Biens mal acquis : le parquet financier français veut juger plusieurs héritiers Bongo
Nouvelle étape judiciaire dans le dossier des « biens mal acquis » (BMA). Le Parquet national financier (PNF) français a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de 23 personnes physiques et morales, dont BNP Paribas, plusieurs enfants de l’ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba ainsi que quatre sociétés immobilières. Cette procédure s’inscrit dans une enquête ouverte depuis près de quinze ans sur l’acquisition présumée frauduleuse de biens immobiliers en France.

Les flux financiers illicites d’Omar Bongo investis dans l’immobilier en France, sont évalués à 55,7 milliards de francs CFA. © D.R.
Le feuilleton judiciaire des « biens mal acquis » connaît un nouveau développement. Selon des informations de l’AFP, le Parquet national financier (PNF) a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de 23 personnes physiques et morales dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en 2010 à la suite d’une plainte déposée par Transparency International.
Parmi les personnes visées figurent plusieurs enfants du défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba, la banque BNP Paribas, quatre sociétés immobilières ainsi que d’autres proches de dirigeants africains, notamment Antoinette Sassou Nguesso, épouse de l’actuel président congolais Denis Sassou Nguesso. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, l’ancienne Miss France et comédienne Sonia Rolland est également concernée par les réquisitions du parquet.
Plus de quinze ans d’enquête
Cette procédure constitue une nouvelle étape dans une affaire emblématique des relations entre la France et plusieurs anciennes colonies africaines. L’enquête judiciaire, ouverte fin 2010, porte sur des acquisitions immobilières qui auraient été réalisées en France grâce à des fonds issus de détournements de fonds publics et de faits de corruption.
Selon la source judiciaire citée par l’AFP, 52 biens immobiliers auraient déjà été saisis dans le cadre de cette procédure. Les investigations s’intéressent notamment aux conditions dans lesquelles ces patrimoines ont été constitués par des membres de la famille Bongo et leurs proches.
Les magistrats instructeurs estiment qu’une partie des fonds aurait transité par la société gabonaise de décoration Atelier 74 avant d’être utilisée pour financer des acquisitions immobilières sur le territoire français.
BNP Paribas poursuivie pour blanchiment aggravé
Le PNF demande également le renvoi de BNP Paribas, mise en examen depuis mai 2021, pour blanchiment aggravé, notamment de délits de corruption et de détournement de fonds publics.
Selon les éléments du réquisitoire consultés par l’AFP, il est reproché à l’établissement bancaire d’avoir permis, entre 1996 et 2008, à la famille Bongo et à ses proches, par l’intermédiaire d’Atelier 74, « de convertir des fonds d’origine délictuelle dans des opérations immobilières, à hauteur d’au moins 35 millions d’euros ».
Lors de son interrogatoire, BNP Paribas a reconnu l’existence de « carences et défaillances » dans ses dispositifs de contrôle, tout en contestant avoir agi avec un « dessein frauduleux », selon les éléments rapportés par l’AFP.
Une décision désormais attendue des juges
Les réquisitions du Parquet national financier ne valent pas jugement. Il appartient désormais aux juges d’instruction de décider s’ils suivent ou non les demandes du ministère public en ordonnant le renvoi des personnes mises en cause devant le tribunal correctionnel.
Si cette décision est confirmée, le procès constituerait une nouvelle séquence majeure dans l’affaire des « biens mal acquis », devenue au fil des années l’un des dossiers judiciaires les plus emblématiques des enquêtes françaises sur les patrimoines détenus en France par des dirigeants et anciens dirigeants africains, parmi lesquels la famille de l’ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba.















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