Assises de l’UPF à Libreville : quand l’arrogance internationale se heurte au mur de la souveraineté
Le Bureau international de l’Union de la Presse Francophone vient d’annuler les 51èmes Assises prévues à Libreville, préférant rompre plutôt que de se plier au droit gabonais. Derrière cette décision, un conflit révélateur : celui d’une organisation qui, pour assouvir ses appétits financiers, somme un État souverain de violer sa propre législation.

150 000 euros vers un compte parisien : le prix de la soumission que le Gabon a refusé de payer et qui fait capoter les Assises de Libreville. © GabonReview
L’affaire restera comme un cas d’école de mauvaise foi diplomatique. Pendant des mois, le Gabon s’est mobilisé pour accueillir les Assises internationales de la presse francophone : budget public débloqué, infrastructures réquisitionnées, visas facilités, protocole d’État engagé, communication institutionnelle lancée. Tout était prêt. Jusqu’à ce que le Bureau international de l’UPF, dans un coup de force sidérant, exige l’impossible : le transfert direct de 150 000 euros (environ 100 millions de francs CFA) vers un compte bancaire parisien, dans un délai de dix jours.
Une exigence illégale, un refus obligatoire
Une demande parfaitement illégale au regard du droit public gabonais. Une exigence contraire aux règles élémentaires de comptabilité publique. Une prétention incompatible avec la souveraineté budgétaire d’un État. Accepter aurait exposé les ordonnateurs publics gabonais à des poursuites disciplinaires, voire pénales, pour détournement de fonds publics vers une structure privée, étrangère, dépourvue d’un accord de siège en bonne et due forme. Le refus du Gabon n’était donc pas politique : il était juridiquement obligatoire.
Mais qu’importe le droit pour l’UPF internationale. Face à cette impossibilité clairement expliquée à maintes reprises par la section locale de l’UPF et par les autorités gabonaises, le Bureau international n’a jamais daigné proposer un dispositif conforme au cadre légal local. Aucune alternative. Aucun compromis. Juste une fin de non-recevoir hautaine, suivie d’une circulaire accusatoire présentant l’État gabonais comme le responsable de l’échec. L’exercice de manipulation atteint ici des sommets : transformer un refus légal en obstruction politique, occulter sa propre intransigeance, inverser les responsabilités.
L’arrogance néocoloniale d’une organisation à bout de souffle
Le procédé révèle une arrogance à peine voilée, teintée de relents néocoloniaux. L’UPF internationale semble opérer selon une logique obsolète : celle d’une organisation qui dicte ses conditions aux États africains sans considération pour leur souveraineté, leurs lois, leur dignité institutionnelle. Comme si le Gabon devait plier sa législation aux caprices d’un bureau parisien. Comme si la bonne gouvernance financière était négociable face aux exigences d’une structure simplement associative. Comme si un État souverain devait s’excuser de respecter ses propres règles.
L’affaire dépasse en tout cas le simple différend administratif. Elle révèle une conception archaïque des rapports Nord-Sud, où les organisations internationales, même modestes, s’arrogent le droit de dicter leur volonté aux États du continent. Le Bureau international de l’UPF a créé un conflit artificiel ne reposant ni sur la mauvaise volonté du Gabon ni sur un défaut de préparation, mais uniquement sur une demande financière frôlant la cupidité, incompatible avec les standards de gouvernance publique.
L’ironie est cruelle : une organisation censée défendre la liberté de la presse et les valeurs démocratiques se comporte en despote administratif, méprisant les règles d’un État souverain. En choisissant la rupture plutôt que l’adaptation, le Bureau international a démontré son incapacité à dialoguer d’égal à égal avec ses sections africaines. Il préfère le chantage à la négociation, l’accusation à la compréhension.
Le Gabon, lui, peut relever la tête. Il a respecté ses engagements et défendu sa législation. Face à l’intransigeance, il a opposé la légalité. Face à l’arrogance, la dignité. L’histoire jugera qui, dans cette affaire, a trahi les valeurs qu’il prétendait incarner.
















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