142 milliards FCFA par an jusqu’en 2053 : BW Energy décroche l’extension record de l’offshore gabonais
Le gouvernement gabonais a accordé, ce 7 avril 2026, une prolongation de 25 ans au contrat de partage de production régissant le bloc offshore Dussafu Marin. Opéré par BW Energy dans le Bassin Sud-Gabon, ce bloc, le plus productif des actifs pétroliers indépendants du pays, dispose désormais d’un cadre contractuel courant jusqu’en 2053. Une décision souveraine aux implications financières, industrielles et stratégiques considérables pour l’économie nationale.

Dans le Bassin Sud-Gabon, le bloc Dussafu Marin produit 40 000 barils par jour sous licence jusqu’en 2053. ©bwenergy.no
L’avenant signé par le ministère du Pétrole et du Gaz restructure en profondeur l’architecture temporelle du PSC, c’est-à-dire le Production Sharing Contract (en français, Contrat de partage de production). Avant le 7 avril, la licence arrivait à expiration dès 2028, avec deux périodes d’option quinquennales portant l’horizon maximal théorique à 2038.
Les dollars de l’extension la plus longue jamais accordée
L’amendement efface cette contrainte : la date de base est repoussée à 2038, assortie de trois nouvelles périodes d’option de cinq ans chacune, 2038, 2043, 2048, qui portent l’échéance effective à 2053, soit trente-cinq ans d’exploitation depuis le démarrage de la production en septembre 2018. C’est l’extension la plus longue jamais accordée à ce bloc, et l’une des plus significatives dans l’histoire récente du secteur pétrolier gabonais.
L’enjeu dépasse la seule sphère industrielle. Le pétrole représente environ 40 % des recettes budgétaires du Gabon. En 2025, BW Energy et ses partenaires ont versé aux entités publiques gabonaises entre 243 et 250 millions de dollars (soit entre 138 et 142 milliards de francs CFA) : 102 millions (57,9 milliards FCFA) au titre du profit oil reversé à la Direction générale des hydrocarbures, 54,3 millions (30,8 milliards FCFA) en royalties, 9,3 millions (5,3 milliards FCFA) d’impôts, auxquels s’ajoutent bonus de production et frais de licence. Ces flux dépendent directement du rythme de production. Les sécuriser jusqu’en 2053, c’est stabiliser une ligne de recettes dont l’État ne peut se passer.
Un partenariat tripartite aux intérêts alignés
La licence est détenue par trois entités aux profils complémentaires : BW Energy Gabon SA, opérateur à 73,5 %, coté à la Bourse d’Oslo et adossé au conglomérat BW Group ; Panoro Energy, partenaire non-opérateur à 17,5 %, entré au capital en 2021 en rachetant la part de Tullow Oil pour 46 millions de dollars (26,1 milliards de francs CFA) ; et la Gabon Oil Company, bras pétrolier de l’État, à 9 % depuis son farm-in (entrée au capital du bloc) en mars 2019. L’extension consolide ce triptyque dans un cadre à long terme, garantissant à GOC, et donc à l’État, une participation directe aux revenus futurs du bloc sur près de trois décennies supplémentaires.
Un pipeline de croissance immédiat et documenté
L’approbation gouvernementale intervient à un moment précis du cycle opérationnel du bloc. BW Energy vient d’achever sa campagne de forage de Phase 1, avec 14 puits en production sur les champs Hibiscus, Tortue, Hibiscus South et Ruche, portant la capacité à 40 000 barils par jour. La Phase 2, dite MaBoMo Phase 2, démarre en juillet 2026 avec quatre nouveaux puits ; le ‘’premier pétrole’’ étant attendu au second semestre.
Au-delà, la découverte Bourdon, confirmée en avril 2025 avec environ 25 millions de barils récupérables, fait l’objet d’une décision finale d’investissement attendue en 2026-2027. Les blocs d’exploration adjacents Niosi et Guduma Marin, dont les PSC ont été signés en octobre 2024, complètent ce portefeuille en devenant les réservoirs potentiels des périodes d’option 2038-2053. L’extension du PSC Dussafu ne prolonge pas un contrat en fin de vie : elle ouvre une fenêtre d’exploitation à l’horizon de laquelle l’industrie pétrolière gabonaise n’avait encore jamais eu à se projeter.













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