Depuis le 10 mai, le département de Bendjé, dans l’Ogooué-Maritime, vit au rythme d’un silence numérique inquiétant. Privées du réseau Airtel Gabon, seule couverture téléphonique accessible dans cette zone enclavée, les populations se retrouvent isolées, sans possibilité de joindre les secours ni de communiquer avec Port-Gentil. Une situation aux conséquences multiples, qui relance le débat sur la continuité du service public des télécommunications dans les régions rurales du Gabon.

Le siège de l’opérateur de téléphonie mobile Airtel Gabon à Port-Gentil. © GabonReview

 

Le département de Bendjé traverse depuis plusieurs jours une situation de forte vulnérabilité à la suite d’une interruption totale du réseau Airtel Gabon, unique opérateur présent dans cette partie enclavée de la province de l’Ogooué-Maritime. Depuis le dimanche 10 mai, les habitants vivent sans aucun accès à la téléphonie mobile, dans une région où les communications représentent souvent le seul lien avec l’extérieur.

Dans cette zone essentiellement accessible par voie lagunaire, la panne suscite une vive inquiétude. Les populations, confrontées quotidiennement aux risques liés aux déplacements en pirogue, aux accidents forestiers ou encore aux morsures de serpents, ne disposent plus d’aucun moyen pour alerter les secours ou contacter les structures sanitaires de Port-Gentil. Une réalité qui accentue la précarité des conditions de vie dans un territoire déjà marqué par son isolement géographique.

Au-delà des urgences sécuritaires et sanitaires, cette coupure perturbe également le fonctionnement des services administratifs et du système éducatif. Des examinateurs déployés dans le département pour les épreuves du Certificat d’études primaires (CEP) session 2026 se retrouvent eux aussi sans liaison téléphonique, compliquant la coordination des examens écrits, oraux et pratiques.

Interpeller les responsables pour obtenir un rétablissement rapide du service

Face à cette situation, les autorités locales commencent à hausser le ton. Le préfet du département de Bendjé envisage d’interpeller les responsables d’Airtel Gabon afin d’obtenir un rétablissement rapide du service. De son côté, Nicaise Massamba Magaya, deuxième vice-président du Conseil départemental de Bendjé, estime que cette panne prolongée constitue une menace directe pour les populations et une atteinte à la mission de service public des télécommunications.

L’élu entend saisir l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) afin de dénoncer ce qu’il considère comme une rupture grave de continuité du service. Car sur le plan juridique, plusieurs dispositions légales encadrent les obligations des opérateurs au Gabon. La loi n°005/2001 relative aux télécommunications impose notamment les principes de continuité, d’égalité et d’accessibilité du service public sur l’ensemble du territoire national. Les textes relatifs au service universel rappellent également l’obligation d’assurer une couverture effective, y compris dans les zones rurales et isolées.

À Bendjé, l’attente devient de plus en plus pesante. Entre inquiétude, colère et sentiment d’abandon, les habitants réclament une intervention urgente des autorités compétentes et de l’opérateur téléphonique. Dans cette localité où communiquer peut conditionner la survie, le retour du réseau apparaît désormais comme une nécessité absolue.

 
GR
 

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