Transgabonais : 225 millions d’euros mobilisés pour accélérer la modernisation du réseau ferroviaire gabonais
Réunis à Nairobi en marge du sommet Africa Forward, Proparco et la Société d’exploitation du Transgabonais (SETRAG) ont signé un protocole d’accord portant sur le financement de la phase III de modernisation du Transgabonais. Soutenu par la Société financière internationale et l’AFD, ce projet important vise à renforcer la sécurité, la performance et la capacité opérationnelle du réseau ferroviaire gabonais, pilier essentiel du transport national et du développement économique du pays.

Proparco et SETRAG s’accordent pour la modernisation du réseau ferroviaire gabonais. © GabonReview (IA)
À l’occasion du sommet Africa Forward de Nairobi, un nouveau cap vient d’être franchi dans la modernisation du chemin de fer gabonais. Proparco et la Société d’exploitation du Transgabonais (SETRAG) ont signé, le 11 mai 2026, un protocole d’accord portant sur le financement de la phase III du programme de modernisation et de sécurisation du Transgabonais. Un projet important d’une valeur de 225 millions d’euros, soutenu également par la Société financière internationale (SFI), destiné à renforcer la performance et la fiabilité de cette infrastructure essentielle au développement économique du Gabon.
La signature de cet accord s’est déroulée en présence des actionnaires de la SETRAG, à savoir Eramet Comilog, Meridiam et l’État gabonais. Elle intervient dans le cadre du sommet international Africa Forward, plateforme de haut niveau consacrée au financement des infrastructures et au renforcement des partenariats économiques en Afrique.
Long de 648 kilomètres, le Transgabonais constitue une colonne vertébrale logistique pour le Gabon. Il assure à la fois le transport de passagers, de marchandises et de minerais, notamment le manganèse, ressource stratégique pour les industries mondiales et la transition énergétique. Dans plusieurs localités enclavées, cette voie ferrée demeure l’unique moyen de liaison fiable entre les territoires, contribuant ainsi à la cohésion sociale et à l’activité économique nationale. Selon les partenaires du projet, le réseau supporterait près de 20 % du PIB gabonais.
Le financement envisagé s’inscrit dans une approche coordonnée du groupe AFD. En parallèle du soutien de Proparco et de la SFI, Agence Française de Développement (AFD) prévoit un financement souverain destiné à accompagner l’État gabonais. Le projet devrait également bénéficier d’un appui de l’initiative européenne Global Gateway à travers une subvention dédiée.
Diversifier davantage les usages du Transgabonais
L’objectif affiché est d’achever le vaste programme de renouvellement des infrastructures ferroviaires, d’améliorer la sécurité de la ligne et d’augmenter les capacités opérationnelles du réseau. La modernisation doit aussi permettre de diversifier davantage les usages du Transgabonais au profit du transport de voyageurs et du fret hors secteur minier.
La directrice générale de Proparco, Françoise Lombard, a souligné que ce projet participe à la décarbonation des transports tout en soutenant le développement économique et l’amélioration des conditions de vie des populations dépendantes du rail. Elle a également mis en avant la capacité du groupe AFD à accompagner des infrastructures durables répondant aux enjeux climatiques et sociaux.
De son côté, le directeur général de la SETRAG, Christian Magni, a salué un signal fort de confiance des bailleurs internationaux envers l’entreprise ferroviaire gabonaise. Il a rappelé que, sur les 648 kilomètres de voie, 400 kilomètres de traverses et 160 kilomètres de rails ont déjà été remplacés malgré des contraintes techniques et géologiques importantes.
Au-delà du transport ferroviaire, ce partenariat public-privé ambitionne de renforcer l’attractivité logistique du Gabon et de positionner le Transgabonais comme une référence régionale en Afrique centrale. Le projet contribuerait également à plusieurs Objectifs de développement durable, notamment ceux liés à la croissance économique, aux infrastructures résilientes, à la réduction des inégalités et à la lutte contre le changement climatique.













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