Backbone national : Gabon Fiber prend les commandes et promet 1 651 km de fibre en plus
À l’approche de la fin de la délégation de service public confiée à Axione, le Gabon reprend la main sur son Backbone national. La SPIN a signé, le 14 septembre à Libreville, une concession de 20 ans avec Gabon Fiber S.A. pour exploiter, sécuriser, moderniser et étendre cette infrastructure stratégique. Plus de 41 milliards de francs CFA devraient être mobilisés pour ajouter 1 651 kilomètres de fibre aux 1 782 kilomètres existants.

La SPIN et Gabon Fober S.A. ont conclu leur partenariat en présence du ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba (au milieu), le 14 septembre 2026. © GabonReview
Le Gabon veut désormais maîtriser son « autoroute de la communication ». La Société de patrimoine des infrastructures numériques (SPIN) et Gabon Fiber S.A. ont scellé, le 14 septembre 2026 à Libreville, un partenariat public-privé portant sur le Backbone national gabonais. Conclu pour vingt ans, en présence du ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, l’accord intervient à quelques semaines de l’expiration, en novembre prochain, de la délégation de service public accordée à Axione. Il organise ainsi le passage de relais et confie à un opérateur gabonais la gestion d’une infrastructure considérée comme critique pour l’économie numérique.
« Aujourd’hui, l’État a confié à une société gabonaise la gestion d’une infrastructure critique, qui est le Backbone national gabonais en fibre optique. C’est l’autoroute de la communication au Gabon », a expliqué le directeur général de Gabon Fiber, Lauric Étienne Owono Engongah. Le nouveau concessionnaire entend surtout changer d’échelle. Plus de 41 milliards de francs CFA seront mobilisés pour construire 1 651 kilomètres supplémentaires, portant le réseau national de 1 782 à 3 433 kilomètres. « On passe d’un opérateur qui était un partenaire étranger à un opérateur gabonais », a-t-il souligné.
Cette extension sera réalisée en trois phases. Les premiers travaux concerneront les axes Lambaréné–Mouila–Tchibanga et Lalara–Makokou–Okondja. Suivront Port-Gentil–Mandji–Yombi, puis Ndendé–Mimongo–Koulamoutou. Pour Gabon Fiber, l’enjeu ne se limite pas à augmenter le nombre de kilomètres de fibre. Il s’agit aussi d’accroître les capacités disponibles et, à terme, de rendre la connectivité plus accessible. « Il va permettre de baisser les coûts à l’endroit de l’utilisateur final », a assuré Lauric Étienne Owono Engongah, évoquant une infrastructure « moins chère et de façon plus résiliente ».
Le modèle retenu est « affermo-concessif ». Gabon Fiber exploitera et maintiendra les infrastructures existantes, tout en assurant leur sécurisation, leur modernisation et la commercialisation des capacités. L’entreprise financera également les nouvelles extensions, leur construction et leur exploitation. La propriété du patrimoine reste cependant dans le giron de l’État. « Nous allons veiller à ce que toutes les conditions contractuelles soient suivies afin qu’après 20 ans, on ait un patrimoine qui soit déjà un peu plus important que les 2 000 kilomètres que nous avons aujourd’hui », a indiqué le directeur général de la SPIN, Bertrand Mahoukou Bitchinda.
Un acte de souveraineté numérique

La Phase des signatures et quelques participants. © GabonReview
Pour le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba, cette opération constitue un nouvel acte dans la stratégie de souveraineté numérique engagée par le Gabon. « Nous sommes en train de doubler la capacité de la fibre optique », a-t-il affirmé, estimant que cette évolution doit améliorer « la vitesse et la rapidité de l’Internet », mais aussi contribuer à faire baisser son coût pour les populations. Gabon Fiber opérera toutefois exclusivement sur le marché de gros et ne viendra donc pas concurrencer les opérateurs télécoms et fournisseurs d’accès à Internet.
Le cahier des charges prévoit en outre une implication accrue des entreprises et compétences gabonaises, avec des obligations en matière de formation et de transfert de savoir-faire. Le concessionnaire devra également intégrer les enjeux environnementaux, l’efficacité énergétique et la réutilisation des infrastructures existantes lorsque cela est pertinent. Reste désormais le passage de témoin avec Axione. Inventaire des équipements, transfert des données, reprise des engagements avec les opérateurs, cybersécurité et sécurisation physique du réseau devront être conduits avant novembre. Une transition sans rupture de service constitue le premier test grandeur nature de cette nouvelle ère du Backbone gabonais.
















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