Réuni récemment à Brazzaville, le comité de direction du Fonds de garantie des dépôts en Afrique centrale (Fogadac) a entériné plusieurs décisions destinées à renforcer sa gouvernance et ses capacités opérationnelles. Alors que son fonds d’intervention atteint près de 346 milliards de francs CFA, l’institution communautaire affiche l’ambition d’atteindre 1 000 milliards de francs CFA à l’horizon 2036. Cette session a également été marquée par la nomination du Gabonais Désiré Louzolo Tsoumbou au poste de secrétaire permanent.

Avec un Gabonais nommé Secrétaire permanent, le Fogadac (siège) vise 1 000 milliards de FCFA d’ici 2036. © D.R.

 

Réuni en session ordinaire le 17 juillet 2026 à Brazzaville, sous la présidence du gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, le comité de direction du Fonds de garantie des dépôts en Afrique centrale (Fogadac) a validé une série de mesures visant à consolider le rôle de cette institution dans la stabilité financière de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

Organisée exceptionnellement hors du siège de l’institution, basé à Libreville, cette rencontre a permis aux administrateurs d’examiner la situation financière du Fonds au 30 juin 2026 et de tracer les perspectives de développement pour les prochaines années.

Une réserve d’intervention en constante progression

Le Fogadac poursuit sa montée en puissance. À la fin du premier semestre 2026, sa réserve d’intervention s’établissait à 345,8 milliards de francs CFA, tandis que son portefeuille de placements atteignait 207 milliards de francs CFA. Les revenus générés par ces investissements se sont élevés à 8,38 milliards de francs CFA sur les six premiers mois de l’année.

Des résultats jugés satisfaisants par les membres du comité de direction, qui ont réaffirmé leur objectif d’accroître les capacités financières du Fonds pour atteindre une taille cible de 1 000 milliards de francs CFA d’ici à 2036.

Créé en 2009, le Fogadac a pour mission d’indemniser les déposants en cas de défaillance d’un établissement de crédit et de contribuer à la préservation de la stabilité du système bancaire au sein des six pays de la Cemac.

Des réformes pour renforcer la gouvernance

Au-delà des performances financières, la session de Brazzaville a été marquée par l’adoption de plusieurs mesures destinées à moderniser la gouvernance du Fonds. Le comité de direction a notamment approuvé la création d’un comité d’investissement chargé d’accompagner l’institution dans la définition, le suivi et l’évaluation de sa politique de placement.

Les administrateurs ont également validé un nouveau dispositif de délégation des signatures sur les comptes du Fonds, présenté comme un mécanisme de renforcement de la sécurité des opérations financières et de séparation des responsabilités.

Dans le même esprit, le marché relatif à l’élaboration du futur statut du personnel a été attribué au cabinet Homme & Développement. Ce chantier doit permettre au Fogadac de se doter d’un cadre juridique et social modernisé pour la gestion de ses ressources humaines.

Un Gabonais à la tête du secrétariat permanent

L’un des faits marquants de cette session concerne la réorganisation de l’administration du Fonds. Le comité de direction a procédé à la nomination du Gabonais Désiré Louzolo Tsoumbou au poste de secrétaire permanent. Il sera épaulé par le Camerounais Marcel Ombolo Andela, nommé secrétaire permanent adjoint. Tous deux bénéficient d’un mandant de trois ans renouvelable une fois.

Par ailleurs, le cabinet Forvis Mazars Gabon S.A., chargé du recrutement de plusieurs cadres supérieurs, a présenté son rapport d’évaluation. Après l’examen de 206 candidatures, le comité de direction a décidé de confier la dernière phase du processus à un comité ad hoc, chargé de départager les candidats présélectionnés pour les fonctions de Risk Manager et de responsable informatique.

Composé des présidents des associations professionnelles des établissements de crédit des six États membres de la Cemac, de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) et du gouverneur de la BEAC, son président statutaire, le comité de direction entend ainsi poursuivre la transformation du Fogadac en un instrument central de sécurisation des dépôts et de stabilité financière dans la sous-région.

 

 
GR
 

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