorerie, ainsi que sur l’accélération de la mise en place de la Caisse autonome d’amortissement, annoncée en mars 2025.
À moyen et long terme, la diversification apparaît comme un impératif pour réduire la dépendance aux importations alimentaires et aux hydrocarbures. Le rapport préconise aussi des réformes structurelles pour améliorer l’environnement des affaires et attirer davantage d’investissements privés. Dans le même temps, l’exécution accélérée du POUFA pourrait réduire une dépendance aux importations de produits animaux estimée à 88,7 %, tandis que des politiques ciblées en faveur des populations vulnérables et de «la création des emplois décents» sont présentées comme essentielles pour réduire les inégalités et renforcer la cohésion sociale.
















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