«À la fin de l’année 2030, 95% des Gabonais auront accès à l’énergie et 90% à l’eau», promet Philippe Tonangoye
Les cent premiers jours du gouvernement dans les secteurs de l’eau et de l’énergie ont été marqués par un diagnostic, sans concession, et le lancement des premières actions dans un contexte de crise profonde. Invité de l’émission «Les 100 jours du gouvernement», le 27 mai, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a reconnu que «notre pays traverse une crise énergétique extrêmement importante, un stress hydrique également important». Il a même qualifié la situation d’«impasse» héritée de plus de trente ans. Pour lui, ces deux secteurs sont indissociables, car «sans énergie, on n’a pas d’eau», ce qui en fait «le pilier numéro 1» de l’action gouvernementale.

Le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, lors de son passage sur Gabon Télévision. © GabonReview/Capture d’écran
Dans les secteurs de l’eau et de l’énergie, les cent premiers jours du gouvernement ont été consacrés à un diagnostic et au lancement de premières mesures dans un contexte de crise. Le ministre en charge de ces secteurs, Philippe Tonangoye, a reconnu, lors de son passage dans le programme «Les 100 jours du gouvernement», une situation critique, marquée par une grave crise énergétique et un important stress hydrique. Ce qu’il a qualifié d’impasse héritée de plusieurs décennies. Toutefois, il a indiqué qu’«à la fin de l’année 2030, 95% des Gabonais auront accès à l’énergie et 90% à l’eau».
Des réformes profondes ont été amorcées
Face à cette réalité, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie a indiqué que l’Exécutif a engagé une approche axée sur les causes des dysfonctionnements. Le ministre pointe notamment «le non renouvellement de l’ensemble de nos infrastructures», dont certaines ont «entre 51 et 60 ans», une maintenance «en deçà de 10%» et une gouvernance insuffisamment régulée. Refusant toute personnalisation des responsabilités, il a insisté sur une responsabilité collective. Dans cette optique, des réformes profondes ont été amorcées, notamment la restructuration de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), marquée par «un gros problème de gouvernance», avec un projet de scission en deux entités distinctes, eau et énergie, conformément à la promesse présidentielle. «Elle se fera», a rassuré le chef du département eau et énergie.
Sur le plan opérationnel, les premiers résultats ont été enregistrés sur l’ensemble de la chaîne de valeur, a-t-il fait savoir. À Libreville, des travaux de remplacement de câbles stratégiques sont «avancés à 95%», tandis que les capacités de production ont été renforcées avec «32 MW supplémentaires» à Bongolo, «8,5 MW» à Mayumba et une importation portée à «8 MW» depuis la Guinée équatoriale. En parallèle, «31 groupes électrogènes, dans 25 localités » ont été installés pour réduire les déficits en province. A court terme, des projets en cours devraient consolider ces avancées, notamment la centrale de Kinguélé Aval, «avancée à 90%», avec une injection prévue de «10 MW» et un objectif global de «35 MW» à brève échéance, complété par «40 MW pour fin 2026 et 2027».
«Nous avons amorcé dans ces 100 jours les bases de ces changements»
Dans le secteur de l’eau, des mesures d’urgence ont été mises en œuvre en attendant des investissements de fond. Philippe Tonangoye a précisé que le gouvernement a ainsi restauré «120 bornes-fontaines» et activé «16 forages», tout en lançant un partenariat avec Suez, estimé à «200 millions d’euros», pour améliorer durablement l’accès à l’eau dans le Grand Libreville. Ce projet couvre «la production, l’adduction, le stockage, la distribution et l’extension des réseaux». Par ailleurs, la régularisation de l’accès aux services constitue un axe prioritaire, avec la commande de «127 000 compteurs» pour un montant de «10 milliards de francs CFA», dans le cadre de l’initiative «un Gabonais, un compteur», et une campagne visant «4500 personnes» en situation irrégulière.
Avec ces premières réalisations, le gouvernement affiche ses ambitions à moyen et long terme. Un plan d’investissement global de «2000 milliards de francs CFA sur une période de 7 ans» est prévu pour refonder les deux secteurs, avec des objectifs précis. «À la fin de l’année 2030, 95% des Gabonais auront accès à l’énergie et 90% à l’eau», a-t-il déclaré. Cette stratégie repose sur cinq axes, incluant la réhabilitation des infrastructures, la réforme de la gouvernance et la diversification du mix énergétique, notamment par le solaire, avec le déploiement de «4500 kits» en zones rurales. Conscient des attentes, le ministre Tonangoye appelle à la patience et à la mobilisation collective. «Tout ceci ne peut pas se faire en un claquement de doigts», a-t-il relevé, affirmant que «nous avons amorcé dans ces 100 jours les bases de ces changements».












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