Au bord de l’asphyxie, la presse gabonaise réclame des réformes et un nouveau souffle
Les principales organisations professionnelles des médias du Gabon ont élevé la voix, ce jeudi 2 juillet, à Libreville, pour alerter sur la dégradation continue de l’environnement économique de la presse et pour appeler à une réforme ambitieuse en faveur de sa pérennité. À travers une déclaration commune lue par le président de l’Organisation patronale des médias (Opam), Jean-Yves Ntoutoume, le collectif a dressé un diagnostic, sans concession, d’un secteur confronté à une crise qui met en péril son indépendance, sa mission d’information et, au-delà, la qualité du débat démocratique.

Les représentants des principales organisations professionnelles des médias du Gabon réunis autour du président de l’Opam, Jean-Yves Ntoutoume, pour leur déclaration. © GabonReview
Réunies le 2 juillet à Libreville, les principales organisations professionnelles des médias du Gabon ont lancé un appel en faveur d’une réforme ambitieuse pour sauver un secteur confronté à une grave crise économique persistante. Dans une déclaration commune lue par le président de l’Organisation patronale des médias (Opam), Jean-Yves Ntoutoume, elles ont alerté sur les menaces pesant sur l’indépendance de la presse, la qualité de l’information et le débat démocratique et appellent à des réformes urgentes pour sauver ce secteur fragilisé. Pour ces organisations, la viabilité des médias constitue un enjeu stratégique pour le pays.
«Un média asphyxié financièrement est un média fragilisé dans son indépendance»
«Assurer la viabilité économique des médias n’est pas une demande de privilèges. C’est un investissement stratégique pour la stabilité, la transparence et le rayonnement de notre nation», a déclaré le président de l’Opam au nom des organisations signataires.
Dans leur plaidoyer, les représentants de l’Opam, du Réseau national des journalistes indépendants (Rénaji), du Cercle des patrons de la presse privée libre (CPPPL), de l’Union des patrons de presse indépendants du Gabon (UPPIG) et de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref) ont rappelé que les médias constituent «le miroir de notre société, les gardiens de l’intérêt public et des acteurs économiques à part entière». Ils soulignent que la baisse des recettes publicitaires, l’exiguïté du marché national, les effets de la gratuité des contenus sur les plateformes numériques et l’insuffisance des mécanismes d’appui public fragilisent durablement les entreprises de presse. «Un média asphyxié financièrement est un média fragilisé dans son indépendance», a indiqué le porte-parole, estimant que cette situation compromet directement le droit constitutionnel des citoyens gabonais à une information libre, crédible et pluraliste.
Véritable manifeste en faveur du renforcement de la démocratie gabonaise
S’appuyant notamment sur les principes de la Déclaration de Windhoek, qui érige la viabilité économique des médias en condition essentielle de la liberté de la presse, ainsi que sur les dispositions de la Constitution gabonaise relatives au droit à l’information, les organisations professionnelles formulent une série de recommandations destinées à refonder le modèle économique du secteur. Elles plaident pour une revalorisation substantielle de l’aide publique aux médias privés, maintenue à 500 millions de francs CFA depuis 2003, la mise en place d’une compensation numérique financée par un prélèvement sur les opérateurs de téléphonie mobile, une meilleure orientation de la publicité institutionnelle vers la presse nationale, l’instauration d’un régime fiscal spécifique aux entreprises de médias, ainsi qu’une harmonisation des procédures d’accréditation des journalistes auprès des institutions publiques.
Cette déclaration se veut un véritable manifeste en faveur du renforcement de la démocratie gabonaise. Les signataires ont également appelé à une revalorisation de la carte de presse professionnelle et des droits qui y sont attachés. Ils considèrent que la reconnaissance du statut des journalistes participe à la consolidation d’une information de qualité. «Le présent plaidoyer pose le diagnostic sans complaisance de notre secteur et formule des propositions concrètes, réalistes et urgentes pour bâtir un nouveau modèle économique de la presse au Gabon», a conclu Jean-Yves Ntoutoume. Par cette démarche collective, les organisations professionnelles entendent ouvrir un dialogue constructif avec les pouvoirs publics, les partenaires au développement, les acteurs économiques et la société civile afin de garantir un avenir constant à la presse gabonaise.















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