Altercation à Apostrophe : le maire du 4e arrondissement plaide pour la République
Une altercation entre un élu et un gendarme, filmée et massivement partagée sur les réseaux sociaux, une opinion publique sous le choc, et un maire qui monte au créneau pour éteindre l’incendie. Réagissant aux événements du 20 juillet dans le 4e arrondissement de Libreville, où l’un de ses adjoints affirme avoir été bousculé par un gendarme alors qu’il portait son écharpe, le maire Nicaise Sickout-Iguendja appelle à la retenue et au respect des institutions. Il estime que cet épisode ne doit pas remettre en cause les relations entre les collectivités locales et les forces de sécurité.

Les élus du 4e arrondissement de Libreville, le 24 juillet 2026. Et, en médaillon, la scène en question. © GabonReview (montage)
Les faits remontent au 20 juillet, dans le quartier Apostrophe, où une altercation a opposé Kenny Ongouori, désigné selon les sources comme premier ou deuxième adjoint au maire du 4e arrondissement, à un adjudant de la gendarmerie, à l’occasion d’un contrôle lié au recouvrement des recettes municipales. Selon le récit de l’élu, alerté de tensions sur le terrain, il s’était rendu sur place et avait demandé la suspension de l’opération, le temps de vérifier l’ordre de mission.
Le gendarme lui aurait alors répondu qu’il ne recevait d’instructions que du maire central de Libreville, avant de le secouer physiquement à plusieurs reprises, alors qu’il portait son écharpe officielle. Kenny Ongouori dénonce ce geste comme «une atteinte à un symbole de la République» et affirme avoir retenu le gendarme sur place en attendant sa hiérarchie. La scène a été filmée par des riverains et largement diffusée sur Facebook, TikTok et WhatsApp, provoquant un vif débat public. À ce stade, aucune enquête administrative ou judiciaire n’a établi les circonstances exactes ni les responsabilités respectives, et la gendarmerie nationale ne s’est pas exprimée sur l’affaire.
«Dépositaire d’une parcelle de l’autorité publique»
C’est dans ce climat que le maire du 4e arrondissement de Libreville, Nicaise Sickout-Iguendja, a réagi. Dans une déclaration rendue publique le 24 juillet, il a exprimé sa «profonde consternation face à cet incident regrettable». Tout en rappelant que l’appréciation des faits relève des autorités compétentes, il a insisté sur les principes qui fondent les institutions de la République : le respect mutuel, le dialogue, la responsabilité et le sens élevé du service public.
«Les élus locaux, les agents de l’État, les forces de défense et de sécurité, ainsi que l’ensemble des serviteurs de la Nation accomplissent leur mission sous une même bannière, celle de la République gabonaise. À ce titre, chacun est dépositaire d’une parcelle de l’autorité publique et se doit, en toutes circonstances, de faire preuve de retenue, de dignité, de responsabilité, de respect envers les institutions de la République», a-t-il soutenu. Le maire a également rappelé que les écharpes tricolores portées par les élus, au même titre que l’uniforme des forces de l’ordre, constituent des symboles de l’autorité de l’État, à respecter non pour les personnes qui les arborent, mais pour les institutions qu’ils représentent.
Un appel à l’apaisement
Face aux nombreuses réactions suscitées par cette affaire, Nicaise Sickout-Iguendja a lancé un appel à l’apaisement et à la responsabilité. Il estime que cet incident ne doit en aucun cas compromettre les relations de confiance qui doivent prévaloir entre la commune de Libreville, les arrondissements, les administrations publiques et les forces de l’ordre. Il invite ainsi à éviter les polémiques, les jugements hâtifs et toute instrumentalisation susceptible de fragiliser la cohésion institutionnelle ou de porter atteinte à l’image du Gabon.
Le maire a par ailleurs exprimé son regret face à l’émotion suscitée par cet événement, tout en réaffirmant son attachement aux valeurs de la République. «J’ai la conviction que cette épreuve doit être l’occasion de renforcer davantage le dialogue entre les institutions, de consolider la relation de confiance entre les représentants de l’État et les élus locaux et de promouvoir en toutes circonstances une culture de respect», a-t-il confié.















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