ZLECAf : le Gabon veut transformer l’intégration continentale en opportunités économiques
Le gouvernement gabonais entend mieux positionner le pays sur le marché africain. Réunis les 10 et 11 septembre à Libreville avec l’appui technique de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), près de 60 acteurs publics et privés planchent sur la validation de la stratégie nationale révisée de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Une étape présentée comme déterminante pour accélérer la diversification, renforcer la compétitivité du secteur privé et accroître la valeur ajoutée locale.

La ministre du Commerce, des PME et de l’Entrepreneuriat des jeunes, Zenaba Gninga Chaning, le 9 septembre 2029, lors de l’ouverture de la cohorte Afrique centrale du Programme SME Booster de la ZLECAf. © Facebook/Notre Gabon
Le Gabon veut passer à une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le ministère du Commerce, des PME et de l’Entrepreneuriat des jeunes organise, les 10 et 11 septembre à Libreville, un atelier national consacré à la validation de la stratégie nationale révisée de mise en œuvre de cet accord continental.
Avec l’appui technique de la CEA, cette rencontre réunit près de 60 participants issus des administrations publiques, institutions techniques, organisations professionnelles, entreprises privées, universités et centres de recherche, société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.
L’ambition est claire : doter le Gabon d’un cadre stratégique actualisé permettant de mieux tirer parti des opportunités offertes par le marché continental africain, tout en répondant aux contraintes qui limitent encore la compétitivité de l’économie nationale.
Faire du marché africain un levier de diversification
Pour les autorités gabonaises, la ZLECAf ne doit pas se limiter à une ouverture supplémentaire des marchés. Elle doit constituer un instrument au service de la transformation structurelle de l’économie, de l’industrialisation, du développement des capacités productives et de la création d’emplois.
« La mise à jour de la Stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAf témoigne de l’engagement du gouvernement gabonais à faire du commerce un levier de diversification économique, de valorisation locale et de création d’emplois », a déclaré la ministre du Commerce, des PME et de l’Entrepreneuriat des jeunes, Zenaba Gninga Chaning.
Selon elle, cette démarche s’inscrit dans le cadre du Plan national de croissance et de développement et doit permettre au Gabon de « tirer pleinement parti des opportunités offertes par le marché continental africain », tout en renforçant la résilience et la compétitivité de son économie.
L’enjeu est d’autant plus important que la ZLECAf ouvre l’accès à un marché continental de plus d’un milliard de consommateurs. Encore faut-il que les entreprises gabonaises disposent des capacités nécessaires pour conquérir ces débouchés et que le pays soit en mesure de produire davantage, à des coûts compétitifs et avec une plus forte valeur ajoutée locale.
Identifier les secteurs et marchés à fort potentiel
Les travaux engagés à Libreville doivent ainsi permettre de déterminer les chaînes de valeur prioritaires, les secteurs stratégiques et les marchés africains sur lesquels le Gabon pourrait renforcer sa présence.
Durant les deux jours de l’atelier, les participants examineront notamment les résultats des consultations nationales conduites en amont ainsi que les recommandations issues des différents groupes de travail. Ils devront également se pencher sur les réformes susceptibles d’améliorer l’environnement des affaires et la compétitivité des entreprises.
Les infrastructures commerciales et logistiques figurent également parmi les principaux sujets de discussion. Leur amélioration constitue un préalable pour faciliter la circulation des marchandises, réduire les coûts du commerce et permettre aux producteurs nationaux de mieux accéder aux marchés régionaux.
À travers cette approche, les organisateurs cherchent à rapprocher politique commerciale, politique industrielle et développement du secteur privé.
« Le succès de la ZLECAf repose sur la capacité des pays à harmoniser les réformes commerciales avec les politiques industrielles, les infrastructures de soutien et les besoins du secteur privé », a souligné Adama Ekberg Coulibaly, chef de la Section des initiatives sous-régionales au Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale.
Une stratégie appelée à déboucher sur des actions concrètes
Au-delà de la validation du document stratégique, l’atelier doit permettre de définir les conditions concrètes de sa mise en œuvre. Les participants sont notamment appelés à finaliser un plan d’action prioritaire, à valider un cadre de suivi et d’évaluation et à identifier les projets stratégiques nécessaires à l’intégration du Gabon au marché continental.
La question du financement des projets prioritaires sera également examinée, de même que les mécanismes institutionnels destinés à assurer la coordination, la gouvernance et le suivi de la stratégie. Pour la CEA, le Gabon dispose de plusieurs atouts sur lesquels il peut s’appuyer pour mieux profiter de l’intégration commerciale africaine.
« Le Gabon dispose d’atouts considérables, notamment ses ressources naturelles, son potentiel industriel et sa position stratégique en Afrique centrale », a relevé Adama Ekberg Coulibaly, estimant que la validation de la stratégie constitue « une étape cruciale pour transformer ces atouts en opportunités concrètes d’investissement, de production et d’exportation ».
À terme, les travaux devraient déboucher sur une feuille de route consensuelle pour la finalisation et l’intégration nationale de la stratégie révisée. L’objectif sera surtout de faire de la ZLECAf un outil opérationnel au service des entreprises et de la transformation de l’économie gabonaise.
Pour Libreville, le véritable défi commence donc au-delà de la validation du document : transformer l’accès au marché continental en production locale, en investissements, en exportations et, surtout, en emplois.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.