6 milliards de FCFA d’investissement, 500 emplois annoncés, 2 500 tonnes de production mensuelle dès la première phase et un objectif de 5 000 tonnes par mois : inaugurées ce 17 septembre à Port-Gentil, Les Aciéries du Gabon affichent des ambitions industrielles qui dépassent la seule production d’acier. L’unité entend créer une chaîne de valeur autour de la récupération des rebuts ferreux et renforcer la transformation locale.

Le nouveau local des Aciers du Gabon dans l’Ogooué-Maritime. © GabonReview

 

À Port-Gentil, avec 6 milliards de FCFA mobilisés, Les Aciéries du Gabon s’installent comme une nouvelle unité industrielle dédiée à la transformation des rebuts ferreux. Sa capacité initiale est annoncée à 2 500 tonnes métriques par mois, soit une capacité théorique de 30 000 tonnes par an. À terme, une deuxième phase doit permettre de doubler cette production pour atteindre 5 000 tonnes mensuelles, soit 60 000 tonnes par an. Une montée en puissance destinée notamment à répondre aux besoins du marché national dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics.

L’autre chiffre fort du projet concerne l’emploi, avec 500 postes annoncés. Mais pour le promoteur Mesmin Siga, l’impact économique attendu ne devrait pas se limiter aux emplois directement générés par l’usine. La collecte, la récupération, le tri, le transport des rebuts, la sous-traitance et les différents services nécessaires au fonctionnement du site doivent progressivement créer un écosystème d’activités autour de l’unité industrielle. La récupération des épaves automobiles abandonnées à Port-Gentil pourrait notamment contribuer à alimenter cette chaîne. La mairie aurait engagé un processus pour retirer ces véhicules dans un délai d’un mois, avec l’objectif de conjuguer assainissement urbain et récupération de matière première.

Derrière ces données se joue également la question de la souveraineté industrielle. Le renforcement de la réglementation sur l’exportation des rebuts ferreux et non ferreux doit contribuer à sécuriser l’approvisionnement des unités locales. «L’État fixe les règles, les opérateurs économiques doivent les respecter», a rappelé le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Lubin Ntoutoum.

Pour lui, Les Aciéries du Gabon s’inscrivent dans une stratégie visant à construire des chaînes de valeur nationale, de la production à la commercialisation. «La souveraineté industrielle, c’est la capacité d’un pays à ne plus subir la chaîne de valeur, mais à y prendre toute sa place», a-t-il affirmé. Le groupe prévoit par ailleurs de poursuivre son développement dans d’autres provinces, notamment à Moanda, dans le Haut-Ogooué. L’ambition affichée résume le projet : « collecter au Gabon, transformer au Gabon, produire au Gabon, vendre au Gabon et créer de la valeur au Gabon ».

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment