Vie chère, dette, finances : ce que le gouvernement a (vraiment) fait en 100 jours
Cent jours après son installation, le gouvernement affiche ses ambitions économiques. Le 28 mai, sur Gabon Télévision, le ministre Thierry Minko et son délégué au Budget, Marc Abeghe, ont défendu une feuille de route en «six priorités» : lutte contre la vie chère, rigueur budgétaire, maîtrise de la dette et modernisation du climat des affaires. Face aux fortes attentes sociales, les deux ministres ont revendiqué une démarche orientée résultats, avec l’ambition de «produire des effets visibles pour les populations, tout en posant des fondations durables».

Le ministre de l’Economie, des Finances, Thierry Minko, et le ministre délégué en charge du Budget, Thierry Minko, lors de leur passage sur Gabon Télévision. © GabonReview (Capture d’écran)
Avec son collègue, ministre délégué en charge du Budget, Marc Abeghe, le ministre de l’Economie, des Finances, de la Dette et des Participations, Chargé de la Lutte contre la Vie chère, Thierry Minko, était l’invité, le 28 mai dernier, de l’émission «Les 100 jours du gouvernement» sur Gabon Télévision. Ils y ont abordé toutes les questions, évoqué tous les projets, réalisations, difficultés, avancées et perspectives dans les différents pans sous tutelle de ce département ministérielle.
Sur le front de la vie chère
Sur le front de la vie chère, les deux ministres ont combiné réponses d’urgence et réformes de fond. L’arrêté 039 instituant la mercuriale a permis de «suspendre les droits et taxes sur des biens de première nécessité», en contribuant par la même occasion à une stabilisation des prix. Jugé cependant «insuffisant», ce mécanisme a été renforcé par la mise en place d’une Centrale d’achat destinée à «maîtriser les prix» et à garantir «la disponibilité des biens dans le Grand Libreville comme à l’intérieur du pays». Les effets sont déjà visibles, relèvent-ils, notamment lors de ventes directes où «le sac de riz de 44 kg vendu à 25 000 ou 28 000 francs a été proposé à 20 000 francs». Un réseau de distribution durable est en cours de déploiement, avec «des magasins au même prix» et des initiatives en provinces.
Remise en ordre profonde des finances publiques
Parallèlement, le gouvernement a entrepris un assainissement en profondeur des finances publiques, marqué par la rigueur budgétaire et la transparence. La masse salariale, qui «représente aujourd’hui plus de 40% de notre revenu permanent», fait l’objet d’une maîtrise progressive, avec «plus de 14 000 situations administratives régularisées» sur 33 000 prévues, pour un coût de «plus de 56 milliards de FCFA». Les rappels de soldes ont été apurés à hauteur de «près de 70 milliards», soit «plus de 66% du stock». Dans le même temps, le budget a été révisé de «6300 milliards à 5495 milliards». Un «arbitrage juste» selon Marc Abeghe, afin d’aligner les dépenses sur des recettes jugées jusque-là «trop optimistes». Pour eux, cette orthodoxie se traduit aussi par une exécution plus sélective des projets, pour éviter «des crédits pour effet zéro».
La création d’entreprise a été réduite «de 58 jours à 48 heures»
Abordant la modernisation de la gestion économique, les deux membres de l’équipe gouvernementale ont relevé qu’elle s’appuie également sur la digitalisation et la réforme du climat des affaires. Le déploiement du Système intégré de gestion des Finances publiques (SIGFIP) permet désormais que «toutes les directions puissent lire la même information», avec un suivi en temps réel et une sécurisation des procédures budgétaires. Ce qui contribue à «lutter contre la corruption».
Dans le même élan, la création d’entreprise a été réduite «de 58 jours à 48 heures», tandis que les juridictions commerciales garantissent que «le droit va être dit tel qu’il doit être dit». Thierry Minko et Marc Abeghe ont par ailleurs ajouté que l’État renforce, en outre, le rôle des PME, désormais éligibles à une part de la commande publique «dans une limite de 100 à 150 millions». Le tout soutenu par une banque dédiée à l’entrepreneuriat.
Des perspectives de croissance de «4% en 2026», voire «au-delà de 5%»
Au terme de l’émission télévisée, on note que la stratégie gouvernementale s’inscrit dans une perspective de transformation économique durable, fondée sur l’investissement et une gestion maîtrisée de la dette. Évaluée à «8 700 milliards de FCFA» et «4100 à 4600 milliards pour la dette intérieure», cette dette est suivie de près, avec «plus de 3 000 milliards payés» depuis août 2023. Toutefois, le recours à l’endettement est assumé par le gouvernement. «Il faut pas avoir peur de s’endetter», a dit le ministre des Finances qui a indiqué qu’il faut l’orienter vers des projets productifs, souvent cofinancés, comme le chemin de fer de Belinga ou le port en eau profonde.
Avec «1100 milliards» d’investissements programmés et des perspectives de croissance de «4% en 2026», voire «au-delà de 5%», le gouvernement entend amplifier les résultats. «Les actions vont se poursuivre», a assuré Thierry Minko, avec l’extension de la Centrale d’achat, la digitalisation des douanes et le soutien à la production locale, afin de rendre «nos produits de base accessibles et à moindre coût» et de concrétiser «un saut qualitatif» pour l’économie nationale.












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